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Le «Cradle to Cradle», une nouvelle philosophie de vie

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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Cette maxime est la base du Cradle to Cradle, concept amenant les industriels sur la voie du recyclage infini.

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Après usage, un produit Cradle to Cradle sert de compost ou est recyclé pour fabriquer d'autres produits.

@ Integral/Vision

Après usage, un produit Cradle to Cradle sert de compost ou est recyclé pour fabriquer d'autres produits.

Le développement durable pourrait bientôt être supplanté par un concept poussant la réflexion environnementale encore plus loin: le «Cradle to Cradle», littéralement «du berceau au berceau». Un concept selon lequel l'entreprise peut avoir une empreinte positive, en permettant un recyclage des produits à l'infini, grâce à une réflexion entamée dès la conception du produit. L'idée a été lancée dans les années quatre-vingt-dix par un architecte américain, William McDonough, et un chimiste allemand, Michael Braungart. Et elle est révolutionnaire.

Avec le «C2C», il s'agit de réinventer les processus industriels. «Les produits sont pensés dès le départ, à travers les matériaux qui vont le constituer et la filière qu'on a imaginée», explique Eric Allodi, fondateur d'Integral Vision, cabinet faisant notamment la promotion du Cradle to Cradle en France. Soit ils servent après usage à nourrir la terre sous forme de compost, soit ils sont récupérés, recyclés et réutilisés pour la fabrication d'autres produits. Bref, la notion de déchet disparaît. Finalement, le C2C déculpabilise, puisqu'il permet «de réinventer notre manière de faire les choses, de façon à ce que ce soit non toxique et indéfiniment recyclable, et ainsi préserver les ressources pour les générations futures», souligne Eric Allodi.

Eric Allodi (Intégral Vision)

Le Cradle to Cradle révolutionne le système de production de l'intérieur.

Déchet = nourriture

La démarche se fait peu à peu grâce à différents degrés de certification, en fonction du niveau de toxicité des matériaux, du degré de recyclage des matières, de la consommation en eau et en énergie, et des aspects sociaux. Pourtant, en France, l'idée est encore embryonnaire. Seul Serrastone, fabricant de pierres à partir de poussières de roches, l'a mise en oeuvre. Dim est, de son côté, en pleine réflexion avec l'Ademe pour concevoir, d'ici à 2011, un collant entièrement recyclable, du fil au packaging. La cliente n'aurait qu'à renvoyer le collant une fois usé à Dim, qui se chargerait de recycler et de réutiliser la matière pour la fabrication d'un nouveau collant, créant ainsi une boucle inépuisable. Ecolo, le concept est aussi économique. «Cela coûte cinq à dix fois moins cher de fabriquer un collant à partir d'un déchet de collant», constate Eric Allodi. L'industriel a donc tout intérêt à prendre part à la filière de collecte du produit, ses déchets devenant un futur stock de matière première bon marché.

Si le concept arrive tout juste dans l'Hexagone, il a déjà conquis d'autres pays. Comme les Pays-Bas, où Venlo devrait devenir d'ici à 2012 une ville entièrement Cradle to Cradle, grâce à la participation des habitants, des collectivités locales, des banques et des industriels. En Chine, six zones rurales sont en train de l'appliquer. Et du côté des entreprises américaines et européennes, près de 200 produits ont obtenu la certification, à l'instar du Néerlandais Desso (fabricant de revêtements de sol textiles), des Américains Herman Miller (fabricant de meubles et de matériel de bureau) et Steelcase, concepteur en 2004 du premier siège de bureau certifié C2C. Un engagement qu'Hélène Babok, directrice communication de Steelcase, explique par la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis du cycle de vie de ses produits. D'ailleurs, celle-ci travaille à la mise en place d'un service de reprise du mobilier de ses clients, afin de le recycler et ainsi «boucler la boucle». Si l'entreprise propose 32 produits certifiés aux Etats-Unis, Hélène Babok estime qu'en France, une campagne marketing est nécessaire pour faire comprendre le bien-fondé de la démarche, notamment auprès des fournisseurs.

Pourtant, les avantages ne s'arrêtent pas là. Ecologique et économique, le concept est aussi créateur de liens. Ainsi, des communautés sont en train de se constituer entre industriels, afin de partager des banques de matériaux. «L'enjeu est de créer ces nouvelles filières, souligne Hélène Babok. Il faut arriver à trouver le futur client de notre futur déchet.» Aussi peut-on imaginer par exemple que les gestionnaires de déchets actuels deviennent à terme des gestionnaires de matériaux, et les distributeurs des centres de collecte. Bref, le Cradle to Cradle est une véritable révolution industrielle, conduisant à l'innovation et à une évolution radicale des consciences.

Aurélie CHARPENTIER

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