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La progression européenne des produits de grande consommation totalement biaisée

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La progression européenne des produits de grande consommation totalement biaisée

Selon la dernière édition du Nielsen Growth Reporter, les produits de grande consommation ont encore progressé en Europe, même si un ralentissement se ressent. Mais cette hausse est tirée par l'inflation des prix et non par l'augmentation des volumes vendus.

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L'institut Nielsen vient de publier la dernière édition de son rapport trimestriel Growth Reporter qui analyse notamment le marché des produits de grande consommation vendus en magasin physique (hyper, super, épicerie de quartier). Couvrant le second trimestre 2013, le document indique que ces produits enregistrent toujours une progression sur l'ensemble de l'Europe, mais celle-ci est plus modérée qu'au trimestre précédent : 1,2% entre avril et juin 2013, par rapport à la même période l'année précédente, contre 3,3% entre janvier et mars. Nielsen explique cela par deux phénomènes : d'abord le décalage des fêtes de Pâques, passant du second trimestre en 2012 au premier trimestre en 2013. La progression sur le début de cette année a donc été dopée par les fêtes pascales.

Une croissance en valeur tirée par l'inflation

Plus insidieuse, la seconde raison du ralentissement est l'érosion des volumes de vente constatée dans quasiment tous les pays européens, sauf en Norvège, en Suisse et en Turquie (où la grande distribution est encore en cours de structuration et connait donc un vraie dynamisme). Cette baisse des volumes atteint 1,5% sur le second trimestre 2013. " Depuis un an, nous assistons à un recul des volumes dans toute l'Europe. C'est historique ", commente Sébastien Monard, directeur marketing et communication chez Nielsen. D'ailleurs, sans l'inflation des prix (2,7% au deuxième trimestre), le marché des produits de grande consommation auraient très certainement dévissé et non observé un simple ralentissement. " Nous avons été surpris par ces résultats, car le secteur des produits de grande consommation est plus protégé que d'autres univers, notamment vis-à-vis du online ", confie Sébastien Monard. Car la baisse des volumes est essentiellement due à un transfert des achats depuis le retail physique vers les sites marchands en ligne.

Quant à la France, elle se situe dans le " ventre mou " des pays européens. Les produits de grande consommation progresse de 0,6% en valeur, malgré une baisse de 0,4% en volume masquée par 1 point d'inflation.


Pour la seconde partie de l'année, Nielsen s'attend toujours à observer une hausse en valeur de 2% environ des produits de grande consommation pour l'ensemble de l'Europe. L'inflation continuera à masquer l'érosion des volumes, les européens continuant de limiter leurs achats (période des prélèvements obligatoires oblige). Mais cette baisse devrait être moins forte qu'au deuxième trimestre 2013.