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À quoi joue-t-on ?

Publié par Rodolphe Grisey le | Mis à jour le

La classe 28 (enregistrement de marques) protège les jeux et les jouets. En ces périodes dites de crise, est-elle représentative de notre vocation à jouer ou promouvoir les jeux et surtout quelles indications nous donne-t-elle sur les préoccupations ludiques de nos contemporains, français, européens ou internationalement ? Brève analyse du comportement des entreprises dans ce secteur.

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Un secteur apparemment bien portant.
Le secteur, en termes de dépôts de marques, se porte plutôt bien. Avec un peu plus de 67 500 notices, les dépôts de marques de jeux et jouets se classent en marques françaises à la 19ème place des classes d’enregistrement, mais aussi à la 8ème place des classes de produits. Le classement est encore “meilleur” en marques communautaires, puisque les 60 486 notices placent les jeux et jouets en 16ème position de l’ensemble des classes de dépôts, 6ème pour les classes de produits, alors que sur le registre international (registre complet), elle n’occupe que la 25ème place (30 000 notices sur un total de presque 595 000).

À quoi joue-t-on vraiment ?
Mais une analyse plus fine montre toutefois que la vocation principale de la classe est peu valorisée. En effet, parmi les dépôts les plus récents, seulement 2 % revendiquent exclusivement la classe 28, contre 7,5 % pour les marques les plus anciennes. D’où la question à quoi joue-t-on vraiment ?
En marques françaises, si le premier déposant (690 notices) est Hasbro, les suivants sont plus diversifiés. Deuxième position : Endemol (652 notices) qui ne fait pas vraiment de jouets mais produit beaucoup -de jeux- sur nos écrans. Troisième : la Française des Jeux (539 notices). Et oui, on le dit bien, l’argent encore l’argent. Enfin, au pied de ce podium, France Telecom dont 232 enregistrements revendiquent cette classe. La classe 28 semble en fait couvrir surtout des jeux d’argent et s’adapter aux nouvelles technologies. Parmi les déposants les plus récents, toujours en marques françaises, on relève en effet French TV (13 demandes d’enregistrement en cours, producteur de jeux télé et de systèmes interactifs télévisuels), suivi du football club de Rouen et du Stade Toulousain ! La démonstration prend tout son sens sur le registre des marques internationales (revendiquant ou non la France). Qui se protège dans les jeux et jouets à l’international ? Les constructeurs automobiles en premier lieu. Ils occupent les trois premières places du registre avec respectivement 299 notices pour BMW, 265 pour Volkswagen et 201 pour Daimler (sur un total de 30 000 enregistrements). Le quatrième n’est pas dans l’auto, mais pas loin : Shimano. Poussons jusqu’à la 5ème position, qui trouve-t-on ? Audi, et oui.
Le registre communautaire confirme la tendance. Premier de la classe, Novomatic (machines à sous et jeux de casinos) avec presque un millier d’enregistrements. Ce qui lui vaut d’ailleurs également la première place du classement sur les trois registres confondus. Deuxième en marques communautaires : WWE, organisateur américain de matches de catch, et gestionnaire des droits médias qui vont avec. Quand on sait également que cette société n’a que 4 marques françaises et aucune internationale, on se sent pousser des envies d’analyse sur l’usage de la marque communautaire, mais c’est une autre histoire. Troisième Disney. Enfin, nous retrouvons des jeux et des jouets en 4ème et 5ème positions avec respectivement Nintendo et Mattel.
Que dit le classement général (trois registres confondus) ? 1er Novomatic, 2ème Endemol, 3, 4 et 5ème positions pour BMW, Volkswagen et Daimler. Il faut atteindre la 6ème place pour trouver Ubisoft.
Si la classe des jeux et jouets sert apparemment beaucoup aux droits dérivés, à quoi est-elle associée ?

Une classe "dérivée" ?

Sans grande surprise, même si la justification juridique reste à démontrer, la classe 25 (vêtements) arrive en tête sur l’ensemble avec 46 à plus de 52% d’associations suivant les registres. Tendance d’ailleurs nettement plus marquée sur les marques les plus récentes. Suivent assez naturellement, vue la nature actuelle des jouets, la classe 09 (appareils et instruments scientifiques, incluant les logiciels de jeux)  et la classe 41 (éducation et divertissement), ainsi que, pour des raisons historiques sans doute, la classe 16 (produits de l'imprimerie), surtout en marques françaises, associée à 54% des dépôts contre seulement 37,5 en marques communautaires. Malgré la forte présence des constructeurs automobiles, notamment dans les marques internationales, la classe 12 n’est associée, dans ce registre, aux marques de la classe 28 que dans moins de 20% des cas.
Une autre explication à la présence de titulaires non spécialisés dans les premières places est aussi sans doute liée à la dispersion des déposants. En marques internationales, les dépôts réalisés uniquement en classe 28 représentent 24% des notices les plus récentes.

Dans ce même registre, on compte (toujours sur les plus récentes demandes ou enregistrements) moins de 14% de particuliers. En marques communautaires, ces derniers sont à peine plus. Un peu moins de 15%. En marques françaises, ils atteignent un record à 40% !

Sources INPI - Saegis - Demoniak

Rodolphe Grisey

Rodolphe Grisey

Directeur Associé de Demoniak, agence spécialisée en création de noms

Fondateur en 1988 de Demoniak, une des premières agences que l'on appelle maintenant agence de naming. Créer une marque n'est pas le fruit du hasard ou [...]...

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Eloïse Cohen,<br/>rédactrice en chef Eloïse Cohen,
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