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Les chemins de la résolution 3 : l´après-conflit

Chapitre III : Les solutions inattendues de pleine satisfaction pour tous

  • Publié le 29 nov. 2017
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Les chemins de la résolution 3 : l´après-conflit

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Lesquelles ? Peut-on y arriver ?


En résumé

Les conflits évoquent une incompatibilité d'Intérêts, de Préoccupations, de Besoins, de Motivations (IPBM). Des enquêtes montrent que la croyance majoritaire, dans la population, est que la seule solution viable pour sortir d'un conflit est un compromis avec un renoncement égal de chacun " à moitié ", considéré comme perte égale de type 50-50. C'est oublier qu'il existe mieux ou plus : une perspective d'imagination créatrice de solutions pouvant satisfaire pleinement ou presque toutes les parties d'un conflit. Ces solutions de satisfaction mutuelle éprouvée méritent d'être connues et d'entrer dans la culture des personnes et organisations.


Pourquoi l'utiliser ?

Objectif

Explorer rigoureusement les solutions de " multi-satisfaction ", permettant à l'ensemble des parties d'un conflit d'être satisfaites. Ceci, après avoir recherché, entre autres avec " Le détective des pourquoi ? " (outil 6) et les causes possibles pour chacun (outil 7 à outil 19), les motivations profondes ayant amené les acteurs au conflit. L'objectif de la multi-satisfaction est aussi d'ouvrir la voie tant à une satisfaction sur le fond qu'à une meilleure (re)création de relation future. L'expression " gagnant-gagnant " est plutôt quantitative. Nous lui préférons l'expression " satisfait-satisfait ". Les Canadiens évoquent, eux, l'expression " content-content ".

Contexte

Tout contexte peut se révéler ouvert à la multi-satisfaction, sauf ceux qui semblent régis au départ par une volonté d'imposition, sans recherche d'alternatives. Cependant, même dans ce cas, comme vu dans la variété des rapports de force, le " fort " d'aujourd'hui peut se révéler moins fort demain et avoir intérêt à rechercher une certaine satisfaction mutuelle.

Comment l'utiliser ?

Étapes

  • Dans le cadre de recherche de solutions, par exemple au cours d'un remue-méninges en créativité (outil 60), appeler toutes les réponses possibles aux IPBM de l'un et de l'autre.
  • Tenter de les juxtaposer pour explorer leur compatibilité. Alors qu'on les imaginait incompatibles, elles peuvent parfois se révéler compatibles, complémentaires, conciliables.
  • Tenter aussi d'imaginer, en élargissant votre horizon à 360°, des solutions qui puissent répondre en même temps aux IPBM de l'un et de l'autre. La pratique montre que l'on peut y arriver plus souvent qu'on ne le croit (voir la rubrique " Comment être plus efficace ? " de cet outil).

Méthodologie et conseils

  • À partir d'un conflit radical de départ, en prenant en considération les motivations profondes de chacun, on peut voir les chemins menant à une quasi-satisfaction de tous. Des exemples ont été fournis dans les précédents dossiers, entre autres dans les outils 6, 9, 11, 31, 34, 35, 42, 43, 58, 59, 60...
  • Lorsqu'on a identifié " toutes " (de préférence) ou de nombreuses pistes de solutions possibles, au lieu de se fixer par réflexe sur une solution de moitié de type 50-50 (qui demeure une option possible), rechercher d'abord des solutions de " multi-satisfaction " qui peuvent aller de 51 % à 100 % en réponse aux IPBM, tant pour l'un que pour l'autre.

Avantages

  • Trouver des solutions meilleures pour tous, dans le prolongement de l'outil précédent.

Précautions à prendre

  • Un élément essentiel pour y arriver est d'y croire : non pour s'illusionner mais pour avoir une vraie dynamique de recherche de solutions. Parfois, le pessimisme lié au passé du conflit est tel que, même en suivant ces méthodes, on le fait mécaniquement, sans y croire vraiment. Le mûrissement n'est pas arrivé à son terme ou l'esprit est encore marqué par les échecs passés : " N'y croyant pas, on n'y arrive pas ".
  • Cela suppose donc de prendre du recul, de se dégager d'autres préoccupations, et de croire en sa propre imagination créatrice et en celle de l'autre (s'il y a un désir sincère de trouver).

Comment être plus efficace ?

Des niveaux successifs de recherche

L'explorateur en solutions de multi-satisfaction peut passer de l'un à l'autre :

  • .Prendre appui sur les IPBM différents de A et de B : trouver des solutions différentes répondant aux besoins de A d'une part et de B d'autre part, restant conciliables.
  • Sortir " par le haut " : si ce qui précède n'est pas conciliable, rechercher une solution qui honore, renforce l'estime de soi et de l'autre. Ex. : on verse un excédent budgétaire inattendu qu'on n'arrive pas à se partager entre services, à une oeuvre de bienfaisance ; on l'utilise dans le cadre d'un mécénat, on finance une action de mise au travail...
  • Échanger des IPBM majeurs contre des IPBM secondaires : préciser sa hiérarchie de besoins pour renoncer à des besoins apparaissant secondaires et travailler, pour chaque partie, à trouver des solutions répondant aux besoins importants, si cela permet d'aboutir.
  • Arriver à des compensations satisfaisantes : parfois, on n'arrive pas à une complémentarité pour répondre aux besoins de l'un et de l'autre, tels qu'ils ont été exprimés. On recherche alors " autre chose " qui pourrait compenser, faire plaisir, satisfaire... C'est la compensation : du temps, des avantages en nature ou en argent, des déplacements géographiques, des choix prioritaires de période de vacances, un rapprochement familial, une promotion, un intéressement... en compensation satisfont parfois largement, si on n'a pu répondre à tout autre type de demande ayant donné lieu à un conflit.
  • Une compréhension de son auto-limitation

    Il peut être utile de comprendre pourquoi et comment nous limitons notre imaginaire en situation de conflit. Parallèlement à l'émotion (outil 13), qui peut bloquer la réflexion, le conflit, par la relative violence de son choc, semble fasciner : il fige l'esprit des acteurs dans un choix " binaire ", entre deux alternatives. " Ce sera eux ou nous ", comme au football. Une ressemblance se glisse entre conflit, compétition et sport. Mais celui-ci canalise les pulsions qui s'infiltrent dans le rapport de force, avec des règles protectrices. Dans un tournoi (où au final, l'idée même du match nul avec classement égal " ex aequo " et deux gagnants n'est plus admise), on ira vers les prolongations et le tir au but pour qu'il n'en reste qu'UN.

    Source : Dessin de l'Emergency Peace Campaign's No foreign war crusade, États-Unis, 1937

    EXEMPLE de Deux cas de " multisatisfaction "

    1. Un licenciement satisfaisant

    Un conflit oppose une moyenne entreprise fabriquant des éléments métalliques pour l'industrie à l'un de ses ingénieurs, cadre depuis 18 ans, en désaccord sur le montant de l'indemnité de licenciement à verser. L'entreprise, qui a embauché de plus jeunes ingénieurs au fait des techniques récentes, n'a plus besoin de cet ingénieur qu'elle apprécie, mais qui pèse sur les coûts.

    Chacun reste ferme sur ses positions, avec un écart de 35 000 € entre ce qui est demandé et ce qui est offert par l'entreprise. Ceci, au point d'arriver à un litige qui va être porté par leurs avocats au tribunal. Dans un des derniers entretiens, après mûrissement, ils imaginent comment sortir de l'alternative des 35 000 € en question.

    Une idée arrive enfin et est retenue, précisée par l'apport de tous.

    L'entreprise a besoin de pièces métalliques rigoureusement calibrées, que l'ingénieur connaît bien. Elle va financer en partie et prêter des fonds à l'ingénieur qui crée une petite entreprise fabriquant ces pièces. Elle s'approvisionnera auprès de son entreprise, qui lui consent à l'avance sur une durée minimale des prix qui à la fois l'avantagent et permettent à l'ingénieur devenu chef d'entreprise de faire tourner celle-ci, tout en ayant un revenu satisfaisant. L'accord inclut également les scénarios prévisionnels selon les variations possibles du prix du métal, sur les marchés, dans les années à venir.

    Analyse du cas

    • L'entreprise : elle est satisfaite à double titre : elle ne verse pas une " indemnité de licenciement " mais elle investit et prête ; elle s'assure des approvisionnements dans une entreprise géographiquement proche, à des prix avantageux pour l'avenir.
    • L'ingénieur : il est satisfait à double titre : il devient chef d'entreprise et n'a plus le souci de rechercher du travail ailleurs ; il recevra au final, sur quelques années, bien plus que l'indemnité qu'il demandait.

    2. Un cas entre deux collectifs : la grande presse quotidienne et les journaux gratuits

    Une solution aurait pu être mise en oeuvre mais elle était non imaginée à l'époque, dans le contexte régi par la tension entre parties.

    Analyse du cas

    Une possible solution de multi-satisfaction, non pensée, aurait été envisageable.

    Chaque jour, sur une à deux pages du gratuit, avec un espace identique (ou proportionnel au tirage des quotidiens), chaque quotidien pourrait gratuitement lister les thèmes de ses articles de fond (réflexion, reportage...), chaque lecteur passant ainsi en revue tous les grands quotidiens et voyant ce qui pourrait l'intéresser :

    • le journal gratuit : de nouveaux lecteurs pourraient s'ajouter sachant qu'ils peuvent en un coup d'oeil avoir en plus la revue des thèmes d'articles que la grande presse leur offre ;
    • le quotidien national et/ou régional : il pourrait vendre plus, en touchant un lectorat autre, intéressé par tel ou tel article ;
    • le lecteur : être au courant, grâce aux gratuits, de ce qu'ils peuvent entre autres trouver dans chaque journal.

    Jacques Salzer, Arnaud Stimec

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