Marketing Magazine N°36 - 01/01/1999 - RITA MAZZOLI
Des études de marché favorables, une cible identifiée et demandeuse. La Convention Obsèques lancée par GPA Assurances a pourtant failli ne pas trouver son public. Sur un sujet tabou, la mort, les commerciaux ont commencé par faire de la résistance passive.
En initiant en avril 1997 un marché test pour son nouveau produit de
prévoyance funéraire, la Convention Obsèques, GPA Assurances pensait avoir
bétonné l'approche du sujet. Les études de marché avaient confirmé les attentes
d'une cible potentiellement importante, tant par le nombre que par le pouvoir
d'achat. Les seniors représentent, en effet, un tiers de la population et leur
poids patrimonial est conséquent. Mieux, selon un sondage Ifop, 72 % des
Français pensent que la mort est un sujet que l'on aborde avec plus de facilité
que par le passé et 45 % d'entre eux se déclarent favorables à l'idée de
prévoir et d'organiser leurs obsèques. Bref, tous les indicateurs étaient au
vert, la Convention Obsèques devait être un succès. Un an plus tard, les
résultats de l'étude quantitative cueillaient à froid les géniteurs du projet.
Le produit n'avait pas trouvé son public. Les contrats avaient été
commercialisés au rythme d'une petite centaine par mois. Peu pour une force de
vente de 1 800 vendeurs. Une lecture plus fine des chiffres faisait cependant
apparaître un fort déséquilibre dans la structure des ventes : 10 % des
vendeurs réalisaient 80 % des ventes. Avant de décider de la suite du projet,
ses responsables marketing ont cherché à comprendre les raisons de ce
déséquilibre. « Lorsque nous avons lancé le produit auprès des vendeurs, nous
nous sommes, volontairement, contentés d'une note d'informations écrite et
d'une documentation commerciale. Nous voulions avoir leurs premiers feelings à
chaud. Au vu des résultats, nous nous sommes aperçus que nous n'avions pas su
vendre le produit à nos commerciaux. Si chaque conseiller commercial disposait
du même niveau d'informations, en revanche, ses possibilités d'actions étaient
entravées par des freins personnels : envisager sa propre mort, la nier, avec
pour résultat, le rejet du produit », explique Claude Laurenti, assistante
marketing assurances des personnes du particulier au GPA.
Le constat étant réalisé, restait à
trouver des réponses à la question centrale du lancement grandeur nature :
comment faire adhérer les vendeurs au produit ? « Pour lever les tabous, il
nous semblait important de donner la parole aux vendeurs eux-mêmes. Nous en
avons sélectionné huit, les ambassadeurs de premier rang, qui, via la
réalisation d'un film, ont témoigné de leur expérience, des difficultés qu'ils
ont rencontrées et des solutions proposées », commente Claude Laurenti.
Au-delà, le mix du produit lui-même a été retravaillé. Si un effort a été
consenti sur le prix, c'est surtout la stratégie de communication qui a été
entièrement revue. « La convention ne se contente pas de préfinancer les
obsèques, elle permet surtout de décharger la famille de toutes les démarches
liées aux obsèques. Or, l'attention des commerciaux s'était focalisée sur les
termes funéraires. Ils avaient totalement occulté l'aspect service du contrat.
» Avec l'aide de l'agence Côté Affaires, l'offre et l'ensemble des documents
commerciaux sont revus. L'accent est mis sur la dimension service. Une
dimension résumée par le nouveau slogan de la convention "N'y pensez plus, tout
est prévu". L'offre repackagée a été présentée aux commerciaux à l'occasion
d'une journée de formation. Outre une présentation par les managers du
potentiel du marché, cette journée était l'occasion pour les vendeurs d'évacuer
leur ressenti. « Si les échanges ont parfois donné lieu à de grands déballages,
l'effet cathartique était assuré », analyse Claude Laurenti. Lors de cette
session, un représentant du GNEPF (Groupement national d'entrepreneurs de
pompes funèbres), partenaire du GPA dans ce produit, était également invité. «
Sa présence était essentielle. Elle a permis de montrer à la force de vente
qu'elle ne devenait pas des techniciens funéraires. » Toujours dans le souci de
démystifier le sujet, cette formation était complétée d'une demi-journée de
simulation animée par Business Dynamics, société de formation par le jeu.
Relayée par des outils d'aide à la vente, ce travail pédagogique semble avoir
entraîné le déclic salutaire. Relancé en septembre, soutenu par une campagne de
relations presse, enfin adopté par ses vendeurs, le produit a vu sa production
multipliée par 30 en moins de trois mois.
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ConsulterQuelle couleur politique les Français attribuent-ils aux marques ?
Cette étude est très intéressante. C'est vraiment dingue de voir que dans notre inconscient on associe des choses qui à la base n'ont rien à voir ...
Maxime Le Roux - 23/05/2012
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