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Demain, quel type de point de vente ?

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Demain, quel type de point de vente ?

De lieu d'achat, le magasin se veut désormais un lieu de découvertes et d'expérience. Gérard Caron, co-fondateur des Enseignes d'Or, livre sa vision du commerce de demain.

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1. Y aura-t-il encore des points de vente ?

C'est bien la première question à se poser ! La réponse est indubitablement affirmative, même s'il faut envisager des espaces bien différents de ceux que nous connaissons aujourd'hui... Car le besoin de rencontre, la nécessité de liens entre les gens sont plus forts que jamais quand on est connecté, voire hyper connecté virtuellement. L'homme est fait de sens (au moins cinq dit-on) qu'il est vital d'activer pour parvenir à un sentiment de réalisation de soi. Ce que propose, par exemple, Whole Foods Market ne peut se faire sur internet... ou pas seulement.

2. L'e-commerce va tuer le commerce !

Fadaise ! Combien de e-commerçants ouvrent des boutiques physiques ?! Pourquoi Nespresso a éprouvé le besoin de créer des magasins ? Le net tue les librairies ? Il s'ouvre pourtant des librairies comme Le Merle Moqueur qui connaissent le succès en créant des événements autour des auteurs, des enfants, des thèmes saisonniers... Jean-Pierre Lefebvre (Akdv) croit en la complémentarité des deux canaux de distribution, à la dissolution des frontières.

Globalement, tout ce qui est sans grande valeur ajoutée, tout ce qui doit être accessible, gratuit, facile à choisir ira sur le net. Certes, le commerce traditionnel doit effectuer sa mue, pensons à la grande distribution, pour devenir lieux de " mixité sociale " ; il doit s'intégrer dans un ensemble d'activités de la vie quotidienne : maisons de retraites, crèches, bureaux, shopping pour les jeunes, lieux de loisirs... Quant au luxe de prestige, il utilise souvent le net comme plage d'exposition précédant une visite aux conseillers qui initient à la découverte du produit convoité.

Le magasin devient lieu de découvertes et d'expérience où l'on entre pour passer un moment et non pas d'y pénétrer avec l'idée pré-arrêtée d'un achat à effectuer. François Lemarchand a été un des précurseurs avec Nature et Découvertes. Tout comme la Fnac... À Los Angeles on peut laisser ses paquets dans les magasins, boire un café ; les gens rentrent et sortent sans obligation, le sourire est toujours là et le personnel n'a qu'une seule obsession : que le client se sentent bien, qu'il ait envie de revenir le plus souvent possible. La France a dix années de retard par rapport à cette mentalité d'accueil et doit fournir un effort considérable. Et ne parlons pas du Japon, là l'écart se creuse encore... À quand un personnel heureux de nous revoir ?

3. Partage, surprises, modularité permanente des mots-clés.

Mélange social mais aussi mélange des genres pour Jean-Claude Prinz : " C'est un changement radical qui s'annonce : plus de boutiques de chaussures, d'épiceries mais le variétés des genres, de valeurs, de saveurs comme Le Pain Quotidien, les hôtels-boutiques, les restaurants-marchés... Car le commerce de demain existe déjà ici et là... Mais, comme pour toute règle, l'exact contraire est à signaler : le succès des magasins mono-produit ; une boutique à Tokyo qui ne vend qu'un modèle de pull dans toutes les qualités et toutes les couleurs (rappelons-nous Benetton du début...), Christophe Adam et ses éclairs multi-saveurs qui envahissent le monde...

4. La fin des centres-villes ?

Certes, les populations désertent les petites villes déjà mortes, sans attractivité. Pour celles-ci, c'est la fin annoncée. Mais pour les autres ? La désertification n'est pas une fatalité. " Confiez-les aux jeunes et ça va repartir ! Il faut que ces centres donnent simplement envie de venir ", pour Olivier Saguez. Les centres-villes sont, dans leur essence, des lieux comme au Moyen-Âge, où l'on se rencontre, on essaie, on tâte, on évalue, on goûte, on discute, conditions essentiels à l'achat. C'est tout le contraire du repli sur soi, de l'individualisme, voire de l'isolement de l'acheteur devant son écran... dont il n'est plus question de se passer pourtant.

L'expert

Gérard Caron est consultant-design et co-fondateur des Enseignes d'Or.

Rens. : admirable.design.com

Gérard Caron, co-fondateur des Enseignes d'Or

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