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«Made in local»

Publié par le

Régine Eveno Rédactrice en chef

@ Arnaud Olzsac

Régine Eveno Rédactrice en chef

«It's Halftime in America.» C'est avec cette vidéo de deux minutes, signée Clint Eastwood, que Chrysler a créé le buzz aux Etats-Unis. Le spot est un hymne à l'american dream et à la renaissance de Motor City, la ville de Detroit. C'est aussi un plaidoyer pour Chrysler, Jeep ou Dodge, «imported from Detroit». Cette publicité résume à elle seule les débats actuels autour de la désindustrialisation des pays matures. Un débat que nous connaissons bien en France. Lors de la campagne électorale, le patriotisme économique a fait mouche. Sur fond de crise économique, le slogan «Acheter français» des années quatre-vingt-dix a refait surface en plusieurs épisodes (Armor Lux, Lejaby, label Origine France). Les marques doivent-elles pour autant emboucher la trompette du «made in France»? Rien n'est moins sûr. Faire du «made in France» un argument commercial s'avère un exercice à haut risque. Ces débats révèlent pourtant une tendance de fond: le retour en force de la proximité, le besoin de consommer des produits régionaux ou locaux. Un phénomène qui s'exprime aussi au travers des «locavores», adeptes de l'hyperlocal. Paradoxalement, l'exemple vient d'ailleurs! Starbucks et McDo viennent tous deux de franciser leur offre. Avec un petit noir pour l'un et un McBaguette pour l'autre. De leur côté, Lu, Lesieur et Danone mettent en avant leurs filières de production locales. Elections ou non, le «made in local» a de beaux jours devant lui.

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