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Une approche globale pour répondre aux grands comptes

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Président du Point, Bernard Wouts explique pourquoi l'hebdomadaire a rejoint Interdéco donnant ainsi naissance au pôle Actualité. Il indique également les actions prioritaires du SPMI (Syndicat de la presse magazine d'information) dont il est le président.

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Fin 1997, la régie du Point quittait Occidentale Médias pour rejoindre le groupe Interdéco. A l'occasion de ce changement de régie publicitaire, quelle politique commerciale et marketing entendez-vous poursuivre ?


Il faut revenir aux sources. Le rapprochement avec l'Express avait pour objectif de vendre de l'espace conjointement pour gagner en puissance, en parts de marché, dans un univers qui n'était pas promis à une grande expansion. Suite au changement d'actionnariat, il était devenu difficile de maintenir le niveau d'imbrication des deux titres sur des questions aussi stratégiques que la publicité ou la gestion. De ce fait, le Point avait le choix d'intégrer sa régie ou de se diriger vers une nouvelle alliance. Plutôt que de rester enfermé dans l'univers atomisé des news magazines, la solution retenue consiste donc à participer à une offre globale de la presse magazine, apportant puissance et segmentation, en allant en amont de l'objectif, de la cible. Interdéco, seul groupe à avoir une taille critique, manquait d'un news dans sa palette. Le Point, avec son lectorat ciblé, vient compléter la puissance du lectorat de Paris Match. En outre, dans le cadre de cet accord, des opérations globales par rapport à un événement peuvent aussi être envisagées. En effet, pour les grands comptes, il faut répondre à la demande par une approche globale. C'est en adoptant une telle démarche, en se décloisonnant et en anticipant sur le marché que la presse magazine pourra mieux se défendre. Quant au Point, son objectif de croissance publicitaire est ambitieux.

Que peut apporter au Point son rachat par le groupe Pinault Printemps La Redoute ?


Des études sont menées, mais d'ores et déjà des synergies commerciales et techniques semblent possibles avec les différentes entités du groupe afin de diminuer les coûts de distribution et d'améliorer le recrutement en effectuant des opérations de communication communes. La Fnac ou La Redoute seront intéressantes en termes de fichiers. Il faut saisir les opportunités commerciales qui sont d'autant plus intéressantes que l'évolution technique est importante. Ainsi, il va être possible de s'orienter vers une personnalisation des journaux, en créant des éditions multiples par centre d'intérêt pour aller vers du sur mesure. Déjà, le supplément Affaires réalisé avec Business Week enregistre un véritable succès auprès des abonnés.

Que comptez-vous faire face au vieillissement de vos lecteurs ?


Le lectorat du Point n'est pas plus vieux que l'ensemble de la population française. Le problème des news, c'est leur centre d'intérêt, la politique, l'économie, qui n'intéresse vraiment les gens que lorsqu'ils sont dans la vie active. Ils lisent lorsqu'ils sont étudiants, d'où la présence du Point grandes écoles, et de nouveau, une fois installés dans la vie professionnelle. Le Point se transforme de manière permanente, des études sont en cours, notamment pour savoir quel volume donner aux informations liées à l'Europe, au multimédia et à Internet, et de quelle manière. Le lecteur n'attend pas un journal universel, mais un journal sélectif. La plus grosse partie de l'offre doit être consommée. Un lecteur qui lit moins de 10 % du journal peut être perdu.

Quelles sont les actions prioritaires du SPMI ?


Avant tout, il doit exister des règles du jeu claires, des règles de concurrence saines, et que les aides à la presse ne viennent pas biaiser l'économie de marché. Il faut pour cela être vigilant à leur application quand elles sont sélectives, presse d'opinion notamment, et sortir de la manie bien française du lobby à tout va au nom de la liberté. Pour 1998, plusieurs chantiers sont en cours, et notamment la finalisation du livre blanc sur l'exercice de la liberté de la presse aujourd'hui. Il est en effet nécessaire de faire des propositions en dehors des situations d'urgence. Le SPMI examine aussi l'opportunité d'ouvrir à la presse l'accès à la publicité télévisuelle. Pour les éditeurs, l'absence de publicité fait de l'écrit un secteur étranger aux jeunes. Déjà, des exceptions existent, la loi est quelque peu contournée comme par exemple pour les produits composites ou lors de parrainages. Une commission a été créée et décidera au printemps si oui ou non le SPMI en fera la demande. La plupart des éditeurs considèrent qu'il le faut, mais le problème est de savoir si cela peut élargir le marché. En effet, tous sont d'accord sur son efficacité au moment des lancements, mais son pouvoir de fidélisation des lecteurs est plus incertain.

Quel est votre avis sur l'arrivée des groupes industriels au sein de la presse, et notamment celle de Dassault chez Valmonde ?


La presse est atomisée, aucun journal isolé, sauf cas particulier de niche, n'a la taille critique face aux grands éditeurs. Les groupes industriels apportent des capitaux nécessaires pour développer les titres. Pour les groupes, leur intérêt peut être multiple : certains comme Dassault affichent clairement leur volonté de maîtriser leur journal, d'autres encore cherchent plutôt à constituer des pôles de communication de manière plus globale. Certains sont enfin soucieux de concourir au pluralisme.

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