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La boîte à outils de la Motivation
Chapitre VI : Motiver ou remotiver en contexte de changement

Fiche 02 : Le modèle des saisons

  • Retrouvez 6 fiches outils dans ce chapitre
  • Publié le 1 déc. 2017
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8 chapitres / 53 fiches

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Être acteur de ses transitions de vie



En résumé

" Il n'y a de permanence que l'impermanence ". Du reste, on se transforme plus qu'on ne change : chacun se construit dans l'action par cycles successifs. Ainsi, comme la chrysalide a besoin de temps pour devenir papillon, chaque projet, professionnel ou personnel, se construit pas à pas : rêve, expérimentation, lancement, développement, puis stagnation et renoncement pour finalement engager bientôt un nouveau cycle, autant de phases que chacun traverse successivement, quelle que soit la nature de son projet.

La métaphore des quatre saisons proposée par Frederic Hudson (coaching des transitions de vie) illustre parfaitement les cycles de changement : développer la conscience de la saison que l'on traverse permet d'accueillir le changement comme un élément naturel et propice, et de se mobiliser efficacement.


Pourquoi l'utiliser ?

Objectifs

  • Clarifier la situation et repérer en quelle saison l'on se situe (professionnellement, personnellement, sur un projet, etc.) : à chaque saison une stratégie différente pour se mettre en mouvement vers la saison suivante.
  • Repérer le degré de changement envisagé : s'agit-il d'un simple ajustement ou d'une transformation majeure (ex : solliciter un changement de poste, ou négocier son départ pour une nouvelle entreprise) ?
  • Disposer ainsi des éléments nécessaires pour fonder ses décisions, rester proactif et acteur de ses projets.

Contexte

Le modèle des saisons de Hudson est particulièrement utile dans des situations de transitions professionnelles (sortie de projet, prise de poste) ou personnelles (achat d'un bien, clôture d'une relation, etc.), qu'il s'agisse de s'engager ou de se retirer d'un projet. Il permet de prendre du recul sur une situation inconfortable voire bloquée, et d'envisager des scénarios pour la suite.

Comment l'utiliser ?

Étapes

  • Définir la situation à analyser, celle qui fait l'objet d'un inconfort, d'une interrogation et/ou d'un blocage.
  • Se positionner intuitivement sur le cycle des saisons. Questions d'exploration possibles : " Sur ce projet, dans cette situation, où est-ce que je me positionne intuitivement en termes de saisons ? Dans quelle saison est-ce que je me reconnais le mieux ? Où en suis-je dans la saison ? "
  • Affiner son positionnement : Questions possibles : " A quoi est-ce que je le sais ? Suis-je capable de trouver trois exemples qui en attestent... ? "
  • Repérer ce qui permettrait de changer de saison, de se remettre en mouvement vers l'étape suivante. Questions possibles : " Qu'est-ce qui me permettrait d'avancer, de me remettre en route ? Comment vais-je m'y prendre pour... ? "
  • Évaluer les ressources nécessaires pour y parvenir (temps, alliés, décisions à prendre...). Questions possibles : " Qu'est-ce qui pourrait m'aider à... ? Qui peut m'aider ? Combien me reste-t-il à parcourir pour y parvenir ? "
  • Méthodologie et conseils

    L'utilisation du modèle des saisons occasionne une confrontation à soi-même qui peut s'avérer difficile : considérer avec lucidité une situation bloquée comporte une part de frustration, à la fois démobilisatrice et propice à remettre en mouvement... ! Retrouver l'envie d'agir suppose parfois de revenir au modèle après un temps de décantation et d'acceptation de la situation, propice à préparer l'action.

    Avantages
    • La métaphore des saisons permet de repérer le levier le mieux approprié pour cheminer avec fluidité : s'agit-il de se focaliser sur ses résultats dans une exigence de performance, ou plutôt de se centrer sur ses valeurs fondamentales dans un souci de cohérence personnelle, ou encore de mettre à profit ses talents pour privilégier créativité et efficacité... ?
    Précautions à prendre
    • Le recours à un interlocuteur extérieur (coach, interlocuteur neutre, etc.), qui guidera la réflexion par un questionnement approprié, peut favoriser la prise de recul.

    Comment être plus efficace ?

    L'été : l'action

    • En été, le projet prend forme : du rêve au plan d'actions, il prend corps concrètement. Une fois lancé, il bat son plein : la préoccupation première est d'être performant, de produire, d'atteindre et de dépasser les objectifs.
    • C'est la saison à laquelle il convient de rester vigilant au risque de " sur-chauffe " et de burn-out.

    L'automne : l'impasse

    • Avec l'automne, le projet arrive à maturation : après avoir atteint son sommet, il stagne puis amorce son déclin. Pour dépasser une possible impression de marasme, il convient de se recentrer sur soi et sur le nécessaire, et en particulier de reconsidérer ses besoins.
    • Cette saison suppose une forme de lâcher-prise, de renoncement, pour accepter la fin de vie du projet. Deux options sont alors possibles pour poursuivre : repartir en été, ou s'engager dans l'hiver... (cf. plus bas).

    L'hiver : le cocon

    • Choisir de transiter par l'hiver donne l'occasion de se recentrer sur ses valeurs fondamentales, celles qui fondent les choix de vie les plus cohérents. Choisir de s'appuyer désormais sur " ce qui est important pour soi " suppose d'investiguer de manière approfondie " ce qui fait sens ", pour procéder ensuite à un choix éclairé et pleinement assumé.
    • À l'image de la chrysalide qui séjourne dans son cocon, cette étape incontournable peut nécessiter du temps (souvent plusieurs mois) et occasionner un travail sur soi nécessitant d'être accompagné.

    Le printemps : la préparation

    • Sur ce socle consolidé, le printemps donne l'occasion d'expérimenter de nouvelles hypothèses et autorise plusieurs scénarios complémentaires : pour capitaliser sur ses talents, " goûter à tous les plats " puis arbitrer ensuite, rester en veille même si l'on pense avoir " trouvé ", l'heure est aux expériences, à la curiosité et à la découverte. Ce n'est qu'ensuite que le projet pourra prendre forme de manière plus concrète, avec l'entrée dans l'été.

    Transition de type 1 ou 2

    • Pour sortir de la saison " automne ", un premier scénario vise à se remobiliser sur un projet voisin après avoir opéré les ajustements et restructurations nécessaires. On reste alors " dans l'action ", et le cycle suivant s'engage directement en mode " été " : on parle de " transition de type 1 ". Une réelle prise de recul sur l'expérience précédente suppose de transiter par l'hiver puis le printemps, ce qui permet d'aborder le cycle suivant sur de nouvelles bases : on parle de " transition de type 2 ". C'est ainsi à la sortie de l'automne que se joue la décision qui oriente la suite de l'aventure : ajustement ou transformation...
    • Pour illustrer cette idée, on peut utiliser la métaphore du cycliste en montée qui choisit d'appuyer plus fort sur les pédales (transition de type 1) ou bien d'utiliser son dérailleur pour changer de plateau (transition de type 2). La transition de type 2 ouvre ainsi de nouvelles perspectives : elle permet de " passer à la vitesse supérieure ", et de gagner en cohérence puis en performance. Elle suppose pour cela de modifier certains paramètres (changer de métier, déménager...), ce qui implique d'accepter incertitude et prise de risque.

    CAS : Le modèle des saisons appliqué au burn-out


    Le modèle des saisons peut s'appliquer à la situation d'un collaborateur très investi dans un projet ou un poste. Après le printemps (prise de fonction, montée en puissance) arrive l'été (engagement à la mesure des enjeux du projet ou de la charge que représente ce dernier). La surcharge, l'absence de retour, ou la récurrence de situations génératrices de frustration ou d'anxiété peuvent conduire à l'épuisement professionnel, communément désigné par le terme anglo-saxon burn-out.

    Se recentrer sur ses besoins (en particulier ceux qui n'ont pas été respectés) apparaît alors comme la seule issue constructive à cette situation sans issue. Mettre temporairement son activité " en jachère " (entrée dans l'automne) permet alors de prendre le recul suffisant pour prendre la bonne décision : se réinvestir sur le projet, fort des prises de consciences opérées (" je dois respecter les besoins, en terme de rythme de travail, de qualité des relations... " : transition de type 1), voire renoncer au projet ou au poste (transition de type 2).

    La seconde décision ouvre l'opportunité d'une réflexion plus fondamentale autour de ses valeurs essentielles (" ce qui est important pour moi ") : la traversée de l'hiver, qui peut parfois s'avérer long et rigoureux, permettra de poser les bases d'un nouveau projet, porteur de cohérence et de motivation (retour du printemps...).

    Laurence Thomas, Sophie Micheau-Thomazeau