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DossierMarketing agro-alimentaire : plats cuisinés et crise de foi

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2 - 60 % des Français ne croient pas en la RSE

La majorité des consommateurs déclare se soucier de l'origine des produits alimentaires qu'ils achètent. De plus, ils ne font pas confiances aux engagements des marques.

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Les marques ont tout de même eu peur. Elles ont d'abord perdu de l'argent - 47 % de chiffre d'affaires en moins pour les surgelés à base de boeuf, soit 2 millions d'euros, deux semaines après la révélation de l'affaire, le 8 février dernier - mais ce n'est que conjoncturel. Les marques dites "vertueuses", engagées dans une politique de transparence depuis de nombreuses années, notamment via la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), ne sont pas prêtes à voir leurs investissements réduits à néant. " D'autant plus que les efforts en matière de RSE ne sont pas immédiatement payants de manière immédiatement visible, poursuit Marc Drillech. 60 % des Français déclarent se méfier des engagements des marques. Le public pense qu'il s'agit simplement d'un juste retour des choses. Le temps de l'entreprise et celui du consommateur ne sont pas synchronisés. "

Rémy Oudghiri, (Ipsos)

Les autres marques, moins soucieuses de leur sourcing, devront s'acheter une conduite pour espérer continuer à être référencées. " Cette crise est peut-être une chance pour les marques alimentaires, espère Rémy Oudghiri (Ipsos). Les consommateurs vont sans doute exiger plus de vertu de la part des marques. D'après nos enquêtes d'opinion, 80 % d'entre eux disent se soucier de l'origine des produits alimentaires qu'ils achètent. "

Il s'agit de déclaratif, bien sûr... Depuis le début de l'affaire de la viande de cheval, voit-on en rayon des clients lire davantage les étiquettes ? S'arrêter et prendre le temps de décrypter la liste d'ingrédients qui composent un produit prêt à consommer ? Non. Il faut d'ailleurs une vraie formation de chimiste pour comprendre cette fameuse liste : acides gras hydrogénés, additifs codés, émulsifiants mystérieux, agents texturants cryptés, épaississants qui épaississent le mystère... Et poser une question à un chef de rayon relève de la science-fiction : soit on ne les voit pas, soit ils ne savent pas répondre. Même la vente assistée (grande surface, commerce de proximité ou marché traditionnel) nous renvoie trop souvent à notre solitude de consommateur candide. Les scandales dévoilant le business des faux produits du terroir sont légion sur les marchés provençaux, notamment. La consommation ne serait-elle alors qu'une matière froide, comme le droit et son célèbre "Nul n'est censé ignorer la loi ?" À première vue, et aux yeux du grand public, ce sont les marques qui sont coupables.

A consulter : sondage de la CLCV sur l'origine des produits alimentaires

Le mot d'actualité : orthorexique, quèsaco ?

Du grec "orthos" (droit), l'orthorexie désigne un trouble du comportement alimentaire, qui consiste en une obsession de l'alimentation saine. C'est une pathologie en augmentation dans les pays occidentaux. Aucun plaisir gustatif n'est envisagé, les aliments étant potentiellement tous nocifs. Les orthorexiques considèrent leur corps comme un sanctuaire. Les cabinets des médecins, des diététiciens, des nutritionnistes - et depuis peu des coachs de vie de tout poil - sont remplis d'individus perdus et malades (obèses, diabétiques, boulimiques, anorexiques et, tout récemment, orthorexiques) qui veulent simplement "apprendre à manger". C'est très cynique, alors qu'1 milliard d'individus meurt chaque année... de mal ou de sous-nutrition. Dans les pays riches, l'édition et la presse culinaire prospèrent, les cuisinistes se frottent les mains, les cours pour se métamorphoser en cordon-bleu se multiplient en milieu urbain et les médias inventent des émissions de cuisine-réalité presque chaque année. Pourtant, c'est ici et maintenant que le scandale survient. Des "MPR", résument les ados à tendance altermondialiste, soit des... "méga problèmes de riches". On a souvent les soucis que l'on veut bien se créer.

Amelle Nebia

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