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Sites d'emploi : l'e-recrutement en pleine reconversion

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Nés en Europe il y a tout juste cinq ans, les sites d'emploi sont aujourd'hui confrontés à une conjoncture délicate. Qui les pousse à revoir leur modèle économique initial. Objectifs 2003 : diversifier les sources de revenus et résister à la prolifération des sites d'entreprise. Une issue favorable pourrait bien venir du développement des solutions de recrutement en mode ASP.

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Tapez "site d'emploi" dans un quelconque moteur de recherche sur Internet, et vous serez confondus par la profusion des réponses. Sur le seul Web français, les listes de résultats référencent plus de 400 sites consacrés au recrutement. Cette impressionnante floraison d'acteurs prouve bien l'intérêt de ce jeune filon, qui promet de devenir, à terme, un canal privilégié en matière de recrutement. Pour Mats Carduner, directeur général de Monster France, les avantages des sites d'emploi sont incontestables : « Ce sont d'excellents moyens pour dénicher des profils très ciblés et se constituer une base de CV de qualité. Ils permettent de communiquer à l'échelle mondiale et se font apprécier pour leur interactivité, qui permet de raccourcir les délais de recrutement de trois mois à trois semaines en moyenne. » L'atout majeur du site d'emploi ? Sans aucun doute le coût, très attrayant, du média. Sur Internet, une offre coûte, en moyenne, dix fois moins cher que dans la presse ! De quoi renverser le marché de la communication RH sur lequel la presse drainait encore, en 2001, plus de 90 % des annonces. Or, pour l'heure, les sites d'emploi se contentent de vivoter en marge de ce très verrouillé marché qui pèse, en France, 280 millions d'euros. En quatre ans, seules 10 % des parts de marché ont basculé du off vers le on line. Pourtant, la progression de l'emploi en ligne est fulgurante et constante. Poussées par la ruée des candidats vers les sites d'emplois, dits "job boards" (88 % des postulants les consultent), les entreprises n'hésitent plus à intégrer le Net à leurs plans de recrutement. En 2000, déjà, 63 % d'entre elles annonçaient sur ces sites, contre 3 % en 1998. Mieux encore, d'après Cyril Janin, P-dg de Keljob, la banalisation de ce canal serait déjà en marche : « Désormais, le e-recrutement concerne aussi bien les grands groupes en quête de la perle rare, que le café du coin lorsqu'il s'agit de trouver un garçon ou une caissière. » Les analystes sont formels : à l'horizon 2005, 50 % des annonces presse devraient migrer vers les sites de recrutement, alors qu'aux Etats-Unis, Internet pèse déjà 30 % de ce marché. De quoi rassurer les leaders du secteur qui n'échappent pas au phénomène de consolidation : en 2001, Monster absorbait Jobtrack et Jobline, Yahoo s'emparait de Hot Job et, en début d'année, Adecco rachetait l'allemand Jobpilot. En France, le secteur reste encore très morcelé. Il se structure autour d'acteurs aux positionnements variés. Avec, en tête, les sites nationaux (ANPE et Apec), suivis des job boards généralistes (Monster, Emailjob, Jobpilot...) et des sites spécialisés par secteur, région ou profession. Des cabinets de recrutement et agences de communication RH associés à des titres de presse (Le Figaro, Le Monde, CB News, La Tribune, Les Echos...) ont lancé leur propre site d'emploi : cadremploi.fr. Une manoeuvre peu dissuasive pour enrayer la prolifération des job boards de tout horizon, à leur tour concurrencés par les sites corporate : 50 % des entreprises sont déjà dotées d'un site RH et 62 % des internautes y postulent régulièrement. D'où la nécessité, pour les job boards, d'améliorer leur offre de services afin de pérenniser leur modèle.

La mondialisation comme credo


Lancé aux Etats-Unis en 1994 par TMP Worldwide, n° 3 mondial des chasseurs de têtes, Monster a occupé le terrain hexagonal dès 1999. Aujourd'hui, le job board se flatte de son leadership incontesté à l'échelle mondiale. A son actif, un chiffre d'affaires en croissance constante, une présence assurée sur plus de 20 pays et des sommes colossales investies en communication pour imposer la marque sur son secteur. Dès le lancement, la stratégie du site s'est structurée autour de la constitution et l'enrichissement permanent d'une base de données mondiale, suffisamment riche et affinée pour attirer les recruteurs de grands groupes. « Pour cerner durablement ce marché, il faut pouvoir répondre aux besoins des multinationales qui lancent des plans de recrutement à l'échelle mondiale », assure Mats Carduner. Or, si la puissance du réseau d'annonces internationales constitue le meilleur moyen pour s'attirer l'intérêt des entreprises mondialisées, elle n'assure pas pour autant la mainmise sur le marché français. Les concurrents y sont légion. Tout comme Monster, ils se focalisent désormais sur le développement d'outils et de services dédiés aux ressources humaines afin de diversifier leurs sources de revenus. La filiale de Reed Expo, Emailjob, lancée en 1998 et déjà rentable, poursuit sa transformation. « Nous faisons évoluer notre business model vers la commercialisation de solutions de recrutement », explique Lucie Caubel, directrice de la communication du site. Pour s'imposer en France avant de s'aventurer à l'international, le job board a tout misé sur les forces de vente (70 commerciaux) et sur le développement de technologies ad hoc pour répondre aux besoins de ses 4 000 entreprises clientes et de ses 500 000 abonnés. Outre la mise à disposition de CV, les fonctions d'alerte mail ciblé, les prestations d'e-consulting et la force d'un moteur de recherche sémantique, Emailjob s'étoffe en permanence de nouveaux outils. Pour mesurer l'impact des annonces diffusées en ligne, par exemple, ou pour gérer les flux des publications en mode ASP. L'interface web elle-même est conçue telle une véritable boîte à outils en évolution perpétuelle. Les annonces peuvent être habillées au graphisme de l'annonceur, qui peut aussi décliner sa culture d'entreprise au sein des "minisites" ou encore diffuser une présentation vidéo de son entreprise. Bref, toutes les pistes sont explorées pour séduire durablement les entreprises qui représentent, à elles seules, 40 % du volume d'affaires d'Emailjob.

Développement des sites d'entreprise


Pionnier européen lancé en 1995, l'allemand Jobpilot a calé sa stratégie sur le modèle de l'américain Monster : déploiement en réseau international, présence dans 23 pays, y compris les Etats-Unis, et reconversion vers un positionnement de "fournisseur d'applications de recrutement en ligne", telles ont été les principales étapes de son parcours. A l'instar de tous les sites d'emploi généralistes, Jobpilot dispose d'une panoplie très étoffée de services. Tous les classiques sont proposés : base de données d'annonces (124 000 CV, dont 30 000 en France), minisites de présentation, sponsoring, déclinaison régionale du site, etc. C'est en 2001 que le site bascule vers la prestation de services en mode ASP, par le lancement de Jobpilot Workflow, outil de gestion automatique des candidatures proposé à la location. Introduit en bourse en 2000, Jobpilot n'a toutefois pas échappé au marasme du marché. Les séquelles du 11 septembre ont durement marqué le cours de son action. « Alors que nous avions atteint la rentabilité en Allemagne dès 1997, nous avons soudain rencontré des difficultés pour capter de nouvelles parts de marché », explique Patrick Pedersen, directeur général de jobpilot.fr. Résultat : en février 2002, Jobpilot passe dans le giron d'Adecco pour 70 ME, offrant ainsi au groupe suisse l'opportunité de devenir le leader mondial du e-recrutement. En marge des sites d'emploi généralistes, le méta-moteur de recherche Keljob tire son épingle du jeu du marché des sites d'entreprise. Positionné comme le carrefour internet des offres d'emploi, le moteur d'offres se place aujourd'hui parmi les cinq premiers généralistes du marché français. La force du concept repose sur l'extrême simplicité du principe : en trois clics, Keljob ouvre l'accès gratuit à près de 200 000 offres d'emploi issues d'horizons divers (cabinets de recrutement, job boards, sites d'entreprises, agences d'intérim) et permet une mise en relation directe entre le candidat et le site de l'annonceur. Son apparition tardive sur le marché (en juillet 2000) n'a pas empêché son envolée vers le succès. Au premier trimestre 2001, Keljob annonçait déjà l'atteinte de la rentabilité et, en mai dernier, il réalisait une deuxième levée de fonds de 4,6 ME. Pour Cyril Janin, président et fondateur du site, l'avenir de l'e-recrutement passera impérativement par le développement des sites corporate. « Si une entreprise n'en est pas dotée, nous lui créons sa propre page avec notre solution de publication de sites. » Baptisée Keljob4U, le service aurait déjà séduit bon nombre de PME et intègre l'interface de grands portails, tels Tiscali ou MSN.

repères



Monster


Lancé en 1999 sur le marché français. 7 000 offres en France. 843 000 VU/mois (Nielsen Hi pro). 11,7 millions de pages vues/mois. 412 000 CV (durée d'un an). 597 000 candidats inscrits. 1 500 clients. 21 pays d'implantation. CA 2001 : 11,4 ME.

Emailjob


Lancement en France en 1998. 5 694 offres d'emploi. 14 % de taux de rentabilité. 500 000 VU (en juin 2002). 6,5 millions de pages vues (en juin 2002). 55 000 abonnés à la newsletter. 500 000 candidats abonnés. 4 080 entreprises clientes. 80 000 CV. CA 2001 : 12,5 ME.

Jobpilot


Lancement en France en 1999. 230 000 candidats abonnés. 8 000 offres d'emploi. 625 000 visites/mois. 6 millions de pages vues/mois. 1 000 clients. 30 000 CV en ligne. 23 pays d'implantation. CA : nc.

Keljob


Lancement en France en juillet 2000. 2 levées de fonds pour un montant total de 7 660 000 euros. 1 994 550 offres d'emploi. 170 sites référencés. 902 711 visites uniques/mois. 71 587 inscrits à la newsletter. 130 260 abonnés à l'alerte mail. CA : nc.

Nathalie Carmeni

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