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Paris en ligne : qui gagnera la course aux noms de domaine ?

Publié par Pierre Berecz le

La Coupe du monde de football est pleine et, calendrier sportif oblige, les paris en ligne sont désormais autorisés. Chaque français âgé de plus de 18 ans est fortement invité à parier sur son cheval ou son footballeur préféré.

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C’est l’autorité de régulation, l’Arjel, qui a donné le coup d’envoi en annonçant la liste des onze premiers opérateurs licenciés. Sans surprise, les poids lourds du jeu et des paris sont au départ, entourés de quelques outsiders. Comme autant de casaques, chacun a eu l’obligation de déclarer son nom de domaine, qui est désormais inscrit au Journal Officiel de la République Française (JORF n°0131 du 9 juin 2010).

Sans surprise, c’est le Pari Mutuel Urbain qui est parti le premier en enregistrant le nom de domaine www.pmu.fr dès le… 7 avril 1997. En matière de web comme de tiercé, on gagne parfois à partir avant la course ! Cela dit, il faut souligner que le pari mutuel urbain, avant d’être une marque, est aussi un système de pari qui se différencie notamment du pari à cote fixe, norme européenne pour les paris sportifs… Le PMU bénéficiant d’une très forte notoriété, la confusion marque/système de pari ne devrait pas beaucoup le gêner pour le moment.

Le dernier nom de domaine à être entré dans les paddocks est www.chilipari.fr, qui vient tout juste d’être déposé par Xavier Niel. Le créateur de Free montre qu’il a tout compris en misant sur ce nom évocateur, issu du groupe Chiligaming, fondé par des français en 2006. Associé visuellement à un piment bien rouge, le mot chili évoque des paris en ligne bien épicés... Et peut-être des additions salées ?

En fait, les onze noms de domaine proposés aux joueurs n’illuminent pas le web par leur créativité. Les coureurs se séparent en deux pelotons. Ceux qui ont mis le mot « pari » ou sa variante anglaise « bet » dans le nom de domaine. C’est le cas de www.betclic.fr, www.eurosportbet.fr, www.france-pari.fr ou www.chilipari.fr déjà cité. La Française des jeux quand à elle a tenté une feinte avec www.parionsweb.fr, mais on voit bien que le verbe « parier » a intéressé ce premier groupe. On reste malheureusement dans un registre très factuel.

Le deuxième groupe a lui parié sur… le jeu proprement dit. C’est le cas de www.leturf.fr et de www.everestpoker.fr, qui ont abattu leurs cartes. Le risque est de ne pas pouvoir utiliser ce nom de domaine lorsque le site voudra se diversifier vers d’autres types de paris.

Enfin, un troisième groupe à parié sur… le gain (« win » en anglais). C’est le cas de www.bwin.fr et encore plus de www.winamax.fr, une promesse qui semble tenue sur ce dernier site par Patrick Bruel lui-même.

Ce dernier choix est le plus judicieux car il met en avant la promesse (gagner), plutôt que le moyen (parier) et pourra s’adapter à tous les jeux. Le choix comportait pourtant des risques. Lors du débat de la loi à l’Assemblée, un groupe de députés avait tenté d’exclure les « entreprises dont le nom de domaine laisse entendre, en Français ou dans une langue étrangère, que le gain est systématique ». Ces parlementaires estimaient que « les noms de domaine du type gagner-au-poker.com, webgagnant.com ou winamax.com cherchent à inculquer aux joueurs l’idée qu’ils sont sûrs de gagner – et de gagner beaucoup – en jouant sur leurs sites. Cette idée va à l’encontre de la dure réalité des statistiques. » L’amendement a finalement été rejeté.

Reste un enfin le « petit » dernier (pas si petit, puisqu’il associe Bwin et le Groupe Amaury) qui a tenté le jeu… de mot avec le dépôt de sajoo.fr (« ça joue ») et un double « oo » un peu vintage. On lui souhaite la même réussite que Google ou Yahoo qui avaient eux-mêmes misés sur la double voyelle et à qui ça n’avait pas mal réussi.

Le départ venant d’être donné, il est difficile de savoir qui passera la ligne d’arrivée. Ceux dont le nom de domaine contient le mot « pari » ou le mot « poker » arriveront clairement en tête des moteurs de recherche sur ces requêtes. Mais ces mots-clefs seront des handicaps lorsqu’il s’agira de créer une véritable identité de marque. Les paris sont très ouverts !

<p>Pierre Berecz est co-fondateur et Pr&eacute;sident directeur g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;INDOM, conseil en noms de domaine. [...]...

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Eloïse Cohen,<br/>rédactrice en chef Eloïse Cohen,
rédactrice en chef

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