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Slate se décline en version .fr

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Le site d'information et de débats, Slate, fait son apparition sur la Toile française, sous la direction de Jean-Marie Colombani. Ce nouveau pure player saura-t-il trouver son public et surtout être rentable?

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Alors que la presse écrite fait grise mine, le net est en ébullition. Il semble être le nouveau refuge des grandes plumes de la presse traditionnelle. Après Médiapart, Rue89 ou Bakchich, un nouveau pure player de l'information, Slate.fr, vient de voir le jour. Cette fois-ci sous la houlette de l'ex-patron du Monde, Jean-Marie Colombani, de deux de ses anciens collègues, Eric Le Boucher et Eric Leser, de l'ex-rédacteur en chef de 20 minutes, Johan Hufnagel et de Jacques Attali. A la différence de ses homologues, Slate.fr est une déclinaison d'un site préexistant, et pas des moindres. Inconnu du grand public français, Slate.com est le cinquième site de presse aux Etats-Unis en termes d'audience (6 millions de lecteurs), sa crédibilité y est telle qu'il est quasi-culte dans certains milieux, et jusque dans la blogosphère française.

Au menu de Slate pourtant, pas de scoops. Le site se veut davantage «un lieu de débats», proposant analyses, chroniques, billets d'humeur, liens, dessins, photographies et vidéos. Le tout dans un objectif de mise en perspective de l'actualité et des phénomènes de société. Un tiers est issu de traductions du site américain et de ses déclinaisons (Slate V pour les vidéos, The Big Money pour la finance et Roots pour la communauté noire). Le reste est à la charge de l'équipe française composée de quelques permanents, essentiellement les fondateurs, et de 30 à 40 contributeurs de tous horizons, tient à préciser l'équipe, en réponse à des accusations de pro-sarkozysme. «Notre pari est de mixer des articles de fond à des billets plus légers et de marier deux cultures, celle des journalistes de la presse traditionnelle (dont beaucoup issus du Monde, NDLR) et des digital natives comme le blogueur Versac. Ce qui n'est pas du tout dans la culture française», estime Eric Leser, ancien correspondant du Monde à New York et l'un des fondateurs de Slate.fr.

36 heures après sa mise en ligne Slate.fr comptait 50 000 visiteurs uniques et 200 000 pages vues.

36 heures après sa mise en ligne Slate.fr comptait 50 000 visiteurs uniques et 200 000 pages vues.

Des débuts prometteurs

36 heures après sa mise en ligne le 10 février dernier, les serveurs du site étaient déjà en surchauffe avec 50 000 visiteurs uniques et 200 000 pages vues. Une affluence «inattendue», selon les fondateurs qui tablent sur un flux de 700 000 visiteurs uniques par mois à la fin de l'année. Reste à monétiser cette audience. «C'est aussi ce qui nous a poussés à nous adosser à Slate Group, rentable depuis un moment et qui est détenu par le Washington Post. Ce dernier possède 15% de Slate.fr, le reste étant apporté par les fondateurs et un fonds d'investissement (35%). Cela nous donne le temps de nous installer sans être pressés», explique Eric Leser. Car en France, si les autres pure players ont eux aussi trouvé leurs lecteurs, ils sont encore à la recherche d'un modèle économique viable...

Entièrement gratuit, Slate.fr devra s'appuyer sur la publicité. «Pour nous différencier, nous allons nous inspirer du modèle de The Big Money qui propose des partenariats publicitaires privilégiés à certains annonceurs qui détiendront l'exclusivité de la pub sur leur secteur», dévoile le journaliste. A l'image de Rue 89 qui a annoncé un renforcement de ses activités B to B, Slate.fr vendra également du contenu à des partenaires comme Orange, très demandeur en la matière. Une nécessité sans doute dans une conjoncture plus que morose pour l'activité publicitaire. Pour ce qui est de sa propre réclame, Slate.fr envisage une petite campagne au printemps ou à l'été, une fois que le site aura analysé son audience. Pour l'heure, celui-ci a plus que bénéficié de la notoriété de ses fondateurs et de l'aura de Slate.com dans la blogosphère. Ses fondateurs espèrent bien toucher «les lecteurs avides d'une valeur ajoutée, qu'ils ne trouvent plus dans les médias traditionnels...» Slate Group, en tout cas, devrait suivre avec attention l'évolution de son unique déclinaison à l'étranger. Car il ne s'en cache pas, le «.fr» sert de test à la mise en place d'une marque mondiale.

Béatrice HERAUD

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