[Entretien] Chantal Thomass : "Dans la mode, le marketing doit respecter la création"

Publié par le
[Entretien] Chantal Thomass : 'Dans la mode, le marketing doit respecter la création'
© Govin Sorel

Je m'abonne
  • Imprimer
  • Quelles marques vous font rêver ?

Nespresso, je trouve ça bluffant. J'adorerais faire une capsule pour eux... Kusmi Tea, Repetto, Moncler, Chanel bien sûr : Karl est brillant, il me fascine. Ce sont des marques dont le marketing est intelligent.

  • Et dans la lingerie, quelles marques retiennent votre attention ?

La Perla, pour son raffinement, Agent Provocateur, pour son côté anglais provoc... Ce sont des marques qui ont un vrai style.

"J'aime les marques dont le marketing est intelligent."

  • Chantal Thomass et son univers de boudoir feutré qui s'associe à Tati et ses magasins populaires, n'est-ce pas étrange ?

Je trouvais ça drôle et décalé. À 16 ans, j'achetais des pièces chez Tati que je mélangeais avec des vêtements de créateurs. Et puis, j'ai été séduite par l'équipe. Avec elle, tout était simple et possible. Ils m'ont donné une liste d'une quinzaine d'objets à dessiner, j'en ai fait quarante, ils les ont tous fait fabriquer... De même, je leur ai conçu un pop up store, qu'ils ont réalisé en le respectant à la lettre. J'aime ces collections capsules, ces coopérations intenses et fugaces. On se côtoie pendant deux ou trois mois, un peu comme sur un tournage de cinéma, et puis on se quitte avec le sentiment d'avoir vécu une aventure humaine formidable. C'est agréable et je pense même que cela régénère la création.

  • Vous êtes une femme engagée et vous n'hésitez pas à utiliser votre notoriété à des fins caritatives : poupées pour l'Unicef, assiettes pour Action contre la faim...

Quand on me sollicite dans un objectif caritatif, je ne sais pas dire non. Les enfants et les femmes, ce sont des thèmes qui me touchent.

La poupée Chantal Thomass vendue aux enchères au profit de l'Unicef.

La poupée Chantal Thomass vendue aux enchères au profit de l'Unicef.


  • La marque Chantal Thomass échappe-t-elle quelquefois à sa créatrice ? Lui survivra-t-elle ?

Oui, bien sûr qu'il lui arrive de m'échapper. Quant à sa longévité, je n'en sais rien. Chanel a survécu à la femme, Kenzo s'est cherché après la disparition de son créateur et vient de renaître avec un nouveau style. On verra ce qu'il adviendra de Chantal Thomass.

Parcours

1967 : Débute chez Dorothée Bis puis lance avec son mari, Bruce Thomass, sa première marque de prêt-à-porter, Ter et Bantine, soutenue par Brigitte Bardot.

1975 : Crée sa marque de prêt-à-porter. Très vite, Chantal introduira quelques modèles de dessous dans ses défilés, aussitôt repris dans la presse féminine. À une époque post-hippie qui prônait la libération du corps féminin, elle réhabilite le soutien-gorge, la guêpière, le porte-jarretelles et le corset.

1981 : Le publicitaire Benoît Devarrieux crée le profil découpé en ombre chinoise qui deviendra le logo de la marque.

1985 : Chantal Thomass est rachetée par le groupe japonais World, qui finira par congédier la créatrice.

1999 : La marque est reprise par Chantal Thomass elle-même, en conjonction avec le groupe Sara Lee (Dim).

2011 : 66 % de Chantal Thomass sont rachetés par le groupe Chantelle.

Cliquez ici pour revenir au début de l'entretien.

Je m'abonne

Stéfanie Moge-Masson

Eloïse Cohen,<br/>rédactrice en chef Eloïse Cohen,
rédactrice en chef

La Lettre de la Rédac

Chaque matin, l'essentiel de l'actu

La rédaction vous recommande

Sur le même sujet

Agences

Par Fiona Gentilleau

Chaque vendredi, découvrez notre récap' des compétitions et des appels d'offres remportés par les agences, les régies publicitaires et les prestataires [...]