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Obésité infantile: la pub à nouveau mise en cause

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UFC-Que Choisir dresse un constat inquiétant sur la responsabilité des acteurs de l'industrie agroalimentaire dans leur communication autour de produits gras et sucrés. En jeu, l'équilibre alimentaire des enfants.

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@ Fotolia / Éric Isselée

Concernant l'obésité infantile, que font le gouvernement et l'industrie agroalimentaire? «Rien. C'est un bilan édifiant», dénonce Alain Bazot, président de l'association UFC-Que Choisir, dans le cadre d'une conférence de presse qui s'est tenue en fin d'année. Alors que cette question était évoquée dans le cadre d'un plan de prévention contre l'obésité annoncé par Nicolas Sarkozy en mai 2010, et qu'un projet de loi de santé publique pourrait être présenté au parlement début 2011, UFC en profite pour dresser un état des lieux sur l'engagement des marques visant à limiter ce fléau. «Nous avons cherché à vérifier si l'industrie agroalimentaire a tenu ses promesses sur la base de l' autorégulation. La pression marketing sur les enfants a augmenté à travers des spots TV qui continuent à promouvoir des produits déséquilibrés à des heures où ces derniers sont nombreux devant le poste», critique Alain Bazot. Dans sa démarche pédagogique, l'institut a mis en perspective des résultats fournis par Médiamétrie et ceux d'une enquête menée en octobre dernier auprès de 340 familles. L'association démontre que depuis sa dernière enquête en 2006, le harcèlement nutritionnel des enfants s'est aggravé.

Premier point, les investissements publicitaires en TV des industries alimentaires ont progressé de 20 % (vs 2006) , malgré une nette diminution en 2008, suite à l'annonce par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé à l'époque, d'un encadrement des publicités alimentaires à destination des enfants, suivie d'une charte signée en 2009Charte visant à promouvoir une alimentation et une activité physique favorables à la santé dans les programmes et les publicités diffusées à la télévision..

Par ailleurs, 80 % des spots concernent des produits trop gras ou sucrés. L'impact de ces publicités auprès des enfants - et des parents a un lien direct avec l'alimentation des plus jeunes. Une action pédagogique réalisée à la rentrée 2010, dans 17 départements auprès de 2000 élèves de 6 à 12 ans, révèle que 76 % des produits glissés dans les cartables sont trop gras ou trop sucrés (confiseries, viennoiseries, gâteaux... ) et que seuls 24 % des produits ont un intérêt nutritionnel. « I l est devenu prioritaire d'encadrer de façon stricte les publicités aux heures de grande écoute des enfants, pour empêcher le flux de promotion pour des produits déséquilibrés. Les industriels ne jouent pas le jeu!», explique Olivier Andrault, chargé de mission au service études de l'UFC.

Même constat à la maison, où les petits-déjeuners et goûters restent majoritairement déséquilibrés. La proportion de produits gras et sucrés consommés pour le petit-déjeuner progresse de 17 % par rapport à 2006 et représente désormais 55 % de l'ensemble des produits relevés, tandis que celle consommée pour le goûter augmente de 25 %, pour atteindre 64 %. «Il faut réorienter l'objet des publicités et faire évoluer l'offre alimentaire. Comment? En obligeant les industriels à proposer des produits plus sains. Bridés dans leur capacité à promouvoir certains produits à la télé, ils en vendront moins », martèle Alain Bazot.

UFC propose donc trois mesures:

- l'encadrement des publicités alimentaires aux heures de grande écoute des enfants ;

- la validation par le Programme national nutrition santé (PNNS) des programmes éducatifs sur la nutrition ;

- la gratuité de diffusion pour les communications sur la nutrition de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé.

Mais les engagements de l'ensemble des acteurs de l'industrie sur la base du volontariat restent timides. Pourtant, le combat est de taille. L'équilibre alimentaire est malmené, notamment celui des enfants. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 1965, le surpoids et l'obésité infantile cumulés concernaient 3 % des enfants entre 3 et 17 ans, 5 % en 1980, 16 % en 2000 et 17,8 % en 2006.

MARIE-JULIETTE LEVIN

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