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Méthodologie

La boîte à outils de la Prise de décision
Chapitre VIII : Adopter les attitudes clés de la prise de décision

Fiche 02 : La pensée systémique

  • Retrouvez 9 fiches outils dans ce chapitre
  • Publié le 11 déc. 2017
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La boîte à outils de la Prise de décision

8 chapitres / 59 fiches

Cercles d'influences et interactions des systèmes

Résumé

Le décideur a souvent tendance à fractionner l'existant afin de mieux le comprendre. C'est ce que l'on appelle l'approche cartésienne. Or cette conception ne favorise pas l'étude des conséquences directes et indirectes que peut engendrer la décision. Avoir une pensée systémique, c'est identifier des interactions et en tenir compte dans le choix à faire.

Pourquoi l'utiliser ?

Objectifs

C'est un raisonnement en termes de relations et d'influences entre les diverses parties impactées directement ou indirectement par la décision. Le raisonnement systémique permet de distinguer les décisions de grande et de faible amplitude dans la complexité. L'objectif n'est pas de réaliser une carte exacte du système mais d'identifier les degrés d'influence et de réactions, et de comprendre les phénomènes dans leur intégralité pour sélectionner le choix le plus pertinent à court et long terme.

Contexte

C'est une solution aux problèmes décisionnels dans des milieux complexes ou chaque action menée sur un sous-système peut avoir une conséquence plus ou moins importante sur le système entier.

Comment l'utiliser ?

Étapes

  • Analyser les sous-systèmes en dépendance directe et indirecte avec le sujet de la décision. Le décideur positionnera alors son cadre décisionnel en excluant les sous-systèmes trop éloignés.
  • Créer une représentation graphique du système, de ses limites et de ses composants. Ceci peut être réalisé grâce à une carte heuristique par exemple.
  • Inscrire sur cette représentation les relations directes et les circuits de feedbacks. Ces rétroactions représentent l'influence de la réaction que peut avoir le sous-système sur l'ensemble du système.
  • Définir les cercles d'influences à partir des rétroactions possibles.
  • Construire les actions de régulations possibles en fonction de rétroactions. Ces régulations seront de deux formes, soit :
  • une adaptation de l'objectif pour qu'il intègre les résistances du ou des sous-systèmes ;
  • une modification du sous-système d'influence pour supprimer sa résistance.
  • Méthodologie et conseils

    La pensée systémique s'articule à partir d'éléments de base :

    • l'effet amplificateur ou comment un petit changement peut créer un grand bouleversement. La décision de départ peut se combiner avec d'autres choix faits dans d'autres domaines et s'amplifier. Les cercles vicieux ou vertueux sont des représentations de cet effet amplificateur ;
    • l'effet régulateur ou les causes de résistance. Une rétroaction de régulation est un comportement indiquant que le sous-système est à la recherche d'une stabilité. Comprendre les résistances du système permet de réguler la décision. Seules possibilités : changer l'objectif ou minimiser les effets ;
    • l'effet retard ou quand les choses arrivent plus tard. Les délais entre les actions et leurs conséquences existent dans tous les systèmes. Provoquer les réactions des sous-systèmes est une façon de réduire ce délai.
    Avantages
    • La pensée systémique favorise l'intelligence collective. Dans la compréhension du système et de ses dépendances, chaque participant apporte sa connaissance du système.
    Précautions à prendre
    • Le décideur veillera à limiter la vision systémique au risque de se confronter à " l'effet papillon ". Toute action même minime peut avoir un effet sur le tout dans des contextes complexes.

    Jean-Marc Santi, Stéphane Mercier, Olivier Arnould