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Méthodologie

La formalisation des idées

Chapitre III : L'ACO (avocat commis d'office)

  • Publié le 27 nov. 2017
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La formalisation des idées

8 chapitres / 0 fiches

Soumettre les idées auxquelles nous croyons trop au crible d'un regard objectif



En résumé

L'avocat commis d'office (ou avocat de l'ange) permet d'évaluer les idées émises lors d'une séance de créativité en les passant au crible du regard d'un candide ou d'un critique.

Cet outil permet donc d'assurer un approfondissement ludique des idées.


Pourquoi l'utiliser ?

Objectifs

  • Proposer à certains participants de défendre une solution créative, tel un avocat à la barre, devant un jury composé d'experts du domaine (ou de managers).
  • Juger d'une idée et en faire ressortir les points forts et faibles. Le but est de tout faire pour réduire au maximum l'impact des points faibles, en essayant d'approfondir l'idée et de trouver les éléments qui la rendent encore plus robuste et réalisable.

Contexte

Généralement, en fin de séance de créativité, lors de la présentation des idées, les participants fournissent des éléments d'évaluation positifs et négatifs des idées embryonnaires produites.

Il est intéressant d'utiliser cet outil pour aider à la rédaction des fiches idées (cf. outil 65).

L'avocat de l'ange est également particulièrement adapté quand une personne est convaincue que son idée est formidable, et manque de recul par rapport aux points d'appui et risques réels.

Comment l'utiliser ?

Étapes

Choisir spécifiquement le (ou les) participant(s) le plus pessimiste vis-à-vis d'une idée pour justement lui demander d'être son avocat. Il disposera d'un délai (en moyenne 15 jours) pour, finalement, réussir à nous la " vendre ".

Cet outil se déroule en 6 étapes :

  • Reformulation de l'idée proposée (avec accord des auteurs).
  • Critique positive et négative grâce à la formule " ce que j'aime dans votre idée ", " ce que je n'aime pas ".
  • Examen objectif et dépassionné du contenu détaillé de l'idée en posant et en se reposant un maximum de questions.
  • Choix de la personne la plus pessimiste vis-à-vis de l'idée.
  • Définition du défi : " être capable de devenir le meilleur avocat de cette idée et de réussir à nous la vendre (en allant trouver des solutions aux points négatifs) ".
  • Restitution de l'idée approfondie par son avocat commis d'office.

Méthodologie et conseils

Simple et rapide à mettre en oeuvre, l'ACO peut être utilisé de manière formelle (5 à 15 minutes par idée) ou très structurée (1 à 2 semaines).

Il peut être intéressant de jouer le principe de réciprocité : " Je serai l'avocat de l'ange sur ton idée, à laquelle je ne crois pas, et tu seras l'avocat de l'ange sur la mienne ".

Avantages

  • La personne pessimiste sur une idée voit parfaitement les défauts de celle-ci. Elle sera donc plus à même de trouver les solutions pour l'approfondir et nous la vendre.
  • Poursuivre d'une autre manière la créativité. La transformation d'idée à solution est accélérée et les experts plus impliqués par la sollicitation des avocats en recherche d'informations techniques.

Précautions à prendre

  • L'ACO nécessite de changer de point de vue sur l'idée et de relever le challenge d'en être le meilleur avocat. Des problèmes de charges de travail ou d'implication peuvent limiter l'impact de ce dernier.
  • Le coeur de l'idée initiale ne doit pas être dénaturé : il ne s'agit pas de formuler une autre idée plus facile à mettre en oeuvre.
  • Enfin, au-delà de 15 jours pour le " jugement " des idées, l'ACO perd de son efficacité et son effet " dynamique de créativité " pour l'entreprise s'en trouve réduit.

François Debois, Arnaud Groff, Emmanuel Chenevier