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Nicole Notat (Vigeo) : “Le développement durable est un élément de différenciation”

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En juillet 2002 naissait Vigeo, agence de notation sociale et environnementale. 14 missions ont depuis été réalisées auprès d'entreprises. Sa fondatrice, Nicole Notat, nous éclaire sur les grands enjeux de cette démarche.

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Les entreprises françaises ont-elles pris le train du développement durable ?

Elles se sont mises en mouvement. La prise de conscience progresse d'autant plus que les entreprises sont soumises à plusieurs sources de pression : les opinions publiques, qui sont de plus en plus sensibles aux enjeux du développement durable ; la législation qui les oblige à publier un rapport annuel de responsabilité sociale et environnementale. Et enfin les investisseurs : les fonds éthiques se sont fortement développés et les entreprises cherchent à accéder à ce marché.

Des trois piliers du développement durable, environnement, social et économie, quel est celui qui trouve le plus d'échos auprès des dirigeants d'entreprise ?

Cela dépend essentiellement du secteur d'activité de l'entreprise et donc des risques qu'il induit. Il n'existe pas de règle, elle est définie en fonction des enjeux. Si l'on prend, par exemple, la grande distribution, le sujet le plus sensible est celui de la politique des achats. Les distributeurs sont très attachés aux questions touchant au travail des enfants.

Le consommateur/client peut-il influencer la politique de l'entreprise ?

Dire qu'il peut influencer les décisions serait abusif tout comme il serait abusif de dire qu'il n'a aucun pouvoir. Le succès des produits de commerce équitable prouve que, lorsqu'il a le choix, le consommateur peut porter ses préférences vers des entreprises qui se sont engagées dans une politique de développement durable. On dit que les consommateurs ont toujours de bonnes intentions, mais qu'ils ne passent jamais à l'acte. C'est exagéré. Par ailleurs, les entreprises qui ne respectent pas les règles risquent de se retrouver sous le feu de campagnes médiatiques néfastes à leur réputation vis-à-vis de leurs différents publics, notamment les investisseurs.

Les entreprises se plaignent de la difficulté à évaluer le gain d'une démarche de développement durable. Que pensez vous de cet argument ?

En creux, si les entreprises ne savent pas encore évaluer le gain qu'elles trouvent dans le développement durable, elles savent, en revanche, mesurer le coût de la négligence. Elles savent que ne pas y aller, c'est prendre un risque qui, en termes de coût, sera sans aucun doute supérieur à celui de l'engagement.

Le développement durable est-il aussi l'affaire des PME ?

Beaucoup pensent encore que le développement durable est une affaire qui agite les milieux parisiens. Or, les PME font partie d'un système global. Elles sous-traitent pour des grands groupes. Sur des questions très sensibles comme l'environnement ou le social, elles ne peuvent pas vivre en vase clos. De fait, nous observons que les PME sont de plus en plus nombreuses à s'engager dans des démarches de développement durable et qu'elles le font dans le domaine de l'environnement.

Le développement durable peut-il devenir un avantage concurrentiel ?

Oui, d'ailleurs de nombreuses entreprises s'en servent comme un élément de différenciation.

Les produits ou services issus d'une démarche de développement durable seraient plus chers et donc moins accessibles au plus grand nombre. Que faut-il penser de cette affirmation ?

Qu'elle reste à démontrer. Le développement durable sous-tend que l'entreprise réfléchisse à l'accessibilité de ses produits et services partout dans le monde. C'est-à-dire à la manière dont les produits sont conçus, commercialisés et aux conséquences de ces différentes actions sur les hommes et l'environnement. Le lancement de la voiture Stop & Start traduit une prise de conscience. Certes, son coût ne la rend pas accessible à tous, mais ce qu'elle induit en termes d'économie d'énergie et d'environnement est bénéfique au plus grand nombre.

Êtes-vous optimiste quant à l'engagement des entreprises ?

Il y a des moments de flux et de reflux, qui ne s'inscrivent pas dans le court terme. C'est au niveau mondial que l'engagement des entreprises est jugé. Si elles ne s'engagent que par rapport à des problèmes locaux ou européens, si elles exploitent les failles et les irrégularités des législations ou de l'absence de législation, elles seront rapidement épinglées.

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