Recherche

[Chronique] Un marketeur doit-il... changer de smartphone tous les 6 mois ?

Publié par le - mis à jour à
[Chronique] Un marketeur doit-il... changer de smartphone tous les 6 mois ?

Alors que le Mobile World Congress 2015, et son cortège de nouveautés, ferme ses portes aujourd'hui, Hervé Kabla, dans sa chronique mensuelle, s'interroge sur un bien cruel dilemme.

  • Imprimer

Depuis le début de la semaine, tous les regards sont rivés vers le Mobile World Congress à Barcelone, dans le but de déchiffrer les tendances et les annonces faites par les principaux fabricants de technologies de communication mobile.

Comme chaque année, de nouveaux modèles de smartphones vont inonder le marché, avec des annonces remarquées de Samsung qui sort le Galaxy S6 (le plus puissant du marché mais dont la batterie n'est plus amovible), de Blackberry qui espère revenir dans la course avec le Leap (avec une autonomie de 25 heures annoncée), Silent Circle qui annonce un smartphone " anti-NSA ", ou encore Lenovo qui annonce un smartphone sous Android conçu pour les photographes (mais il ne sera pas commercialisé en France) ou Kazam qui annonce une " phablette " - non, vous ne rêvez pas, ce terme existe vraiment.

Jamais sans mon smartphone

Et encore, la keynote d'Apple du 9 mars se profile-t-elle à l'horizon, avec peut-être une nouvelle déclinaison de l'iPhone 6 en parallèle du lancement de l'Apple Watch... Bref, dans un univers aussi complexe, quel smartphone le marketeur doit-il choisir ?

À première vue, on pourrait se dire que le MWC, c'est comme le salon de l'automobile : chaque constructeur annonce ses nouveautés, mais au final, on ne change de voiture qu'une fois tous les trois ou quatre ans, alors finalement, pourquoi s'en préoccuper ? Réponse recevable pour nombre d'entre nous, mais qui ne me satisfait pas totalement. Car un marketeur se doit d'exercer une veille permanente sur son environnement socio-économique, et que l'annonce de nouveaux smartphones fait partie de ces signaux qu'il convient de décoder.

L'humanité dans son ensemble vit en effet depuis une dizaine d'années une révolution aussi majeure que l'invention de l'écriture ou l'introduction de l'internet : celle des smartphones. Il s'en vend à peu près un milliard par an, et le nombre d'utilisateurs de ces petits ordinateurs de poche dépasse les trois milliards d'individus.

Le taux de pénétration des smartphones a connu une croissance formidable depuis le lancement de l'iPhone et d'Android, il dépasse 60% dans de nombreux pays et continue de progresser de manière significative en Chine. Certaines sociétés, comme Google, ne parle plus d'internet mobile, mais d'internet tout court tant les usages mobiles se confondent avec ceux d'un ordinateur classique. Et pour nombre d'entre vous, chers lecteurs, je suis prêt à parier que vous préféreriez être privé d'ordinateur que de smartphone...

Mais une marque d'intérêt pour une technologie ou un secteur ne se transforme pas forcément en impulsion d'achat : pourquoi donc un marketeur achèterait-il le dernier modèle proposé par telle ou telle marque ? Après tout, on peut très bien vivre avec le même smartphone pendant deux ou trois ans, sans réel risque de perdre en productivité (mais en prenant le risque de passer pour un has-been auprès de ses proches ou de certains de ses collègues, toutefois).

Changer de smartphone présente un certain nombre d'inconvénients, comme la récupération des données quand on passe d'un environnement à un autre - et même parfois d'un appareil à son successeur - ou la perte d'applications dont les licences - dans une démarche qui ressemble à de la vente forcée - sont vendues pour un OS donné et non pour un utilisateur donné. Détenteur d'un iPhone 4S, dois-je vraiment passer au 6 et risquer d'agrandir la poche de mes costumes, ou passer dans la galaxie Android et devoir me rééquiper en câbles de connexion ? Serions-nous tous contraints d'être des " fashion victims " des smartphones ? Sans parler du coût d'une telle démarche : à 400 ou 500 euros le prix moyen d'un modèle récent, on a vite fait d'épuiser le budget " équipements mobiles ".

Avant tout, l'expérience utilisateur

Mais s'il n'est pas contraint de changer de mobile tous les six mois, un marketeur doit disposer d'un accès à la plupart des modèles sur le marché. C'est d'abord une question de connaissance de l'environnement de ses clients ou des clients de ses propres clients. Dans quelles conditions accèdent-ils aux produits ou aux services qu'on propose ? Comment s'affiche mon site web sur tel ou tel appareil ? L'autonomie est-elle une question importante ? Quelles nouvelles fonctionnalités, introduites par la version 8.7.2 ou 10.0.3 de tel système d'exploitation permettent-elles de radicalement changer l'expérience utilisateur ? Quid du NFC, du paiement mobile ou de la qualité de l'appareil photo ?

Ce type d'appréciation passe bien plus que par des batteries de tests réalisés sur les différents modèles en usage, ou la mise à disposition des différents modèles aux équipes de développement. Mais si on se contente de l'avis des techniciens et des développeurs, on se limite, dans ce cas, à une perception technologique des différents modèles. Alors que ce qu'il faut privilégier, c'est l'expérience utilisateur. Et cela, seul votre avis de marketeur vous permettra d'en juger. De la prise en main à l'autonomie, de la connectivité au poids, du look brillant ou mat à la taille de l'écran, vous vous devez de comprendre quel est l'impact de telle ou telle décision, qui peut rapidement se transformer en tendance majeure, et modifier significativement la donne.

C'est la raison pour laquelle, annonce après annonce, congrès après congrès, keynote après keynote, nous sommes contraints, nous marketeurs, de reconsidérer notre choix ; de regarder notre bon vieux mais pas si vieux smartphone, et de lui dire, droit dans les yeux : désolé, mon ami, mais, mais je vais passer à ton successeur...

Retrouvez les autres chroniques d'Hervé Kabla :
Un marketeur doit-il apprendre à courir?
Un marketeur doit-il apprendre à programmer?
Un marketeur doit-il se mettre au Big Data?
Un marketeur doit-il apprendre à partager?

L'auteur : Hervé Kabla dirige Be Angels, agence digitale spécialiste des médias sociaux, et a co-fondé une association qui rassemble les professionnels des médias sociaux et du digital en entreprise. Il accompagne des entreprises B2B et B2C dans l'élaboration et la mise en oeuvre de leur stratégie marketing sur les médias sociaux. Il est également co-auteur de "La communication digitale expliquée à mon boss", paru aux Éditions Kawa.

Hervé Kabla, directeur général de Be Angels

[Chronique] Un marketeur doit-il avoir des devoirs ?

[Chronique] Un marketeur doit-il avoir des devoirs ?

[Chronique] Un marketeur doit-il avoir des devoirs ? [Chronique] Un marketeur doit-il avoir des devoirs ?

Chaque mois, Hervé Kabla livre sa vison du marketing et de ses évolutions. Pour sa dernière chronique de l'année, il partage une approche très [...]

[Chronique] Un marketer doit-il manger du surimi ?

[Chronique] Un marketer doit-il manger du surimi ?

[Chronique] Un marketer doit-il manger du surimi ?

Comme chaque mois, Hervé Kabla (agence Be Angels) décrypte un comportement marketing. Dans cette nouvelle chronique, il analyse l'opération [...]

L'heure est au management bienveillant

L'heure est au management bienveillant

L'heure est au management bienveillant

Crise, chômage, attentats… 26% des salariés en France souffrent de stress chronique, taux le plus élevé d’Europe*. Causes invoquées : manque [...]

Nesfluid donne rendez-vous sur Facebook

Nesfluid donne rendez-vous sur Facebook

Nesfluid donne rendez-vous sur Facebook

Tous les lundis, la gamme de boissons bien-être s'associe à la chroniqueuse Daphné Bürki pour dire non à la routine.

Playstation 2 ou le marketing de la pénurie

Playstation 2 ou le marketing de la pénurie

Playstation 2 ou le marketing de la pénurie

La PlayStation2 arrive sur le marché français le 24 novembre prochain. Il n'y en aura pas pour tout le monde. Chronique d'une pénurie annoncée [...]

Carré Noir sans Caron

Carré Noir sans Caron

Carré Noir sans Caron

Gérard Caron, père-fondateur de Carré Noir, a brutalement disparu de l'organigramme de la société, suite à une manœuvre de ses actionnaires [...]

The magic of Macy's ou des QR codes théâtralisés

The magic of Macy's ou des QR codes théâtralisés

The magic of Macy's ou des QR codes théâtralisés

Frank Rosenthal, expert en marketing du commerce et auteur d'un blog référent sur les nouveaux concepts, observe régulièrement le commerce américain... [...]

Quand Willy refuse de sortir de sa chambre

Quand Willy refuse de sortir de sa chambre

Quand Willy refuse de sortir de sa chambre

Les laboratoires Merck ont lancé le mois dernier une campagne mixant TV et Web pour relancer leur gamme de soins pour peaux jeunes Exfoliac. [...]