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Enfants et pub : le divorce ?

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En février, entrent en vigueur des messages sanitaires accompagnant les publicités de l'industrie agro-alimentaire. Le but ? Protéger les enfants contre la “junk food”. De son côté, le Parlement européen élargit le champ de diffusion de la pub TV.

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“Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas” ou “Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé”… Voilà les messages qui accompagnent désormais toutes les publicités de l'industrie agro-alimentaire à la télévision, à la radio, dans les journaux, sur les affiches ou les brochures de grande distribution. Sous peine d'acquitter une taxe de 1,5 % de leurs dépenses de publicité au profit de l'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé). Objectif : lutter contre l'obésité. Et particulièrement contre le surpoids des enfants, qui concerne près de 20 millions de petits Européens.

Au niveau mondial, plusieurs entreprises du secteur agroalimentaire ont déjà pris des mesures volontaristes concernant leur publicité adressée aux enfants. Ainsi, aux États- Unis, dix des plus grosses firmes alimentaires (Kraft, Coca-Cola, General Mills, Mc- Donald's, Pepsico, Unilever, etc.), qui comptent pour plus des deux tiers des investissements pour les enfants, ont pris des engagements concernant leurs communications envers les moins de 12 ans : consacrer la moitié de leurs investissements publicitaires à des produits plus sains ou à la promotion d'une meilleure alimentation, limiter l'utilisation du licensing, etc. En Europe, certaines marques ont été jusqu'à s'interdire toute communication envers les plus jeunes. Comme Kraft Jacob Suchard qui a renoncé à tout investissement publicitaire à la télévision, la radio et dans les magazines pour les campagnes concernant les moins de six ans. De même, en France, McDo ne devrait plus diffuser de publicité pendant les programmes matinaux pour enfants à partir d'avril.

Une relation de cause à effet ?

Partout, la réglementation se durcit. Les états suédois et norvégiens ont fait figure de précurseurs en interdisant toute publicité destinée aux enfants pendant les programmes TV pour la jeunesse dès 1991… La Grande-Bretagne, où 22 % des mineurs seraient victimes d'obésité selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), vient à son tour de bannir toute publicité pour aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés des émissions destinées aux moins de 16 ans et des programmes pour adultes attirant un large public jeune. Des mesures instaurées sous la pression de l'Ofcom (l'autorité de régulation des télécommunications britanniques) qui table sur un manque à gagner de 57 millions d'euros pour les diffuseurs. Et qui irritent particulièrement l'industrie agro-alimentaire jugeant ces dispositions “disproportionnées”. Selon celleci, en effet, aucune relation ne serait clairement établie entre la publicité et l'obésité.

Au Québec ou en Suède par exemple, où la promotion de la “junk food” a été interdite en direction des enfants, le taux d'obésité chez ces derniers serait resté inchangé et même supérieur à ce que l'on peut observer en France. Ce que conteste l'UFC-Que Choisir qui, dans une étude publiée en octobre 2006, conclut à une corrélation directe entre la consommation de produits gras et sucrés et le temps passé devant la télévision.

Les enfants vont-ils devenir la cible interdite des industries agro-alimentaires ? Pas vraiment, si l'on prend en compte la dernière version de la directive “Télévision sans frontières”, adoptée en première lecture par le Parlement européen. Celle-ci élargit, en effet, le champ de diffusion de la publicité télévisée. Contrairement aux amendements qui avaient été proposés, les députés se sont prononcés pour l'autorisation des coupures publicitaires toutes les 30 minutes (au lieu des 45 actuelles), y compris dans les programmes pour enfants et pour les industries agro-alimentaires invitées à adopter un code de conduite volontaire. Reste à savoir si le Conseil européen suivra cette position.

Béatrice Héraud

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