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Alimentation : comment évoluent les comportements

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Depuis 1976, Cofremca Sociovision suit les comportements des Français et notamment les comportements alimentaires au travers du système de suivi socioculturel. Les résultats du PCA 98 (Programme des comportements alimentaires) confirment des tendances et révèle des émergences.

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« La vie a pris le pas sur l'alimentaire, constate Jean-Pierre Fourcat, vice-président de Cofremca Sociovision. Il y a vingt ans, la vie s'organisait autour des repas, aujourd'hui, de façon quasi définitive, l'alimentation s'organise autour de la vie. » Conséquence : un déséquilibre nutritionnel mais aussi la multiplication des prises alimentaires en dehors des moments traditionnels de repas. Ainsi, 42 % des Français grignotent, boivent, mangent entre le petit déjeuner et le déjeuner, 49 % le font entre le déjeuner et le dîner et 36 % après le dîner. Corollaire : les Français mangent moins au déjeuner et au dîner (en revanche, ils sont davantage à prendre un petit déjeuner plus copieux). En 1998, huit Français sur 10 ne prennent pas d'entrée lors de leur repas principal (64 % en 1978). Quant on sait qu'un point représente près de 350 000 personnes, on peut juger de l'importance d'un tel comportement et de son impact sur le contenu des plats : les entrées deviennent des plats principaux, les repas froids se multiplient, les salades sont de plus en plus populaires 77 % des Français mangent plus ou moins régulièrement des salades ou des repas froids.

Montée de la restauration hors domicile


Fast food, pizzerias, boulangeries, sandwicheries, de plus en plus souvent les Français s'y rendent pour acheter ce qui leur tiendra lieu de repas ou pour grignoter : il y a quatre ans 29 % des Français consommaient dans la rue quelque chose qu'ils venaient d'y acheter, ils sont 33 % à le faire aujourd'hui. Parallèlement, Cofremca Sociovision constate la montée de la consommation de produits amenés sur le lieu de travail (32 % contre 26 % il y a six ans) et de la consommation transport (voiture ou transports en commun). En 1998, quelque 27 % de Français ont dit avoir mangé dans les transports en communs au cours de la semaine écoulée. Un comportement qui découle d'une autre façon de gérer son temps et qui confirme la prééminence du réfrigérateur dans la vie quotidienne et une explosion du congélateur. Si les Français sont encore plus nombreux à inviter des amis à l'avance (91 % contre 83 %), le plus souvent à dîner - repas qui apparaît comme le plus propice à la convivialité -, ils sont encore plus nombreux à improviser un repas au dernier moment (72 % contre 68 % il y a six ans). Ce qui a pour conséquence une demande accrue pour la livraison à domicile (de 16 à 35 % en huit ans) ou les plats tout prêts.

Des comportements paradoxaux


« Nous avons mis en évidence une vingtaine de paradoxes dont neuf fondamentaux qui sous-tendent les comportements alimentaires des Français et sont révélateurs de tendances émergentes », note Jean Bismuth, directeur associé de Cofremca Sociovision. L'un des plus forts est "santé et plaisir", deux comportements qui avaient tendance à s'opposer et qui aujourd'hui auraient tendance à fusionner. D'où le problème posé aux industriels de concilier les deux attentes dans une même offre. Désormais, efficacité et plaisir ne sont plus antinomiques. D'une façon générale, il y a une certaine stabilisation de la préoccupation diététique et un très fort développement de l'intuition sensorielle : on se fie aux odeurs, à l'esthétique d'un produit, on veut vivre à l'heure des saisons, on recherche l'authenticité, les terroirs Autre paradoxe essentiel : nature et technologie. Là, il y a risque de divergence ; les Français, sous l'impact de la crise de la vache folle, des OGM, se révélant toujours plus méfiants envers les scientifiques qu'ils soupçonnent de ne plus savoir maîtriser la nature et de cacher des vérités (amiante, sang contaminé ). Pour Jean-Pierre Fourcat, l'engouement pour l'alimentation biologique est un choix négatif. Les Français vont vers le bio parce qu'ils ont peur de la technologie. Ce qui pose une vraie question aux industriels. Car, si 13 % des Français pensent que les OGM sont un progrès inévitable, 51 % estiment qu'il faudrait les interdire et 43 % disent qu'ils arrêteraient de consommer leurs produits habituels si ces derniers étaient remplacés par des OGM. Reste que la montée du bio est forte et surtout que ce segment a encore un grand potentiel. Autres paradoxes : individualisation et partage ou encore le besoin de plats tout prêts (plus d'un ménage sur trois a eu recours à la livraison à domicile au cours de l'année passée) mais aussi le besoin de passer du temps sur la préparation (24 % contre 19 % il y a six ans). Reste une constante : le prix est un élément essentiel d'arbitrage entre les paradoxes. Et une attente forte : le besoin d'information et de repères. Mais au-delà de ces tendances générales, il faut savoir que des clivages importants existent selon le sexe, l'âge et le niveau de revenus et d'instruction.

Méthodologie


Phase d'observation (lieu de consommation, transports, passage, lieux de vente, à domicile) suivie par une phase d'interrogation de 2 300 Français de 15 à 75 ans, afin de travailler au niveau de l'individu et savoir ce qu'il consomme, où, quand, avec qui, déterminer ce qui est acheté par la mère de famille et ce qui ne l'est pas. Périodicité : tous les deux ans.

ANIKA MICHALOWSKA

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