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[Tribune]#NRF2017 Le retail américain réaffirme sa suprématie

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[Tribune]#NRF2017 Le retail américain réaffirme sa suprématie

Le Retail's Big Show 2017, qui avait lieu du 15 au 17 janvier à New York, a prouvé, une nouvelle fois, la puissance du retail américain face à ses concurrents asiatiques. C'est le constat de Frank Rosenthal, expert en marketing du commerce.

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Le Retail's Big Show, qui se tenait du 15 au 17 janvier à New York, fut une édition réussie et charnière. Et ce, car le timing du salon coïncidait avec la passation de pouvoir de Barack Obama à Donald Trump et que la nouvelle présidence soulève encore bien des questions pour le monde du retail. Le CEO de la NRF a d'ailleurs valorisé tous les efforts de lobbying de son organisation à Washington. Aux États-Unis, le commerce bénéficie du dynamisme de l'économie, mais se porte bien: son pourcentage de croissance dépasse même, en 2016, celui du PIB. Pas étonnant donc que le salon de la NRF ait fait le plein avec 35000 visiteurs. La salle North Hall, où avaient lieu les keynotes, n'a pas désempli pas et sur les 510 stands, il fallait de longues minutes pour se frayer un chemin et assister à telle ou telle démo.

Au-delà de l'élection de Trump, cette édition est charnière parce qu'on attendait, après la déferlante Alibaba sur le 11/11 et sa pluie de records, que la Chine surpasse ou du moins rattrape les États-Unis. Mais une journée si forte soit-elle est-elle représentative du commerce et de son poids? Le salon, très international et organisé par la Fédération américaine du Retail (NRF), renforce la suprématie américaine tant les chinois étaient absents des conversations et des travées du centre de convention Javits.

D'ailleurs, à l'occasion du salon, Deloitte a présenté son toujours très attendu classement des 250 premiers distributeurs mondiaux de 2016, arrêté à fin 2015. L'économiste en chef de Deloitte présentait ainsi la carte mondiale du retail réactualisée en mesurant le poids des différentes zones géographiques et des pays sur le pourcentage des revenus des 250 premières enseignes mondiales. Pas la vérité, mais néanmoins un vrai indicateur. L'Amérique du Nord occupe à elle seule 47,6% de ce revenu dont 45,6% pour les enseignes américaines présentes dans ce top 250. Les enseignes européennes tirent leur épingle du jeu avec 35,6% du revenu du top 250, l'Allemagne, qui classe les groupes Lidl et Aldi dans le top 10 mondial, représente 9,8% du total mondial et la France se classe en deuxième position en Europe avec 8,2%.

La zone Asie Pacifique représente 14,4%, mais ce sont les enseignes japonaises qui dominent avec 6,5% du top 250 quand la Chine et Hong Kong ne représentent que 3,7% de ce total ! Cela veut au moins dire que la Chine manque de grandes enseignes et que c'est ce qui fait encore la force de ce retail américain dont 4 enseignes figurent dans le top 5 mondial avec le maintien, en deuxième position de Costco et la forte progression de Walgreens qui passe de la 10e à la 5e place, de The Home Depot qui gagne 3 places de la neuvième à la sixième place et enfin d'Amazon qui, de la 12e place, rejoint enfin le Top 10. Si on va plus loin dans le classement, on trouve donc 6 enseignes américaines membres du top 10, 10 du top 20, 18 du top 40 et 38 du top 100. Et si on regarde les 13 nouvelles enseignes qui intègrent, pour la première fois, cette élite mondiale du retail, deux viennent de la Corée du Sud, deux d'Indonésie et une du Japon et une d'Arabie Saoudite. Parmi les 13 nouveaux entrants, les États-Unis classent 7 de leurs enseignes. Cela montre que la force d'un grand pays du retail, c'est avant tout ses enseignes.

Un enseignement instructif à l'heure des grands bouleversements technologiques, surtout avec les potentiels qu'ouvrent l'intelligence artificielle, les robots, la réalité virtuelle, très représentés sur le salon. Face à cette déferlante de technologies, je rentre de New York avec une conviction: la technologie n'a d'intérêt que si elle renforce le lien avec le client et lui est utile. C'est ce que rappelait dans une keynote Danny Meyer, le CEO de Union Square Hospitality, un groupe de restauration new-yorkais, qui, pour émerger parmi les 26500 restaurants new-yorkais, a choisi, au-delà d'une excellente nourriture, de faire de l'hospitalité son fer de lance...en supprimant les pourboires généralisés aux États-Unis. Mais l'hospitalité ne repose pas que sur l'humain, les serveurs et employés sont équipés d'une Apple Watch. La table 42 se libère, le serveur envoie un message au vestiaire dès que vous vous levez et vous n'attendez plus pour récupérer votre manteau quand vous arrivez au vestiaire.

La technologie au service des hommes, C'est bien l'un des grands enseignements de ce salon Retail's Big Show 2017.

Frank Rosenthal

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