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Nicolas Louvet (Coinhouse) : "Moins de 0,1% des entreprises sont exposées aux cryptomonnaies"

Publié par Clément Fages le | Mis à jour le

Pionnier des cryptomonnaies en France, Coinhouse a levé 15 millions d'euros afin d'améliorer ses services aux entreprises, qui pèsent 30% de son activité. Une stratégie volontaire qui doit le distinguer de la concurrence étrangère, et permettre à tout l'écosystème de se préparer aux mutations à venir selon Nicolas Louvet, son CEO.

Lancée en 2014 sous le nom de Maison du Bitcoin, Coinhouse compte avec Ledger parmi les pionniers de l'écosystème français des cryptomonnaies. Après une année 2021 exceptionnelle, qui a notamment vue l'émergence d'une forte clientèle institutionnelle, Coinhouse commence 2022 par une levée de fonds de 15 millions d'euros qui vont lui permettre d'accélerer le développement de nouveaux services pour ses clients, tant en BtoB qu'en BtoC, via notamment l'embauche d'ingénieurs, de designers, de commerciaux et enfin de responsables de la relation client. Un argument de poids pour faire face à la concurrence d'acteurs étrangers comme Binance ou Coinbase.

"C'est ce qui nous distingue. L'accompagnement des particuliers et des entreprises, au travers d'un contact humain et de réponses rapides est notre spécificité. C'est ce qui facilite l'accès à ce secteur, qui reste encore complexe à aborder", juge Nicolas Louvet, CEO de Coinhouse, qui remarque que les autres acteurs n'offrent pas un accompagnement aussi complet, tout en n'étant pas enregistré par l'AMF, là où Coinhouse et Coinhouse Custody Services ont été les premiers Prestataires de Services sur Actifs Numériques certifiés dès 2020.

L'entreprise, qui a notamment accompagné Carrefour dans son récent développement sur The Sandbox, aide notamment les entreprises, qui pèsent 30 % de son activité, à acquérir et conserver des crypto-actifs, tout en proposant plusieurs supports d'investissements. "Nous sommes les seuls à proposer l'EUR-L, un stablecoin indexé sur l'euro et soutenu par l'entreprise Lugh. Nous avons un livret crypto au rendement garanti entre 3,5 et 5 % par an, mais aussi des supports en gestion pilotée selon votre appétance au risque", explique le CEO, qui détaille le potentiel de croissance du secteur dans les années à venir : "Moins de 0,1 % des entreprises sont exposées aux cryptomonnaies. Par ailleurs, une récente étude de l'ADAN indique que 8 % des Français en détienne, mais que 30 % souhaitent en acquérir. Il y a un potentiel très important."

Un potentiel qui rend le sujet des cryptomonnaies aussi stratégique que politique selon lui : "On renvoie systématique le sujet au blanchiement et à la fraude, sans parler de l'intérêt réel porté par les citoyens, ni du potentiel de création d'emplois ou le risque de bouleversement pour les secteurs de la banque et de la finance. Des géants peuvent se développer dans notre écosystème, et nous ne devons pas reproduire les erreurs commises sur des sujets comme Internet, les réseaux sociaux ou l'IA."