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« La différence en six langues »

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La chaîne d'information lancée en 1993, détenue à 51 % par un consortium de télévisions européennes et à 49 % par ITN, producteur britannique d'informations audiovisuelles, souhaite poursuivre son implantation en réaffirmant sa différence européenne. Martyn Wheatley, son directeur général, explique sa stratégie de développement qui passe notamment par une croissance des recettes publicitaires.

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Comment se positionne Euronews par rapport aux autres chaînes d'information internationales ?


Notre positionnement est unique. Si vous êtes une chaîne d'information, vous devez avoir un positionnement clair, nous sommes donc une chaîne européenne. Les gens sont demandeurs d'information avec une perspective européenne. Il existe beaucoup de chaînes, mais aucune dans ce créneau. C'est la diffusion en six langues qui nous donne ce positionnement et reste très important pour nous. Les téléspectateurs sont plus engagés grâce à l'utilisation de leur langue. Nous sommes introduits dans le projet européen, mais nous sommes indépendants. Nous rapportons ce projet de manière plus détaillée que les autres chaînes.

La concurrence est-elle difficile avec les autres chaînes d'information pour obtenir des canaux de distribution ?


La situation devient plus facile avec l'avènement du numérique, mais la concurrence demeure forte. Nous avons toutefois l'avantage d'être présents depuis longtemps et nous allons étendre la distribution. Par exemple en France, la chaîne croît avec le développement de TPS et CanalSatellite. Nous avons aussi rejoint le satellite en Espagne et en Italie et il existe encore beaucoup d'opportunités. Avec la télévision numérique, il y a également plus de place disponible sur le câble. Grâce au numérique, plus de canaux sont à disposition, donc les téléspectateurs pourront choisir le langage dans lequel ils souhaitent écouter la chaîne. Par exemple, il y a une importante communauté portugaise en France. Si nous avons un peu de distribution hors de l'Europe, ce n'est pas la part essentielle de notre business. Nous allons d'abord continuer à construire en Europe.

Quel est l'enjeu de la publicité pour l'avenir d'Euronews ?


Il est très important, c'est un des axes majeurs de développement. Nous avons progressé de 60 % en 1999. De plus, la qualité des marques est très bonne. Pour la première fois nous avons attiré de grandes marques internationales, comme Nokia, Texas Instruments, Allianz Assurances ou Rank Xerox. Beaucoup de marques anglo-saxonnes ne connaissaient pas Euronews jusqu'à présent. Il est important de convaincre les agences qu'Euronews est une chaîne mass média. Il y a certes un effet d'entraînement de la part des annonceurs, mais ils regardent surtout l'audience de la chaîne. Dans l'étude EMS (NDLR : étude qui s'intéresse à la consommation média des 20 % des plus hauts revenus européens), nous avons d'excellents résultats. En Allemagne, Espagne, France, Italie et Angleterre, nous sommes devant CNN. De plus, nous avons un outil qui nous permet de montrer les coûts pour mille aux annonceurs. Cette façon de vendre de l'espace aux agences avec les coûts pour mille ciblés est originale, nous sommes les premiers à le faire.

Le développement de la publicité paneuropéenne vous paraît-il bien engagé ?


Le marché paneuropéen doit grossir. L'Europe devient un bloc, un véritable marché. Nous pouvons développer ce marché efficacement. Maintenant les autres chaînes sentent plus la concurrence d'Euronews. Le marché reste très compétitif, mais c'est bon pour tout le monde de le voir croître.

Poursuivez-vous votre politique de partenariat ?


Nous avons des partenariats et nous cherchons d'autres partenaires dans des pays où nous ne sommes pas assez forts. Actuellement, nous développons une collaboration avec la chaîne irlandaise RTE qui devient notre 19e partenaire. Nous discutons également avec un magazine et une autre chaîne européenne pour la cross promotion.

Internet est-il un vecteur de développement important pour vous ?


Nous avons lancé notre site il y a quelques mois, il compte actuellement 400 000 pages vues chaque mois. C'est encore le début, mais il se développe mois après mois. Nous allons continuer à y améliorer la vidéo. Notre programmation est bien adaptée au Web, les textes et les vidéos sont disponibles en six langues. La régie publicitaire y est actuellement internalisée.

Quels sont vos projets et objectifs pour l'an 2000 ?


Nous avons bien progressé depuis deux ans. Notre première priorité est l'amélioration des programmes. Nous allons continuer dans cette voie, il est très important de produire des programmes de qualité. Nous allons aussi étendre notre diffusion et développer la diffusion dans d'autres langues. Le prochain grand pas sera d'introduire une autre langue. Nous espérons que la publicité va continuer de croître et que les agences vont reconnaître la valeur d'Euronews. Il faut donc continuer à expliquer le bénéfice de la chaîne.

Philippe Chesnaud

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