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La Chine : modèle d'Hyper-Occident

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Hyper-Occident ? Juste un néologisme qui décrit que la Chine a bien compris et assimilé les concepts occidentaux, et qu'elle a faim de prouver au reste du monde qu'elle est capable de faire, non pas la même chose, mais mieux…

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De retour d'un voyage à Shangai et Beijing, fin juin 2004, la Chine nous paraît, pour l'instant, à la différence du Japon, marier moins harmonieusement son passé et son avenir. La Chine s'ouvre au monde occidental à la vitesse grand V, mais redécouvre aussi ses racines. D'où une fracture entre l'Hyper-Occident des buildings et lieux de shoppings des villes de la Côte Est et les quartiers ruraux du Centre et de l'Ouest. Fin juillet dernier, deux événements ont marqué, de notre point de vue, une nouvelle étape symbolique et économique. Tout d'abord, la signature du partenariat entre TCL (67 % du capital) et Thomson (33 %) qui scelle la constitution de marques chinoises à statut de multinationales. Avec ce joint-venture basé à Shenzhen, TTE devient le nouveau n°1 mondial des téléviseurs (20 M d'unités vendues en 2004) et déploiera ses marques (TCL, Thomson, RCA...) partout. Par ailleurs, au moment où nous y étions, le quotidien China Daily annonçait fièrement que Geegly était la première marque chinoise automobile à exporter aux USA ses “affordable cars for the masses”, suivant le même chemin que les Coréens dix ans plus tôt. Ce pays est en train de créer les Sony, Cisco ou Renault de demain. Mais la Chine est d'abord un gigantesque marché intérieur. Avant que ses entreprises n'envahissent le monde, il y a du travail "intra-muraille". Mot d'ordre général (traduction de l'incantation de Deng Xiaoping “Enrichissez-vous”) : "I want it, I want it now, I want money to achieve". Les Chinois sont désormais pressés.

Par Brice Auckenthaler, directeur associé d'expertsconsulting (marque, innovation et prospective)