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Les techniques de rencontres forcées

Chapitre V : La pensée latérale

  • Publié le 27 nov. 2017
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Les techniques de rencontres forcées

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Modifier nos perceptions et en créer de nouvelles



En résumé

La pensée latérale est une méthode de production d'idées, développée par Edward de Bono, afin d'explorer des possibilités et des approches multiples qui se substituent à une vision unique.

Elle consiste à formuler les perceptions que nous avons sur une problématique, à utiliser des " provocations " qui vont bousculer ces perceptions, et une mécanique de " sauts discontinus " pour imaginer des solutions originales et réalistes.


Pourquoi l'utiliser ?

Objectifs

  • Prendre conscience de ses blocages individuels et les dépasser.
  • Sortir des sentiers battus en utilisant des processus cognitifs conscients, partant de la réalité, à l'inverse (ou en complément) des techniques de détour par l'inconscient comme le brainstorming.

Contexte

La pensée latérale peut être utilisée dans un cadre individuel et collectif. Elle ne nécessite pas de " contexte créatif " lourd (on peut pratiquer la pensée latérale en " gardant sa cravate "), et le fait qu'elle démarre sur des bases rationnelles peut rassurer les personnes peu adeptes des outils de créativité qui font appel au subconscient.

Comment l'utiliser ?

Étapes

  • Exprimer les convictions que nous pouvons avoir en nous par rapport à une problématique : ce sont les " voies principales " qui sillonnent notre cerveau. Ces voies représentent les patterns personnels ou culturels préconstruits que notre cerveau utilise naturellement car ils ne lui demandent pas beaucoup d'efforts (ex. : " Je tiens pour acquis que les parkings sombres sont inquiétants pour les clients ").
  • Formuler et affirmer une " provocation ", qui a pour principal bénéfice de permettre au penseur d'affirmer quelque chose qui trouvera sa raison d'être a posteriori. La provocation peut être tellement absurde que de Bono suggère de la précéder par l'abréviation " PO " (Provocation Operation), afin de forcer notre cerveau à l'accepter (ex. : " PO, plus le parking est sombre, plus les clients sont heureux de venir et se sentent en confiance ").
  • Identifier les bénéfices de cette provocation par rapport à la problématique initiale (ex. : " Un parking qui évoque une nuit étoilée et nous donne l'impression de voyager entre les galaxies ").
  • Chercher des solutions concrètes pour exploiter ces bénéfices (ex. : " Installer un jeu de lumières qui évoque des constellations ").

Méthodologie et conseils

Si un animateur souhaite l'utiliser dans le cadre d'une séance de créativité, il est recommandé de préparer et de présenter plusieurs exemples, afin de familiariser les participants avec les aspects surprenants de la méthode (le " PO ", les sauts discontinus).

Dans la mesure où la pensée latérale oblige le cerveau à quitter ses " zones de confort " et ses schémas préconstruits, elle fatigue rapidement les participants. Par conséquent, il vaut mieux l'utiliser quand les participants sont encore en forme.

Avantages

  • La pensée latérale est particulièrement adaptée pour les personnes qui souhaitent évoluer dans la créativité pas-à-pas, et ne croient pas au brainstorming.

Précautions à prendre

  • La pensée latérale suppose une gymnastique mentale, que de Bono appelle le " mouvement ", qui va faciliter les sauts discontinus entre le réel, l'absurde, et le retour au réel.

Comment être plus efficace ?

Formuler la problématique initiale

L'efficacité de la pensée latérale repose tout d'abord sur le fait que la problématique initiale soit clairement formulée. Cela suppose d'utiliser certains outils de créativité préalable (analyse fonctionnelle, veille, questions paradoxales, etc.).

Oser des provocations provocatrices

La provocation s'opère par l'intermédiaire d'une technique appelée pierre de gué. Elle consiste à introduire des distorsions, à exagérer ou inverser certains éléments du paradigme initial.

Elle sera d'autant plus efficace qu'elle remettra en question les fondements du système ou de l'approche visée. De fait, la provocation apparaîtra souvent, dans un premier temps, comme fantaisiste, parfois irréaliste, voire transgressive. En tout cas, elle ne semble pas acceptable a priori.

C'est une sorte d'expérimentation qu'on fait dans la pensée, afin de nous faire dévier de la voie principale.

Rester en mouvement

Le challenge va consister à rendre cette " parenthèse de folie " réaliste et acceptable a posteriori.

C'est l'objectif du " mouvement ", cette mécanique de sauts discontinus qui visent à remonter au point de partance, à la voie principale, en ouvrant la route à une nouvelle idée.

Dans la mesure où notre cerveau a du mal à quitter ses zones de confort, il risque de revenir rapidement à la voie principale, rationnelle, sans avoir glané d'idées originales au passage. C'est pourquoi il faut souvent s'y prendre à plusieurs reprises pour trouver des idées nouvelles.

Valider la provocation a posteriori

Il est essentiel de s'assurer que les idées que nous avons trouvées dans notre phase de mouvement nous permettent de cautionner la provocation initiale.

C'est d'une part un moyen de rendre ces idées encore plus robustes, et c'est d'autre part une clé pour " déverrouiller " notre cerveau en lui montrant que les voies latérales sont tout aussi acceptables que les voies principales.

Bien choisir la provocation. Accepter de tâtonner pendant les sauts discontinus. Se forcer à revenir au réel et à trouver des solutions vraisemblables.

EXEMPLE sur La promotion d'un ouvrage sur la créativité

François Debois, Arnaud Groff, Emmanuel Chenevier

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