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Le paradoxe de la santé

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Le Roper Reports Worldwide 2005 met en avant, une fois de plus, l'importance de la santé, reconnue comme le premier facteur du bien vivre. Mais dont les bonnes pratiques sont mal suivies.

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Dans la corbeille du mariage qui a uni les groupes GfK et NOP, la société Roper et ses outils figuraient en bonne place. Un an après le rachat de ajoute à son approche Innovation les Reports Worldwide, dont l'édition 2005 vient de livrer ses enseignements sur les grandes tendances mondiales. « Il ne faut pas confondre engouement et tendance, explique Anne Lerner, directeur associé de GfK Custom Research France. Une tendance est un changement profond, au long terme, des valeurs, des attitudes et des comportements. » Pour les dénicher, le Roper Reports Worldwide a interrogé depuis 1997 plus de 275 000 individus de 13 ans et plus dans 25 pays sur 5 continents, avec un questionnaire qui porte sur le moral, les valeurs, les loisirs et styles de vie, les tendances sociétales, les marques, l'alimentaire et la santé…

Santé et forme, deux facteurs du bien vivre

Constat de l'édition 2005 : la santé est reconnue comme le premier facteur du bien vivre. La forme aussi : les efforts à faire pour être en forme au mental comme au physique venant en deuxième position des valeurs citées au niveau individuel. Qui plus est, cette valeur est en augmentation, notamment aux Etats-Unis (deux places gagnées depuis 2004), en Inde, au Mexique, en Australie. Mais, en même temps que s'accroît le nombre de personnes valorisant les pratiques santé, progresse également le nombre de celles qui disent et prouvent qu'elles les suivent mal. « C'est là le grand paradoxe de la santé », ajoute Anne Lerner. L'apparence personnelle est de plus en plus importante. Près d'une personne sur quatre (24 %) dit que “rechercher l'apparence la plus attrayante” est “extrêmement” ou “très” important (+ 7 points depuis 1999). Et 30 % qu'il est “extrêmement” ou “très” important de se sentir jeune (+ 3 points depuis 2004), ce qui explique la banalisation de la chirurgie esthétique, le boom des cliniques brésiliennes, celui des opérations des paupières en Corée.

Les loisirs, valeur montante

Autre grande tendance en mouvement : la priorité donnée à l'individualité. Dans le monde, cette valeur obtient une moyenne de 28 %, en augmentation de cinq points depuis 1999. C'est au Canada, au Mexique, en Espagne, en Chine que la croissance est la plus forte, suivis par les Etats-Unis, une bonne partie de l'Amérique du Sud, la France, la Grande-Bretagne… L'importance accordée aux loisirs grandit un peu partout (27 % des personnes interrogées disent que c'est “extrêmement” ou “très” important (+ 3 points depuis 1999). C'est au Canada que la croissance est la plus forte, mais aussi, en Europe de l'Ouest, au Brésil, en Australie… Dans le même temps se renforce le désir de sécurité matérielle (47 %, + 8 points). Vivre sans soucis d'argent est le plus fortement attendu dans tous les pays d'Europe de l'Est, en Inde, en Asie, dans une bonne partie de l'Amérique latine, mais aussi du Nord. « Connaître les tendances et leur évolution permet de s'y appuyer pour travailler sur un développement produit ou communication », conclut Anne Lerner.

Au sein des individus interrogés dans le cadre des Roper Reports Worldwide, l'institut a sélectionné un groupe d'individus précurseurs et agitateurs, dénommés les “Influentials”. « Ce sont des consommateurs activistes, leaders de leurs groupes, reconnus par eux et que l'on suit. Ils sont comme une fenêtre sur l'avenir, en ce qu'ils sont lanceurs de tendances et précurseurs de deux à cinq ans sur le grand public. Chez eux, le bouche à oreille fonctionne à plein régime. Ils sont deux fois plus générateurs de bouche à oreille, alors même qu'ils sont très connectés et informés », explique Anne Lerner directeur associé de Gfk Custom Research France. Qu'est-ce qui attire les “Influentials” aujourd'hui ? Toutes les valeurs autour de la santé/régime, l'Internet seconde génération, les réseaux privés, le home cinéma, la photo numérique, les véhicules hybrides, le self-scan shopping.

Anika Michalowska