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Vers le degré zéro du héros ?

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La dernière exposition du musée des Arts et Traditions populaires* tombe à pic. Elle invite à réfléchir sur l'histoire de la société au travers de l'évolution de ses héros.

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Les héros animent notre mémoire. Ils personnifient des modèles de vie idéale, des exemples édifiants. Ils répondent à des codes d'honneur, de morale. Ils incarnent des qualités de caractère et de coeur et sont garants de valeurs. Ils nous éloignent du banal et du vulgaire. Ils nous emmènent vers des ailleurs. Ils sont faits de l'étoffe du rêve, du dépassement de soi et de l'aventure. C'est ce que nous rappelle le musée des Arts et Traditions Populaires, qui nous invite, avant son départ pour Marseille, à une exposition sur les héros populaires. Une première partie nous entraîne dans le monde de l'héroïsme chevaleresque. Charlemagne, Lancelot, Roland, le roi Arthur sont les champions de la foi conquérante. Preux, paladins, croisés, chevaliers de la Table ronde. Ils passent de la quête de Dieu à l'amour mystique et exaltent la fidélité. Ils mènent leur vie dans l'errance à la recherche de l'Absolu. Mais, dès la fin du Moyen Age, l'affaiblissement de la foi donne naissance à des héros en proie au doute qui flirtent avec la mort et provoquent Dieu, tels Don Juan et Faust. La seconde partie, en opposition avec la première, fait la part belle aux "petits", valets, soldats, paysans, brigands... à l'antihéroïsme composé d'astuces, de ruses, de culot et d'insolence. Ces personnages héroïco-comiques apportent une dimension humoristique à la vision traditionnelle du héros. La troisième partie met en scène, à partir de figures réelles ou imaginaires, des découvreurs, aventuriers, révolutionnaires, symboles de l'héroïsme humaniste moderne. L'exposition s'achève sur un tableau disparate de l'héroïsme mondialisé contemporain. Cette édifiante exposition nous questionne sur les héros d'aujourd'hui façonnés par le marketing. Dans ce monde masculin de l'héroïsme, les femmes brillaient par leur absence. Nos sociétés qui prônent pourtant l'égalité des sexes sont-elles sur le point d'y remédier ? Loana par ci, Loana par là, Loana nous en donne une idée. Et par une de ces facéties dont l'histoire a le secret, nous assistons ainsi au retour de l'inversion carnavalesque et de son monde à l'envers. Une étoile du kitsch commercial virevolte dans la lumière d'un impeccable miroir aux alouettes. Les chasseurs se divertissent. Les vrais héros se sentent juste un peu déprimés. * Musée des Arts et Traditions Populaires 6, avenue du Mahatma Gandhi75016 Paris Tél. : 01 44 17 60 00 Jusqu'au 10 juin 2002

On achève bien les héros


Marie-Claude Groshens, commissaire de l'exposition "Héros populaires", a mis en scène une version de l'histoire de la société au travers de l'évolution du héros. Elle en commente quelques traits pour mieux comprendre où nous sommes arrivés et dans quel état...

Quel est le summum du héros ?


C'est lorsqu'il devient un nom commun, comme un Hercule ou un don Quichotte. Mais je dirais que le héros est d'essence aristocratique et s'oppose à l'antihéros démocratique.

Qu'est-ce qu'un héros populaire ?


Vis-à-vis du héros en général, le héros populaire se distingue par l'ampleur de sa diffusion. Le qualificatif de populaire est ambigu puisqu'il désigne à la fois "ce qui appartient ou s'adresse au peuple, ce qui est créé par le peuple et ce qui s'adresse au plus grand nombre". Mais on peut distinguer plusieurs familles de héros. Le "héros positif" constitue le héros canonique. Le méchant est un "héros noir", le héros pathétique est promu au rang de "héros victime". Enfin, face au héros se dresse l'antihéros qui ridiculise l'idéal héroïque.

L'héroïsme est un monde d'hommes ?


Oui, puisque le héros se construit en Grèce antique et désigne d'abord les chefs militaires de la Guerre de Troie. Puis il prend une signification religieuse. Il se désacralise ensuite à la Renaissance pour prendre le sens romain d'homme supérieur. Puis par extensions successives, il devient homme digne de l'estime publique, homme au-dessus du commun puis personnage principal d'une oeuvre.

Que pensez-vous du symptôme Loana ?


C'est se mettre dans la contemplation douloureuse d'un héros vide. Cela me semble aussi participer d'un certain nihilisme. On peut aussi penser qu'après le meurtre du Père resurgit une pulsion archaïque qui vise à tuer le Héros.

Stirésius

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