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Saga : l'histoire de la marque Renault

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Saga : l'histoire de la marque Renault

L'histoire de Renault est indissociable de celle de la France. Fondée vers le début du XXème siècle, le constructeur est à l'origine des modèles emblématiques comme le 4 CV, la Renault 4, la R5, etc. Après 40 ans passés sous tutelle de l'État, Renault poursuit son expansion à l'internationale grâce à ses alliances avec d'autres constructeurs.

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L'entreprise Renault a été fondée en 1898 par les trois frères Marcel, Fernand et Louis Renault. Des débuts fracassants dans le monde de la course, une participation à l'effort de guerre, une concurrence féroce avec Citroën, une nationalisation après la mort d'un de ses fondateurs, l'histoire de Renault est fortement rattachée à celle de la France. Aujourd'hui, le constructeur centenaire est devenu le leader du marché des voitures citadines et utilitaires légers. Il a acquis cette place grâce à son alliance avec le Japonais Nissan, puis Mitsubishi. Il possède également les marques Dacia, Alpine et Samsung. En 2022, le groupe avait vendu près de 5 millions d'unités.

Des débuts propulsés par la course automobile

L'entreprise Renault Frères est officiellement créée en 1899, bien que ses activités aient déjà commencé en 1898. En effet, dès cette année, Louis Renault dépose un brevet pour sa voiturette à quatre roues équipée d'une boîte de vitesses.

Les frères Fernand et Marcel Renault s'occupent de l'administration tandis que Louis est chargé de la production. Dès 1902, la marque acquiert une solide notoriété grâce à de multiples innovations. Elle est par exemple à l'origine du système de suralimentation par compresseur ou ventilateur, l'ancêtre du turbocompresseur.

Les frères Renault comprennent très vite que la participation aux courses automobiles leur permettra d'accélérer leur croissance. Des voitures de course voient ainsi le jour, dont Louis et Marcel se trouvent eux-mêmes derrière les volants. En 1902, Marcel gagne sa première course Paris-Vienne avec son coéquipier. Cependant, il meurt l'année suivante suite à un accident lors de la compétition Paris-Madrid. La tragédie incite Louis à se retirer de la course.

Renault participe toujours aux courses, mais les fondateurs ont laissé la place aux coureurs professionnels.

Renault à travers les deux guerres

Alors que le constructeur connaît un véritable succès commercial, son expansion subit un coup d'arrêt à cause de la Première Guerre mondiale. Comme toutes les industries, Renault est mobilisée pour l'effort de guerre. Son usine doit désormais fabriquer des munitions et des chars légers.

La signature de l'armistice marque la fin de la guerre. Renault doit faire face à un nouveau concurrent en la personne d'André Citroën. Considéré comme un véritable innovateur, il rencontre rapidement le succès en s'inspirant des méthodes américaines. En effet, à l'époque, le travail à la chaîne de Ford contribue à la modernisation de l'industrie automobile.

La pression de la concurrence incite Louis Renault à moderniser également son processus de production. Il appliquera ce changement à l'usine de l'île Seguin qui se trouve à Boulogne-Billancourt. À cette époque, Renault produisait essentiellement des voitures de luxe et des petites voitures.

Cependant, la Seconde Guerre mondiale bouleverse le développement du constructeur. Dès l'occupation, l'usine est réquisitionnée par les Allemands jusqu'à la fin de la guerre. En 1944, Louis Renault est emprisonné pour fait de collaboration et meurt en prison.

Renault devient une entreprise de l'État et sera renommée « Régie nationale des usines Renault ». Pierre Lefaucheux se trouve désormais à la tête de l'entreprise. L'héritier de Louis, Jean Louis Renault ne reçoit aucune indemnisation. Son cas est unique parmi les nationalisations de l'époque.

Sous les directives de l'État, le constructeur commence à produire des voitures d'entrées de gamme à l'instar de la 4CV et de la Dauphine. Ces deux modèles ont largement contribué à la motorisation de la France.

Louis Renault et André Citroën : deux hommes que tout oppose

Louis Renault, malgré son génie, ne possède pour diplôme que le bas. De son côté, André Citroën est un ingénieur polytechnicien brillant aimant prendre des risques. Ce dernier est considéré comme en avance sur son temps. Néanmoins, son entreprise souffre d'une dépendance aux financements étrangers. Les entreprises américaines comme General Motors et Ford lui avaient même prêté de l'aide.

À l'inverse, Renault était plus pragmatique et prudent quant à la question financière. Il n'appréciait pas emprunter de l'argent.

Pendant des années, les deux constructeurs s'emboîtent le pas. Lorsque Renault établit deux usines à l'étranger, Citroën en aura quatre. Renault développe ses fonderies et forges pour alimenter sa chaîne de production, Citroën en fera de même. Renault commence la production des taxis, son concurrent le suit.

Cette lutte entre les deux marques stimulera l'industrie automobile française pendant des années. Alors que Citroën sort sa 10 CV, Louis Renault renouvelle aussitôt sa gamme pour s'aligner sur son concurrent.

Cependant, Citroën connaît des difficultés financières en 1935. L'État se saisit de l'affaire et propose à Louis Renault de racheter l'entreprise. Ce dernier refuse pourtant. Selon les sources de l'époque, il avait développé un grand respect pour son adversaire. D'ailleurs, à la mort de Citroën, Louis déclarera que ce dernier l'avait obligé à travailler et à lutter davantage.

Renault suite à sa nationalisation

Après la Guerre, l'État décide de répartir la construction des véhicules parmi les constructeurs français. Ainsi, Citroën produit les voitures entre 10 et 12 CV, Peugeot se charge des 6 à 8 CV, etc. Renault sera chargé de la fabrication des camions.

Cependant, Renault avait déjà un prototype de son fameux 4CV à l'usine de Billancourt. Pierre Lefaucheux, le nouveau président, négocie l'obtention de l'autorisation pour construire ce modèle. Il l'obtient à l'arraché.

La 4CV relance la croissance de Renault, devenue officiellement la Régie. La petite voiture répond à la demande de l'époque : économique, consommant peu de carburants, etc. La 4CV sort en 1947 et rencontre rapidement le succès. Dès 1949, trois-cents unités sont vendues par jour. Ce chiffre est même passé à 1000, un record pour l'époque. Le constructeur poursuit sa production jusqu'en 1961.

La fin de la guerre marque le retour des compétitions sportives, y compris la course. Pour Renault, il s'agit d'une tradition. Cinq 4 CV se trouvent ainsi à la ligne de départ lors de la course de Monte Ventoux. Les cinq ont gagné les premières places. Renouer avec le succès incite La Régie à produire 50 unités spéciales pour le rallye de Monte-Carlo. Encore une fois, 5 d'entre elles terminent premières de leur catégorie.

La crise pétrolière

Le début des années 70 est marqué par le premier choc pétrolier. En Europe, les mesures gouvernementales se succèdent pour y faire face. En France, le gouvernement interdit la publicité des produits pétroliers. Il met également la pression sur les constructeurs afin de développer des véhicules consommant moins de carburants.

Les consommateurs privilégient ainsi les petites voitures, moins consommatrices de carburant. La crise ne touche pas uniquement La Régie. Outre-Atlantique, General Motors ferme ses usines en mettant au chômage plus de 40 000 salariés.

En France, les décisions sont plus prudentes suite aux évènements de mai 1968. Ainsi, Renault se contente d'arrêter les embauches. Pourtant, c'est à cette époque qu'Alpine sort son A310, une voiture de grosse cylindrée. L'échec de ce modèle conduira à la faillite d'Alpine, qui sera rachetée entièrement par Renault.

À l'époque, les voitures comme la R5, une citadine, représentent 30% des ventes du constructeur. La part de ce modèle dans les ventes augmentera à 60%.

La crise pétrolière amène les constructeurs à se retrouver. À partir de 1973, Peugeot et Citroën fusionnent, PSA reprend Chrysler Europe, Ford effectue une prise de participation sur Mazda. Les objectifs de ces regroupements sont multiples : la baisse du prix de revient, la réduction des coûts, le lancement de nouveaux produits, etc.

Dans ce contexte, La Régie signe un contrat de coopération industrielle avec le suédois Volvo. Malgré ses 10% dans Volvo, La Régie renonce pourtant à ce partenariat en 1985. Par ailleurs, le constructeur signe un contrat similaire avec Volkswagen.

La Régie redevient Renault suite à la privatisation

Face à la concurrence accrue des industries japonaises et américaines, l'Europe encourage ses membres à privatiser ses entreprises. C'est ainsi que le processus de privatisation de Renault commence avec Louis Schweitzer à sa tête.

Surnommé « l'homme de la privatisation », ce dernier est à l'origine du retour de Renault en Formule 1 et de la mondialisation. En effet, le rachat de Samsung Motors, Nissan et Dacia se déroule sous sa direction.

L'innovation figure également dans sa politique. Ainsi, Renault mise sur la sécurité pour se distinguer de la concurrence. Laguna II devient la voiture la plus sécuritaire au monde.

La privatisation de Renault lui permet d'ouvrir son capital en 1994. En 1996, la Régie cesse définitivement d'exister. Néanmoins, l'État demeurait un actionnaire majoritaire.

En 2012, le constructeur lance son premier modèle électrique : Zoe. En 2016, le groupe Renault-Nissan décide de racheter le constructeur japonais Mitsubishi Motors. À partir de 2017, il lance également son modèle sportif, l'Alpine 110.

À partir de 2005, Carlos Ghosn, alors président de Nissan, se trouve également à la tête de Renault jusqu'en 2018. Son plan de développement s'articule autour du projet « Renault Contrat 2009 », dont l'objectif était de faire de Renault, le constructeur le plus rentable d'Europe.

 
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