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#SOCIÉTÉ Consommation, Éducation et Télémédecine : ce qui a changé et ce qui va rester !

Publié par Barbara Haddad le

Allons-nous reprendre nos vieilles habitudes dès le 11 mai 2020 ou au contraire, cette période de confinement aura-t-elle sonné une ère nouvelle, où la consommation sera enfin raisonnée, l'école digitalisée et où nous consulterons nos médecins aussi bien au cabinet que depuis notre canapé ?

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#SANTE Une solidarité envers les soignants et la télémédecine au service des patients

En septembre 2018, l'Assurance maladie lançait son système de téléconsultations et un an après, le bilan était de 60 000 téléconsultations réalisées en France. En janvier 2019, ce fut au tour de Doctolib de lancer son service de téléconsultations, avec pour bilan en fin d'année dernière, 150 000 consultations vidéo, réalisées par 3500 praticiens mais aucune en hôpital. L'usage de la téléconsultation restait donc balbutiant par rapport aux 350 millions de rendez-vous médicaux pris chaque année.

Ce qui changé pendant " le Grand Confinement" ?

Sur le front depuis le début du confinement, les soignants sont applaudis tous les soirs à 20h et leurs métiers ont été revalorisés. Un grand mouvement de solidarité s'est organisé pour les soutenir que ce soit de la part de la population, des marques ou des institutions.

De nombreuses entreprises dont LVMH, PSA ou encore Auchan ont fait don de milliers de masques aux hôpitaux ou, comme Esteban Paris Parfum et Léa Nature de gel hydroalcoolique. La filière du textile s'est aussi mobilisée pour confectionner des surblouses à destination des soignants tandis que le secteur alimentaire livre des repas dans les établissements médicaux. Seazon, par exemple, a déjà livré plus de 42 000 plats gratuitement à des hôpitaux en Ile-de-France pour palier à la fermeture des offres de restauration via l'initiative #SeasonCare : " Dès le début de la crise sanitaire, il y a eu une incroyable mobilisation de toute l'équipe pour venir en aide aux soignants avec les moyens que nous avions. Nous avons réussi à mettre en place très rapidement une organisation logistique avec nos partenaires Chronofresh et Delifresh qui nous permet de livrer gratuitement chaque semaine des milliers de plats aux hôpitaux pour venir en aide aux soignants sur leurs lieux de travail. Au total, déjà plus de 42 000 plats ont été offerts. Pour les aider aussi à mieux manger chez eux sans perdre de temps, nous avons créé une offre spéciale pour eux : -25% de réduction sur toutes leurs commandes. Nous avons reçu beaucoup de messages de remerciements, qui nous font chaud au coeur dans cette période difficile pour tous" , déclare Patrick Asdaghi , fondateur de Seazon.

Dans le secteur du tourisme, des hôtels accueillent désormais les soignants pour leur éviter de longs trajets domicile-travail ou l'inquiétude de contaminer leur famille et Airbnb, a lancé l'initiative "Appart Solidaire" en partenariat avec le Gouvernement. Il s'agit d'une plateforme en ligne qui met en relation le personnel soignant et les travailleurs sociaux avec des hôtes proposant gratuitement un logement autour d'un gratuitement autour d'un hôpital, d'un EHPAD ou d'un centre d'hébergement d'urgence. Airbnb ne prélève aucun frais de transaction pour ces séjours et dédommagera à hauteur de 50 euros les frais de ménage des hôtes volontaires ayant reçu des personnels soignants. Un mois après la mise en place de cette initiative, ce sont déjà près de 9 000 logements qui ont été mis à disposition gratuitement et près de 2 000 personnels soignants et travailleurs sociaux qui ont pu en bénéficier partout en France (35 000 nuitées ont été réservées par les personnels soignants à date). L'opération sera prolongée au mois de mai pour soutenir dans la durée les personnels engagés dans la lutte contre le Coronavirus : " En permettant aux membres de notre communauté de leur offrir un hébergement gratuit, nous espérons pouvoir contribuer à soutenir encore plus de personnels soignants et travailleurs sociaux qui sont aujourd'hui en première ligne pour nous protéger et sauver des vies", revendique Emmmanuel Marill, Directeur Général d'Airbnb France.

Dans le même temps, les Français ont déserté les cabinets médicaux, et une grande majorité des rendez-vous non indispensables ont été annulés, tant par les patients que par les praticiens. Aussi, pour continuer de se soigner des maux du quotidien la téléconsultation a massivement été adoptée tant du côté des patients que des médecins. Elle permet d'avoir rapidement un rendez-vous avec un médecin généraliste ou spécialiste puis, une fois la consultation à distance passée, de recevoir l'ordonnance par email Plusieurs plateformes sont disponibles à l'instar de Doctolib, Medaviz ou encore de Qare.fr qui a multiplié ses téléconsultations par six depuis le début du confinement.

Doctolib récence ainsi 2,5 millions de consultations vidéo depuis le début du confinement. "En à peine quelques semaines, la consultation vidéo est devenue un réflexe pour un grand nombre de professionnels de santé, en ville comme à l'hôpital. La crise sanitaire que nous traversons a encouragé le recours à ce mode de consultation pour les avantages qu'il présente en termes d'accessibilité, de simplicité et de sécurité dans la période de confinement. Dans les prochaines semaines et les prochains mois, la consultation vidéo fera partie intégrante du quotidien des cabinets et des hôpitaux et viendra compléter utilement les consultations physiques dans la prise en charge des patients", explique Stanislas Niox-Chateau, cofondateur et président de Doctolib. Ce sont ainsi 800 000 nouveaux patients qui ont effectué une première consultation vidéo depuis le début de l'épidémie. Les utilisateurs de la téléconsultation font partie de toutes les générations : 13,5% ont entre 0 et 17 ans, 25% entre 25 et 34 ans, 21% entre 35 et 44 ans et 28% plus de 55 ans, mais il y a une concentration régionale : 39% des rendez-vous ont été pris par des patients habitant en Ile-de-France et 11% en Auvergne-Rhônes-Alpes. Du côté des médecins, ils sont désormais plus de 30 000 professionnels de santé libéraux et 1200 praticiens hôpitaux à proposer la téléconsultation sur Doctolib, même si, 70% des praticiens utilisateurs de la consultation vidéo sont des médecins généralistes. "Les patients réagissent bien à cette nouvelle pratique, ce qui leur paraît important, c'est que leur médecin puisse continuer à les suivre", explique le Docteur Xavier Lemercier, médecin généraliste à Vouneuil-sur-Vienne (Vienne).

En parallèle, un intérêt accru s'est développé pour des applications mobiles qui apportent un soutien spécifique aux patients. C'est le cas notamment de l'application Feeleat,spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire (TCA). Créée par Morgane Soulier, une ancienne d'Orange, l'application propose un accompagnement au quotidien grâce à l'utilisation de l'intelligence artificielle mais aussi une continuité dans la relation patient et professionnel de santé : "Feeleat permet à chaque personne de tenir un journal de bord de ce qu'il ou elle mange chaque jour en y associant les symptômes corporels, les émotions ressenties et le contexte dans lequel le repas est pris. Ensuite, l'application peut, grâce à l'IA déduire des corrélations entre des difficultés et un moment de la journée particulier, un aliment spécifique etc. Le patient peut aussi partager ses informations avec les professionnels de santé qui le suivent (nutritionniste, psychiatre etc.)", explique Morgane Soulier avant de préciser : "Avec le confinement, les troubles alimentaires peuvent s'accentuer car les personnes s'ennuient, ou ont accès plus facilement à leurs placards tandis que dans le même temps les consultations physiques ne sont parfois plus possibles. C'est pourquoi nous avons lancé l'interface Feeleat Med afin que les professionnels de santé puissent garder le contact avec leurs patients et que l'ensemble de l'équipe thérapeutique est accès dans un seul et même endroit aux données alimentaires du patient sans que celui-ci n'ait répété plusieurs fois des situations parfois gênantes".

Autre exemple, celui de l'application MonSherpa développée Fanny Jacq, directrice Santé Mentale de Qare et spécialisée en psychiatrie. " Il s'agit d'un outil compagnon qui propose une centaine d'exercices spécifique pour aider tout un chacun à traverser des épisodes d'angoisse, de dépression etc. L'accès est totalement gratuit. Nous avons ainsi constaté une hausse de + 250% de téléchargements sur mars 2020".

Enfin, d'autres initiatives de soutien bénévoles ont vu le jour, à l'instar de "SOS Confinement", une plateforme d'écoute téléphonique gratuite (0 800 19 00 00) lancée par le SAMU Social International et l'Association Les Transmetteurs pour apporter une écoute et des conseils aux populations les plus vulnérables qui se sentent isolées et angoissées pendant cette période de confinement. Ce sont ainsi plus de 300 bénévoles, acteurs sociaux, et médecins qui ont été recrutés pour répondre au téléphone, 7 jours sur 7 et de 9h à 21h. La plateforme agit en complément des services d'urgence comme le 15. À ce jour une centaine de personnes sont opérationnelles après avoir suivi une formation. Ce projet de plateforme a été rendu possible par un double mécénat - financier et de compétence - de Salesforce et de Deloitte.

Ce qui pourrait rester après ?

" Le besoin d'un soutien psychologique va sûrement s'étendre sur des mois, voire une année entière après ce Grande Confinement, car certains ont vécu des épisodes très douloureux : deuil, sortie de réanimation mais aussi agoraphobie naissante, mauvaise gestion de la colère et frustration etc... Il est donc probable que les téléconsultations se poursuivent fortement sur ces spécialités", prévoit Fanny Jacq avant d'ajouter "Du côté des professionnels, ce confinement aura aussi permis d'accélérer l'adoption des outils numériques, notamment chez les psychiatres pour qui le numérique paraissait encore trop souvent comme un outil complexe. Ils ont ainsi pu voir l'opportunité qu'offrent les outils numériques en complément des consultations traditionnelles : ajouter un rapide téléconsultation entre deux rendez-vous physiques pour ajuster un traitement, ne pas rompre un suivi de thérapie en cas d'arrêt maladie du patient etc. On peut donc espérer une mixité de rendez-vous physiques et à distance à l'avenir ou au moins d'un petit message de prise de nouvelles rapidement entre deux rendez-vous".

Enfin, la téléconsultation après avoir soulevé une grande méfiance tant du côté de l'État que du grand public, semble désormais être rentré dans les moeurs, il parait donc difficile que l'usage disparaisse complètement. Doctolib a ainsi interrogé plusieurs patients les 21 et 22 avril 2020 : pour 80% des répondants, l'intention était de poursuivre la consultation vidéo après l'épidémie, car ils pensent que cela leur permettra de leur éviter de se déplacer (38,5%), d'obtenir un rendez-vous plus rapidement (20%) et de pouvoir consulter leur médecin d'où ils veulent (22%).

Passionnée de veille et d'innovation, je suis à l'affût des dernières initiatives menées par les marques et enseignes ainsi que les nouveaux leviers marketing [...]...

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