Vente en ligne Au croisement de l'automobile et de l'Internet

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Les vendeurs de voitures sur le Web débarquent en France. Leur arrivée risque de perturber fortement le petit monde des concessions traditionnelles. Mais la riposte française s'organise.

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La distribution automobile va beaucoup changer dans les années à venir. Elle existait dans un système protectionniste, ce n'est plus le cas. Pour preuve, on peut citer la vente récente des voitures Daewoo par l'enseigne Casino, qui a provoqué beaucoup de protestations chez les distributeurs professionnels de l'auto. Mais la grande distribution n'est pas le seul ennemi que les constructeurs auto apprennent à craindre aujourd'hui. Une autre menace plane sur eux, celle des vendeurs en ligne, ces entreprises qui créent des sites de vente de voitures sur Internet et négocient de meilleurs tarifs auprès des concessionnaires. Ils proposent au visiteur du site de rentrer les références du véhicule recherché et lui promettent des remises sur le prix de vente. Ensuite, ils revendent ce contact qualifié à l'un des concessionnaires qui ont accepté de jouer le jeu des remises. Aux Etats-Unis et au Canada, ces vendeurs en ligne font désormais partie du décor. AutoWeb, le leader reconnu, annonce plus de deux millions de visiteurs par mois et 3 000 concessionnaires affiliés. Autobytel se vante d'enregistrer plus de 80 000 demandes d'achat chaque mois. Ils sont suivis par Carpoint, une émanation de Microsoft, et par toute une constellation de sites portails dédiés à l'auto. Tous ces grands commencent à développer les mêmes prestations sur le continent européen, en Grande-Bretagne ou en Scandinavie. Autobytel a d'ores et déjà annoncé son intention de s'implanter en France. Jusque-là, les concessionnaires hexagonaux n'avaient pas grand-chose à craindre du côté du Web. Les quelques sites existants - MarketCar, Carexplorer, Occasion Online ou e-Annonces - mettent l'accent sur les voitures d'occasion, que ce soient des petites annonces, des bases de données des véhicules de collaborateurs ou des parcs des concessionnaires et des garagistes indépendants. Leur valeur ajoutée consiste à réunir sur leurs sites respectifs des offres d'occasion, des informations pratiques sur les modalités de vente, des adresses des garages et des centres auto partenaires pour l'entretien et parfois des offres de financement en ligne. Pas de quoi fouetter un chat. Mais cette idylle a été bousculée à la veille des grandes vacances. C'est la banque Paribas qui a lancé une pierre dans la mare en ouvrant son site Web de vente de voitures neuves, baptisé AutoValley. En test aujourd'hui, le nouveau site affiche quelques ressemblances avec le concept américain, avec les mêmes rubriques "achat du neuf", "financement", "assurances", "entretien" et des conseils d'achat avec des formulaires multicritères. La démarche est aussi similaire : les concepteurs du site proposent au conducteur de choisir le véhicule, quelle que soit la marque, et de laisser ses coordonnées. Ensuite c'est le concessionnaire qui prend directement contact avec le client pour réaliser la vente. Philippe Brendel, le patron d'AutoValley, ne cache pas s'être inspiré d'une rencontre avec le dirigeant d'Autobytel. Mais le challenger français compte aller plus loin : " Les sites américains ont développé une forte démarche éditoriale pour assurer leurs succès. Nous allons miser plutôt sur des services originaux, aujourd'hui encore en développement. " Actuellement, AutoValley démarre avec sept personnes et un appui des structures de Paribas. Les nouveaux vendeurs de voitures ne devraient pas s'attendre à un avenir radieux. Les professionnels en place sont prêts à défendre leur bifteck par tous les moyens. Déjà, lors de la vente des voitures Daewoo par Casino, le Conseil national des professionnels de l'automobile est monté au créneau. Ce représentant plénipotentiaire des 60 000 entreprises de la distribution et des services de l'auto en France, a décidé alors d'engager un référé devant le tribunal de commerce en instillant le doute sur le caractère licite de l'origine des approvisionnements. Dans le cas des vendeurs sur le Web, l'approvisionnement est transparent - ce sont ces mêmes concessionnaires qui livreront les véhicules, en espérant des ventes supplémentaires. Ce qui promet une belle empoignade à l'intérieur même de la profession automobile.

ALEXIS NEKRASSOV

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