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Chapitre VI : Le manager et la dimension du pouvoir

Fiche 10 : La pensée circulaire

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  • Publié le 1 déc. 2017
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8 chapitres / 64 fiches

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Pour développer la pertinence

En résumé

Le management exige une pensée circulaire. Pour comprendre et agir dans un environnement marqué par la rapidité et l'incertitude, il faut dépasser la pensée binaire (oui/non) et l'analyse linéaire (à un problème, une solution). La pensée circulaire fait que le manager est un des acteurs du processus de décision et non le maître du processus. C'est une forme de management qui donne et qui reçoit. Il s'agit de développer une capacité à l'interaction où l'énergie vient de chacun et circule entre tous : elle veut le sens, la confiance, l'exemplarité.

Pourquoi l'utiliser ?

Objectif

Dépasser le cadre de la pensée binaire (oui/non) et de la pensée linaire (cause/effet), pensées simplificatrices ne laissant aucune place à la singularité et à la spécificité des contextes, pour adopter une pensée circulaire. Le manager dirigeant est un élément du système en interaction avec les autres.

Contexte

Dans les raisonnements de type linéaire, on conçoit un seul lien de causalité, c'est le refus du complexe qualifié de compliqué. Cette façon de penser entraîne deux grandes distorsions :

  • La généralisation des critiques : des propos sans nuances qui jugent les groupes (les salariés, les commerciaux) et empêchent le processus de reconnaissance dont chacun a besoin.
  • Le rétrécissement de la pensée : processus intellectuel qui permet de faire entrer dans une logique linéaire simplifiée des éléments multicritères.

Comment l'utiliser ?

Étapes

Il s'agit d'appliquer trois principes vertueux.

  • La vertu de l'exemplarité et d'une vision systémique. Penser l'exemplarité, c'est pour les managers/dirigeants, travailler sur les liens entre les mots et l'action au-delà des chartes de valeurs affichées et autres codes de déontologie. C'est avoir une vision systémique où sont décryptés l'ensemble des acteurs (les actionnaires, les clients, les fournisseurs, les salariés et la société civile).
  • La vertu de l'ouverture et du doute. C'est une attention portée à chacun en acceptant la contradiction et la possibilité d'accueillir une proposition de rupture innovante, même si le manager se sent fragilisé dans son pouvoir. C'est avoir la culture du doute, en luttant contre le narcissisme qui fait croire au manager qu'il a raison puisqu'il a le statut de chef : s'autoriser à dire que l'on ne sait pas.
  • Les vertus de la communication engagée. C'est donner aux acteurs la possibilité de prendre position sans crainte d'un jugement. C'est savoir écouter les réactions, susciter l'interaction par l'analyse des représentations des différents acteurs et construire la cohérence. C'est enfin partager une recherche de sens et de lien, accepter d'émettre des doutes et de ne pas s'autocensurer dans l'analyse des risques.

Méthodologie et conseils

Cette méthode demande qu'on oublie tous les stéréotypes, les préjugés, qu'on oublie tout ce qu'on a appris à l'école, petite ou grande, où étaient privilégiées les logiques binaires et linéaires.

Avantages

  • Créer un climat de confiance.
  • Faire de chacun un véritable acteur.

Précautions à prendre

  • Savoir écouter et comprendre même ce qui ne fait pas plaisir, même ce qui va contre votre propre opinion.

Patrice Stern, Jean-Marc Schoettl