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1999, l'année des rebonds

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Réalisée fin 1998, l'étude du CCA sur les tendances et les perspectives de vie 2000 montre un regain d'énergie des Français à l'approche du troisième millénaire et détermine six grands rebonds vécus par la société française.

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«Après avoir vécu entre 1995 et 1998 une époque de clash connexion, où les Français pensaient aller vers l'implosion de la société, 1999 semble marquer le retour d'un phénomène positif qui succède à 15 ans de dépression nerveuse collective », estime Bernard Cathelat, directeur de recherches du CCA. Les Français ont compris dans quel type de société, ils sont désormais amenés à vivre, le retour au mode de vie des années 70 étant utopique. Cette acceptation d'une mutation de civilisation s'accompagne d'un redémarrage d'énergie. « Ce redémarrage n'est pas optimiste comme dans les années 60 ou 70, constate Bernard Cathelat. C'est une énergie en partie pessimiste. Toutefois, dès cette année, il existe un potentiel de reconnexion à la société qui s'oppose à la désimplication des dernières années. » En l'absence de grands débats de société et au vu de la difficulté des entreprises à mobiliser leurs employés, cette énergie se traduit essentiellement dans les domaines de la consommation, des loisirs et de la vie privée. Globalement, six rebonds traduisent les directions que prennent la vie des Français.

Individualisme et autonomie


Premier rebond : l'opportunisme. Ce rebond est marqué par un optimisme personnel contrastant avec un pessimisme social. Ainsi, 89,3 % de nos concitoyens se disent heureux et 75 % estime que leur situation va s'améliorer dans les prochaines années, alors que simultanément 54,7 % estiment que le corps social va aller de plus en plus mal. L'énergie est investie dans une consommation plus boulimique que motivée. Il s'agit d'une consommation de chasseur de primes, opportuniste, au détriment de la qualité et de la fidélité. « Cette consommation peut se traduire par une pénalité pour la marque, vu l'importance des promotions », souligne Bernard Cathelat. Deuxième rebond : l'autonomie. La perte de foi dans les institutions s'aggrave toujours : 68,3 % des Français avouent ne compter que sur eux-mêmes et 81,5 % sur leur famille et leurs amis ; 89 % souhaitent par ailleurs consacrer de plus en plus de temps à leur famille. « Le désinvestissement d'énergie dans les activités extérieures au profit de la famille vient en contrepoint de ce qui s'est passé dans les 40 dernières années », analyse Bernard Cathelat. On constate aussi une carence de guides et de modèles porteurs de grands projets sociaux ; seuls 21,8 % des Français gardent confiance dans le monde politique. Le feeling occupe une place de plus en plus importante dans les choix de vie des Français : 47 % d'entre eux avouent conduire leur vie plus selon leur intuition que selon la raison. Il existe également une paranoïa envers les big brothers (Internet, vidéo surveillance...), mais à l'inverse les "télérelations" sont perçues comme un moyen de gagner du temps pour se consacrer au cercle familial.

Microsocial et zen


Troisième rebond : le rebond microsocial. L'anonymat du "village planétaire" est compensé par l'investissement dans des entités microsociales. Ainsi, les PME sont quatre fois plus attractives que les grandes entreprises. Plusieurs types de microcommunautés se dégagent : les communautés ethno-culturelles, les communautés locales (région, quartier), les communautés virtuelles ou les communautés de centre d'intérêt. « Le microsocial apparaît comme un moyen de renouer les liens pour fidéliser les consommateurs en créant des microcommunautés, comme celles des consommateurs d'Apple ou de Harley Davidson », remarque Bernard Cathelat. Quatrième rebond : le rebond zen. Les Français sont conscients qu'ils subissent un stress permanent, dû par exemple à la précarité ou à la compétition, et souhaitent trouver des moments de calme. 70 % des Français désirent travailler moins. Gagner beaucoup d'argent est deux fois moins mobilisateur que d'épanouir sa personnalité. Pour 70 % des Français, le bonheur familial est fondé sur le sens et les valeurs morales, alors que pour 23,4 %, il repose sur le confort matériel. Pour plus de la moitié de nos concitoyens, le cocktail du bonheur se définit par les termes santé, équilibre cool, sagesse et harmonie, paix, tendresse et douceur, simplicité. « Les valeurs machos vont céder le pas à des valeurs féminines », note Bernard Cathelat.

Naturalisme et pacification


Cinquième rebond : le rebond naturaliste. La pollution est la deuxième crainte des Français (30,9 %), après la misère et la pauvreté. Dans le même temps, l'inquiétude devant la science et la technologie grandit. Les Français estiment la science trop souvent guidée par le profit. Ils sont à la recherche d'harmonie vitale. « Le mot clé des dix prochaines années est la vitalité, estime Bernard Cathelat. Il s'agit du potentiel de santé, de la beauté intérieure et non pas artificielle, du tonus pour lutter contre le stress. » Les années 2000 seront marquées par une écologie mystique : la nature est perçue comme une école morale à l'écoute de laquelle il faut retourner. Sixième rebond : le rebond de pacification. Les Français sont conscients de l'abandon de l'Etat providence mais refusent l'ultralibéralisme. Il existe cependant un besoin de loi et d'ordre. Ainsi, pour lutter contre la violence urbaine, 64,5 % des Français estiment l'apprentissage de la morale et du civisme adapté, alors que 85 % souhaitent le remplacement de la prison par des travaux d'intérêt public. « Beaucoup de gens se déconnectent de la société. Ensuite vient le temps de l'autoconnexion puis celui de la microconnexion et de la téléconnexion. Le rôle des institutions est de faire que le monde soit vivable », conclut Bernard Cathelat.

Méthodologie


L'étude a été menée au dernier trimestre 1998 auprès de 2 000 personnes. Le dépouillement des résultats s'est terminé fin mai 99. Le questionnaire comprenait 6 à 700 questions pour 7 à 8 000 réponses possibles.

PHILIPPE CHESNAUD

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