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« Nous avons contribué à créer le marché »

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A 33 ans, Canel Frichet peut se targuer d'avoir propulsé Winamax à l'avant-scène du poker en ligne, grâce à une campagne d'image s'inspirant des codes du cinéma. Un coup de maître pour cette jeune entreprise implantée sur un marché naissant.

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Marketing Magazine Quelles sont les clés de la réussite Winamax selon vous?

Canel Frichet: Trois points sont essentiels. Nous avons recruté en créant une marque forte, maximisé l'expérience de jeu et développé la relation client. Au départ, nous avons choisi d'entrer en relation avec les joueurs, en créant le forum Wam-poker.com. Aujourd'hui, il est devenu l'une des deux plus grosses plateformes d'échange sur le poker.

Tous les mois, notre plateforme de jeu est mise à jour à partir des remontées utilisateurs que nous recueillons sur les principaux forums. Nous proposons aussi des tournois originaux. Par exemple, nous organisons le Sunday Surprise, qui garantit plus de 50 000 euros de gains tous les dimanches et offre à son vainqueur un prix un peu spécial (son poids en pièces d'un euro, un séjour sur une île déserte avec cinq amis, etc.).

Ensuite, notre défi consistait à avoir le bon tempo en termes de stratégie marketing, de financement... dans un calendrier législatif tendu et un univers concurrentiel d'une rare intensité.

Parcours

Diplômée de l'Institut supérieur du commerce de Paris en 2001, Canel Frichet rejoint la même année l'équipe marketing et communication de Caramail. Deux ans plus tard, elle fonde Aeon Footwear.
En 2007, elle arrive chez Winamax, comme directrice générale. Elle pilote une campagne médias qui fait de Winamax le champion du poker français en moins de neuf mois.

Quel est le rôle joué par les ambassadeurs de la marque, au premier rang desquels se place l'acteur Patrick Bruel?

Il est fondamental que nos ambassadeurs soient de véritables joueurs de poker. Patrick Bruel a lancé le mouvement en France grâce à la première émission de poker sur Canal+. Il est sans aucun doute l'ambassadeur le plus crédible de l'Hexagone. Par ailleurs, Winamax a construit la plus grande équipe de joueurs professionnels. Elle parcourt aujourd'hui le circuit international des tournois sous nos couleurs. Enfin, nous avons noué des partenariats avec 80 % des associations de poker en France. C'est notre manière de soutenir les initiatives locales, lesquelles contribuent à l'essor du poker.

Winamax détient entre 25 % et 40 % de part de marché du poker en France (source: Arjel). Comment avez-vous creusé l'écart avec la concurrence?

L'ouverture du marché du poker date de juin 2010. Nous avons misé sur la rapidité d'action. Par exemple, Winamax a été le premier annonceur de poker dans les grands médias, le lendemain de la délivrance des premiers agréments. Nous comptons plus d'un million de comptes créés sur le site et Winamax est numéro un en termes de notoriété, selon Ipsos (NDLR: février 2011). Nos applications mobile, lancées en première mondiale, ont été téléchargées plus de 400 000 fois en quelques mois. Avec le recul, je suis contente que nous ayons contribué ainsi à structurer le secteur et à développer le marché.

Votre passage dans le marketing sportif vous a-t-il aidée à mieux appréhender le marché du poker en ligne?

Avant l'aventure Winamax, j'ai créé une marque dans l'action sport (Aeon Footwear) et j'ai sans doute appliqué en partie cette expérience de marque au poker. J'ai notamment constitué des réseaux de compétences autour de passionnés d'une discipline, géré une équipe de joueurs professionnels. J'ai également fait en sorte que nous soyons présents lors d'événements régionaux.

Parallèlement, deux contrats de sponsoring avec des clubs de Ligue 1 de football ont été conclus. Un véritable booster de notoriété, qui s'inscrivait aussi dans l'univers de la compétition et de la passion.

Comment avez-vous déployé votre stratégie de communication? Selon quels axes?

Le sponsoring sportif fait figure de propulseur de notoriété. Mais il fallait avant tout délivrer le message adéquat. Nous avons bâti une marque dotée d'une identité de «pure player», de spécialiste du poker, et nous avons créé une campagne télévisuelle dans laquelle nous avons choisi des codes cinématographiques, très loin de l'univers des jeux en ligne. En 2010, nous avons investi plus de 15 millions d'euros pour la télévision et 7 millions pour Internet, ce qui est sans doute l'un des plus gros budgets dédié au poker en ligne.

Par ailleurs, pour occuper physiquement le terrain, nous avons habillé un parc d'autobus de la RAPT en total covering, avec notre snipeuse et le fameux roi à l'épée en plastique.

Comment cette jeune entreprise fonctionne-t-elle?

Il y a une vraie dynamique

entrepreneuriale dans la société et une culture assez opérationnelle. Ce qui m'intéresse, c'est la relation que l'on peut créer entre les métiers, les passions, les manières d'aborder les problématiques. Parmi les actionnaires, on trouve Alexandre Ross et Christophe Schaming, créateurs de Caramail. Patrick Bruel et Marc Simoncini (Meetic) apportent respectivement une passion du poker et une vision du marché sur Internet. Quant à moi, je m'investis beaucoup dans le marketing et dans la structure.

Nous fonctionnons en circuit court, avec peu de hiérarchie. C'est très participatif.

D'ailleurs, toute l'équipe est située en France, au sein des mêmes bureaux. L'échange d'informations entre le support client, le marketing et la R & D est quotidien. Les équipes jouent au poker pendant le déjeuner. Elles ont même formé une équipe de foot à laquelle Vikash Dhorasoo (membre de la team pro Winamax) se joint régulièrement.

Quelles sont vos ambitions en matière de développement international?

Rien n'est encore décidé. Fidèles à notre stratégie, nous souhaitons nous concentrer sur notre activité et notre marché principal avant de nous diversifier. Il y a encore 1 000 projets à mener pour satisfaire toujours plus nos joueurs.

Damien Grosset

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