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Uwe Diegel : " La santé connectée n'est pas un gadget "

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Leader de l'e-santé outre-Atlantique, iHealth arrive en Europe. Son fondateur entend que ses produits intègrent notre quotidien.

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Uwe Diegel

" Avant je vendais la maladie, maintenant je vends du bien-être. " Fabricant de tensiomètres électroniques et autres appareils médicaux depuis les années quatre-vingt-dix, Uwe Diegel a eu une révélation à la sortie du premier smartphone d'Apple, en 2007. " J'ai eu le sentiment que je vendais des bouts de plastique depuis 20 ans et j'ai eu envie de fabriquer des objets aussi "cool". " Il obtient d'Apple le droit d'utiliser la marque iHealth, qu'il crée en 2008. " Depuis, dans chacun de mes produits, j'essaye de reproduire le "wow factor", ce plaisir que j'ai ressenti en ouvrant la boîte de mon premier iPhone. "

Aujourd'hui, iHealth est le numéro un de l'e-santé, nouvel eldorado techno de plus en plus en concurrentiel. La recette de son succès : une orientation résolument "santé", une gamme de produits de plus en plus large (tensiomètres, glucomètres, etc.), qu'il fabrique lui-même, et la stratégie dite de l'"océan bleu".

Selon les deux chercheurs de l'Insead qui l'ont exposée en 2005, une entreprise fait plus de profits quand elle crée une nouvelle demande dans un espace stratégique non contesté, un "océan bleu".

A contrario, plus l'entreprise est concurrencée, plus ses compétiteurs la font saigner et plus l'océan rougit. " Dans les "wearable technologies" (connexion internet intégrée aux vêtements, lunettes, chaussures...), la majorité des acteurs a une stratégie monoproduit, commente l'entrepreneur. Quand Apple aura lancé sa montre, cela deviendra un océan rouge, où il n'y aura plus de marge à réaliser. "

Pour dénicher de nouveaux océans bleus, iHealth mise sur la R & D, avec plus de 50 projets à l'étude. Quant au marketing, ce sont ses clients qui s'en chargent : " Rien ne vend mieux un produit de santé qu'un utilisateur, explique Uwe Diegel. Car on ne parle pas de gadgets, mais d'instruments médicaux qui permettent aux gens de mieux comprendre leur corps. "

Si la société vient d'ouvrir une filiale en Europe, basée à Paris, c'est qu'ici, tout reste à faire. " En France, vous avez paradoxalement le meilleur système de santé au monde, mais aussi le plus mauvais pour le développement de la santé connectée : quand vous êtes malade, la Sécurité sociale vous prend en charge et il n'y a donc aucune incitation à faire de la prévention. " Résultat, les objets connectés sont encore perçus chez nous comme des gadgets. iHealth compte bien changer les mentalités.

Laurent Clause