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Hackathon : innover en mode marathon

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Au coeur de l'hackathon organisé par la chaine de télévision Arte.
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Au coeur de l'hackathon organisé par la chaine de télévision Arte.

Sortir un nouveau produit en 48h chrono ? Telle est la promesse du hackathon. Le phénomène, en plein boom, séduit les marques.

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Placez dans un espace clos, développeurs, designers, marketers et data scientists. Saupoudrez d'une bonne dose de datas "maison". Laissez mijoter durant trois jours, à feu vif, afin de faire bouillonner les idées. Voici, servie sur un plateau, la recette du "hackathon". Formé par les mots "hack" et "marathon", le terme ne désigne rien de moins qu'un concours d'innovations organisé dans l'optique de faire émerger de nouveaux talents... ou d'inédits projets. Popularisé par le domaine technologique, le processus se démocratise à vitesse grand V au sein des entreprises de tout poil. En juin 2016, Louis Vuitton a, ainsi, pour la deuxième année consécutive, lancé un défi à quelques développeurs et designers issus de start-up, afin de créer un modèle de planification capable d'optimiser ses stocks et son service client. La compagnie Air France a, elle, fait le grand saut fin novembre 2016, avec une ligne directrice, celle d'améliorer l'expérience de voyage en cas d'irrégularités. L'idée : créer, en 48 heures, un outil à même d'informer les voyageurs, en un temps record, d'intempéries ou de contretemps.


Les hackathons se suivent, donc, mais ne se ressemblent pas. BeMyApp, organisateur de hackathons depuis sept ans - dont celui d'Air France -, observe, depuis 2016, un changement de cap dans la stratégie des marques. "Les premiers hackathons étaient imaginés par les entreprises dans un objectif de communication, dire que j'existe", explique John Karp, Marketing Manager de l'agence événementielle BeMyApp. Mais, fini l'effet de mode, poursuit-il : "Depuis quelques mois, ceux-ci sont davantage centrés sur l'interne, afin, notamment, de lancer des produits très rapidement." En clair, réaliser un go-to-market en trois à six mois, contre plusieurs dizaines sans hackathon.

Améliorer l'expérience client

Le groupe Carrefour a sauté le pas en septembre 2016, dans le cadre de son programme d'open innovation. Sous le nom de code "Back2Hack", l'événement, premier du genre pour la marque, visait à améliorer l'expérience client, mais, aussi, à anticiper les tendances de consommation. Pendant 72 heures, une centaine de participants indépendants - développeurs, makers, professionnels du marketing, ou, encore, analystes de la data -, accompagnés d'une trentaine de mentors Carrefour, ont donc planché sur les données du distributeur, enrichies de datas contextuelles (regroupées sur la plateforme d'innovation Carrefour.io mise à jour en temps réel), afin de présenter le meilleur algorithme.

Stéfan Galissié, Chief Data Officer de Carrefour France, convaincu de l'aspect "accélérateur d'innovation" du hackathon, témoigne des enjeux : "Nous souhaitions anticiper les ruptures de stock afin d'apporter un meilleur service à nos clients, mais, aussi, lutter contre le gaspillage, sur quatre fruits : les mandarines, les fraises, les cerises et les raisins. Nous avons donc mis à disposition des hackathoniens un jeu de datas sur l'historique des ventes associées à des données de prévision de météo locale, de cotation des fruits, ainsi que des informations issues des réseaux sociaux", explique-t-il. Le deuxième enjeu, plus général, consistait à faciliter les achats des clients au quotidien, en leur restituant les données qui les concernent sous forme de services. Les résultats ? "Impressionnants et encourageants", fait valoir le CDO de Carrefour. Six projets, tenus secrets pour cause de propriété intellectuelle des porteurs d'idées, ont été retenus par le distributeur et mis en incubation pendant deux mois, avec l'espoir de transformer l'essai en réalisation tangible.

Imaginer les services de demain

Au sein de l'entreprise publique Arte, aussi, le marathon des bonnes idées a été enclenché, avec l'aide de Microsoft France. Le postulat de base, "Comment feriez-vous évoluer l'expérience utilisateur sur la chaîne à l'aide d'un Bot ?", a reçu plus de 150 réponses, au début du mois de juin 2016. Puis, une dizaine de candidats a eu l'opportunité de passer à l'étape suivante pour étoffer sa proposition de valeur et réaliser un POC. "Nous avons ouvert notre API, raconte Valentin Duboc, responsable du marketing numérique de la chaine de télévision culturelle franco-allemande, pour permettre aux équipes de jouer avec les données sur les programmes." Trois critères ont été évalués : la pertinence de la réponse, la créativité et la faisabilité technique. "Nous étions focalisés sur l'accessibilité au contenu d'Arte, explique le professionnel, à savoir quand un téléspectateur peut voir ou revoir un programme tourné ou diffusé. Mais, aussi, sur le fait que le Bot devait être comme un colocataire, celui avec qui il est possible d'échanger sur les programmes." Résultat : le développement, par la start-up française Moshi Moshi, d'un Bot en propre dans l'application et sur le site d'Arte. Celui-ci devrait être opérationnel en mars 2017.

Si le hackathon séduit, est-il à la portée de toutes les marques ? Comptez minimum 30 000 euros, avec BeMyApp, en fonction de la taille de l'événement, de la thématique et de la logistique nécessaire. "Pour obtenir un retour sur investissement satisfaisant, il est nécessaire de bien définir en amont ses objectifs", conseille John Karp. "Le hackathon est coûteux car il mobilise des ressources internes avant le hackathon et durant les deux mois de programmes d'incubation personnalisés, concède Stéfan Galissié, mais la démarche est riche et rafraîchissante : elle permet de réunir en un même endroit, et dans un temps très court, un écosystème de start-up avec qui échanger." Autre avantage : "Le hackathon répond à la difficulté d'investir lorsque l'on est une entreprise publique, renchérit Valentin Duboc, puisqu'à partir de projets à 5 000 euros, une mise en concurrence est obligatoire".


Journaliste pour Emarketing.fr, Ecommercemag.fr et Relationclientmag.fr et Marketing, je parle souvent data, digital et médias sociaux. Et quand je [...]...

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