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[Spécial Retail] Le reciblage n'est plus l'apanage du Web

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[Spécial Retail] Le reciblage n'est plus l'apanage du Web

Fuis-moi, je te suis. Grâce à la technologie mobile, les retailers ne perdent plus la trace de leurs visiteurs, y compris de ceux qui sont sortis sans avoir acheté.

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En 2013, l'épicerie australienne Celiac Supplies annonçait sur sa devanture une nouvelle taxe de 5 dollars. Imposée à chaque visiteur de l'enseigne spécialisée dans les produits sans gluten, la somme prétendait couvrir les frais causés par les visiteurs quittant le magasin sans rien acheter! Si la méthode est extrême, elle révèle cependant une réalité à laquelle sont confrontés les retailers de tous pays et de tous secteurs. Pour preuve, Olivier Magnan-Saurin, co-fondateur de la start-up Fidzup, avance des chiffres constatés par les enseignes de mode textile : seulement 10 à 15% de passage en caisse, ce qui signifie que 8 à 9 consommateurs sur 10 quittent le magasin sans avoir réalisé d'achat ni laissé aucune donnée.

En 2010, Shopkick lançait aux Etats-Unis une application mobile s'appuyant sur la technologie par ultrasons pour géolocaliser les consommateurs en magasin et récompenser leur venue par des promotions. Et posait les bases de ce qui deviendrait plus tard le retargeting en point de vente, soit le modèle de Criteo appliqué au commerce brick and mortar.

Un outil de connaissance client en magasin

Avant d'être une solution de reciblage publicitaire, le retargeting en point de vente a pour " principale mission d'apporter des outils de connaissance client ", explique Olivier Magnan-Saurin (Fidzup). En effet, à la différence des e-marchands, mise à part la mesure quantitative du trafic en magasin, " les retailers possèdent peu d'informations sur les consommateurs dès lors qu'ils ne passent pas en caisse ". Impossible, en effet, de tracer le passage d'un client encarté s'il n'a pas acheté. Pourtant, le besoin est criant. D'où l'idée de collecter des données quali/quanti sur les visiteurs des points de vente physiques, mais aussi de recibler, par d'autres canaux, les visiteurs qui n'ont pas acheté en boutique.

Des techniques marketing encore expérimentales, mais pourtant déjà efficaces. Les données récoltées en point de vente permettraient aux retailers de " ranger les audiences dans des segments de comportements d'achat ", plus représentatifs que les données personnelles d'après Benoît Venière, CEO de Marketing1by1. Une démarche très utile dans le monde de la mode textile donc, mais aussi pour des secteurs aux achats impliquants comme le high tech, la maison et le bricolage ou encore le luxe, qui constatent souvent plusieurs visites avant l'achat. Cette data sert ensuite de base à une campagne mobile-to-store. " Tout l'enjeu du retargeting en point de vente réside dans la capacité à réinjecter toute la connaissance client acquise dans des campagnes publicitaires à l'intérieur du point de vente ", précise le co-fondateur de Fidzup. Des campagnes qui prennent la forme de réductions, d'offres promotionnelles ou d'invitations à des soldes privées en fonction du profil établi du consommateur.