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Le bio face à de nouveaux défis

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Agroalimentaire. Avec la progression en France de la consommation engagée, le segment des produits biologiques fait aujourd'hui l'objet de toutes les attentions. C'est ce qui ressort d'une récente étude Precepta (groupe Xerfi) sur le marché et la distribution de produits biologiques.

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Un marché «structurellement porteur». Selon Precepta, et malgré la conjoncture, la demande en produits bio restera soutenue jusqu'en... 2012 ! Dans sa dernière étude qualitative qui analyse les différents opérateurs du marché, l'institut précise même que «l'élargissement de l'offre et l'expansion des réseaux de distribution participeront au mouvement». De plus, le rapport souligne l'extension des gammes sous MDD pour la grande distribution alimentaire. A cela s'ajoute l'arrivée des gammes bio développées par les grands noms des industries agroalimentaires conventionnelles. Enfin, les innovations tous azimuts de la part des spécialistes bio (Bjorg, Léa Nature... ) ainsi que l'ouverture de nouveaux points de vente par les enseignes spécialisées devraient suffire à doper les ventes. Mais voilà, quelques nuages viennent assombrir ce beau tableau. La croissance ininterrompue du marché bio ne fera, en effet, qu'exacerber un peu plus les problématiques d'approvisionnement, tant en amont (industrie, négoce) qu'en l'aval (commerce de détail). L'offre nationale prend de l'ampleur car de plus en plus d'exploitations agricoles se convertissent au bio. Toutefois, elle resterait insuffisante à l'horizon 2012 pour couvrir l'ensemble de la demande qui ne cesse de croître. Pour Precepta, ce problème, structurel, est l'une des grandes faiblesses de la filière française. Car ce déficit chronique induit naturellement un recours massif aux importations, notamment en fruits et légumes.

Gagner en notoriété

Outre l'approvisionnement, qui est la principale difficulté rencontrée par le commerce de produits biologiques en France, d'autres défis attendent la profession dans les prochaines années, selon Precepta. Pour l'institut d'études, les notions de taille critique des points de vente et de gestion de l'image seront, par exemple, déterminantes à moyen terme. «Il s'agit, pour l'ensemble des opérateurs, de renforcer les stratégies de marque pour gagner en notoriété et en légitimité», souligne-t-il. A eux de tirer parti de la défiance des consommateurs provoquée par les récentes crises sanitaires (vache folle, grippe aviaire... ) et d'exploiter le rejet du modèle de la grande distribution alimentaire. Le développement durable et le bio sont donc aujourd'hui particulièrement prisés par les industriels comme par les distributeurs. Cette orientation ne peut toutefois s'avérer viable que si la stratégie d'image des acteurs est accompagnée d'une profonde réflexion identitaire. A bon entendeur...

AVA ESCHWEGE