Marketing Direct N°33 - 01/12/1998 - DELPHINE SAUZAY
Entre le toutes-boîtes sans ciblage et l'adressé, l'ISA se dote progressivement des outils qui en font un média efficace, utilisé de façon de plus en plus rationnelle. Amélioration du ciblage, contrôle de la distribution et mesure de l'audience contribuent à sa consécration.
Nom de code : ISA pour imprimé sans adresse. Nom vulgaire : prospectus.
Pour certains (leur destinataire) ils encombrent leur boîte à lettres avant de
remplir leur corbeille à papier. Pourtant, selon l'enquête Média Courrier de La
Poste, réalisée à l'automne 97, 61 % d'entre eux auront, entre-temps, pris
connaissance des documents. C'est la raison pour laquelle, d'autres (les
annonceurs) le considèrent comme un média puissant comparable à une campagne
télévision. Employé essentiellement en recrutement, l'ISA est aussi un
instrument de fidélisation pour la grande distribution du fait de son
utilisation régulière sur les zones de chalandise. En grande consommation, les
fabricants y consacrent une part croissante de leur budget, notamment sous
forme de promotions, bons de réductions et échantillons, des catégories en
pleine explosion. Il y a dix ans, Lever (Skip, Omo, Persil, Cif, Vigor, Sun...)
réalisait deux campagnes par an. Depuis trois ans (96-98), il en orchestre une
douzaine (y compris en catalogues de coupons), panachant ciblages "basiques" et
fins. Par enseigne ou par type de clientèle (par exemple, des acheteuses
d'Ariel, l'ennemi héréditaire de Skip). L'évolution du lessivier n'est pas un
cas isolé. Tous les secteurs profitent des progrès réalisés dans le ciblage. «
On peut découper le développement de l'ISA en trois grandes périodes : du
"toutes-boîtes" par commune en passant par des critères de zone de chalandise
jusqu'à des segmentations comportementales », schématise Daniel Descombes,
coordinateur promotion chez Lever. A quand des études qui permettront
d'identifier les utilisatrices régulières de coupons (seulement 20 % des
consommatrices) pour mieux les cibler ?
En attendant ces applications complexes (et
coûteuses), quels types de ciblage sont disponibles ? En qualifiant
progressivement - via des questionnaires et des données de l'Insee - ses 65 000
tournées postales (300 à 400 foyers par unité), Médiapost, le premier
distributeur (CA : 385,5 MF en 97), s'est constitué une base de données qui
comporte plusieurs dizaines d'informations par tournée (type d'habitat,
structure d'âge, CSP...). Exemple de ciblage "simple" : l'utilisation des 18
"Postotypes", qui s'appuient sur le type d'habitat (centre-ville, HLM, habitat
individuel rural...) et le niveau de revenu. Castorama ou Leroy-Merlin
utilisent cette segmentation pour vendre des tondeuses ou des balançoires
destinés à des propriétaires de pavillons. Pour de petits annonceurs abonnés
aux opérations toutes-boîtes, ces ciblages simples permettent de sélectionner
les seuls foyers à potentiel, « qui ne représentent parfois que 30 % d'une zone
jadis généreusement arrosée », estime-t-on chez Médiapost. Et puis, quand on
investit dans la création (« la qualité s'améliore », observent tous les
distributeurs), il est logique de sélectionner soigneusement ses prospects.
D'où l'intérêt de procéder à une étude préalable qui consiste à géocoder ses
clients pour les situer dans la zone (possibilité de calculer un taux de
pénétration) et d'étudier via un rapprochement avec les Postotypes les
caractéristiques de ses acheteurs les plus fidèles. Exemple d'enseignement :
les Postotypes urbains à revenus intermédiaires sont sur-représentés parmi la
clientèle du magasin. A bon entendeur... Le ciblage s'affine au fil des
opérations. L'enseigne Lynx Optique réalise trois campagnes par an : verres
solaires, pack rentrée enfant et offres cadeaux de Noël en fin d'année. Soit
près de 6 millions d'exemplaires au total. La première distribution dans le
temps s'effectue sur la base des cartographies fournies par les centres
commerciaux (80 % des magasins). « Le géocodage des retours nous permet
d'identifier les zones intéressantes et celles qui ne donnent pas de résultats
», explique Dominique Delorme, responsable communication. En dessous d'un taux
de retour de un pour mille, la distribution est abandonnée... mais les
remontées peuvent atteindre jusqu'à 1 % ailleurs ! « On arrive à réduire de 20
à 25 % le nombre de prospectus distribués en affinant notre zone »,
poursuit-elle. Notamment en se repositionnant sur les quartiers résidentiels
haut de gamme et pavillons, en affinité avec l'offre de l'enseigne. Mais pas
question pour autant de segmenter les offres par type de quartier : « Cela
entraînerait des coûts trop élevés », estime-t-elle. Et puis l'enseigne prépare
pour 1999 une campagne d'adressé sur la base de ses fichiers clients.
Certaines cibles, comme celle des
jeunes, exigent une association de médias, pour encadrer et renforcer la
campagne d'ISA. Du 2 au 30 mai 1998, la chaîne de vêtements Kiabi a ainsi
distribué 3 millions de catalogues (12 pages en format 21 x 27) sur les zones
de chalandise de ses 83 magasins. Elle a enregistré dans la foulée une
croissance de ses ventes dépassant de 30 % ses objectifs. « Sur une cible aussi
volatile que les adolescents, nous avons établi un partenariat avec des
émissions jeunesse de M6. Un jeu-concours qui permettait de gagner des scooters
en allant remplir un bulletin de participation dans les magasins », explique
Hélène Desrumaux, chef de publicité chez KRBO Trade. Le catalogue thématique
(par style de musique : rap, dance, techno...) comportait lui aussi une offre
de jeu-concours, qui a suscité une montagne de réponses équivalente à 10 sacs
postaux. Les adresses ont permis aux magasins d'affiner leur zone de
chalandise, quitte à proposer un jour des offres différenciées selon la
proximité des foyers par rapport au point de vente. Utilisé essentiellement par
des enseignes (Géant, Castorama...), Wingo (partenariat Antis/ Delta Diffusion)
permet, quant à lui, de faire une personnalisation par micro-quartiers (750
foyers) sous une forme classique de mailing adressé... sans adresse. « On
découpe la zone de chalandise en plusieurs sous-ensembles, à qui sont adressées
des offres différentes », explique Jean-Pierre Vassoilles, directeur associé
d'Antis. Exemple : on proposera une réduction élevée ou le remboursement d'un
ticket de péage aux prospects les plus éloignés du point de vente. Grâce à un
système d'identification par numérotage des documents, il est possible de
"tracer" les plis, zone par zone. Une technique qui permet de mesurer les taux
de retour de façon fine. « On identifie les secteurs qui ne répondent jamais et
à l'inverse on peut déceler des potentiels en marge de la zone de chalandise
initiale », affirme-t-il. En affinant le ciblage, un magasin a ainsi pu
diminuer de 10 % les quantités distribuées, passant de 175 000 plis à 162 000,
sans changement au niveau des remontées. Ce qui lui a permis de baisser son
coût contact. Un montant qui, hors offre, varie, selon la qualité du document,
les quantités distribuées entre 80 centimes et 1,40 franc... contre de 4 à 6
francs pour de l'adressé. « Cela reste cher, aussi conseillons-nous à nos
magasins d'utiliser Wingo comme outil d'étude pour affiner leur zone de
chalandise puis de revenir à de l'ISA classique pour générer du trafic »,
explique-t-on au siège de Leroy-Merlin. Début 99, de nouveaux packages
permettront de faire baisser ce prix autour de 50 centimes sur des quartiers
d'au moins 150 à 200 000 ménages. Autre innovation : le lancement des "advanced
cards" à destination des zones de chalandise éloignées. Le principe ? Attirer
de nouveaux clients à partir d'un document "léger" porteur d'une offre très
forte. Une fois au magasin, les prospects recevront un Wingo. « L'intérêt est
d'aller plus loin avec un coût contact identique à celui de petits catalogues
d'hypers », explique le dirigeant d'Antis. Une évolution qui ouvre de nouveaux
marchés. « Avec ces outils, nous intéressons potentiellement tous les
utilisateurs de l'adressé comme les banques, les assurances... qui pourraient
aussi prospecter avec des ISA », explique Marc Fayet, directeur du marketing de
Delta Diffusion.
« Pour
élargir encore les possibilités de ciblage, ajoute Emmanuel Richeux,
responsable études et ciblage de Médiapost, nous avons des accords avec des
instituts d'études, des panélistes et la mégabase de Claritas, qui offrent des
données comportementales. » Quand un fabricant de poudre lave-vaisselle veut
distribuer des échantillons de son dernier-né, comment s'y prend-il ? « On
recherche le taux d'équipement en lave-vaisselle via le Métascope, un panel
Sofres qui détient ces informations pour des unités de 120 000 foyers »,
explique Emmanuel Richeux. Des données qu'il faut ensuite réaffecter par
Postotype, une unité beaucoup plus fine. La démarche peut être encore plus
sophistiquée : quand Lever a lancé Skip Tablets (voir encadré), la marque a
souhaité viser les utilisatrices de poudre, a priori plus intéressées par la
praticité de cette nouvelle formule que les partisanes de la lessive liquide.
Les frontières entre adressé et ISA s'estompent. Les deux vecteurs travaillent
désormais main dans la main. Chez Lever, les précieuses informations récoltées
via les questionnaires joints aux ISA assortis de coupons de réductions
permettent de qualifier la base de données maison (y compris en inter-marques).
« Nous pourrons un jour recruter en adressé des cibles aux caractéristiques
proches de celles de nos acheteuses », prévoit Daniel Descombes. Enfin,
l'annonceur peut affecter des modèles statistiques propres, des scores, aux
tournées postales. Une démarche qui lui permet de "noter" leur potentiel pour
ses produits. Mais attention aux usines à gaz, souvent inspirées par les
possibilités nouvelles offertes par les mégabases. « Inutile d'empiler les
critères de ciblage qui déboucheraient sur des cibles trop fines, inadaptées à
cet outil », prévient Emmanuel Richeux. Un défaut de méthode qui se manifeste
souvent quand on a oublié de poser les préalables : définir une cible
prioritaire simple (qui veut-on toucher ?). Encore faut-il qu'elle soit
réaliste... Un bijoutier qui chercherait, via une approche géomarketing, à
déceler les futurs jeunes mariés aurait toutes les chances de se casser les
dents.
Seconde avancée
majeure, après les progrès du ciblage, le contrôle de la distribution. Logique
quand on consacre comme certaines enseignes plusieurs centaines de millions de
francs par an à l'ISA de s'assurer de la qualité du portage, dont le coût
atteint environ 30 % du budget total. Que l'on travaille avec l'un des trois
grands du secteur - Médiapost, Delta Diffusion et SDP - ou avec des partenaires
locaux (parfois associés aux premiers dans leur région). « Chaque fois que la
valeur du coupon atteint 10 francs, on déclenche des contrôles », renchérit
Daniel Descombes (Lever). Mais, à côté de ces géants, combien d'annonceurs,
plus modestes, font confiance - à tort ou à raison - à leur distributeur ? «
C'est absurde, les annonceurs dépensent des trésors d'intelligence en
créativité, ciblage et puis après, c'est le trou noir de la distribution sans
cahier des charges précis, ni contrôle », réagit Florian Grill, Dg de Caddi,
une société de contrôle qui enregistre un taux de croissance de 50 % par an
depuis sa création en 1994. Imaginez un hyper qui souhaite distribuer 100 000
catalogues sur sa zone. Cela représente une task-force de 40 porteurs à raison
de 2 500 documents par jour. Lâchés sans suivi dans la nature, le risque de
déperdition existe bel et bien. Selon Caddi, les taux de qualité de
distribution varient dans une fourchette de 50 % (un document sur deux n'est
pas arrivé à bon port !) à 100 %. La moyenne se situe autour de 80 % de
qualité. « Selon les périodes et les régions, un même distributeur peut avoir
des résultats très différents », ajoute Lionel Chaffois, dirigeant d'Anaïs, un
autre prestataire de contrôle qui intervient pour Ikéa et Truffaut. Dans un
métier à fort turn-over, des erreurs de recrutement sur un quartier peuvent
être dramatiques. « Quand on a 20 % de perte, ce sont non seulement des coûts
de fabrication et de distribution qui partent en fumée mais aussi une perte de
chiffre d'affaires plus difficile à évaluer », poursuit-il. Or, contrairement
aux idées reçues, « ces 20 % restants (erreur de planning, mauvaise ou
non-distribution...) ont souvent pour origine des négligences ou oublis du
commanditaire du travail », ajoute Florian Grill.
Première piste d'amélioration : bâtir
un cahier des charges précis pour tous les prestataires de la chaîne (voir
encadré). Au moment du choix du distributeur, « il ne faut pas hésiter à
s'assurer que le prestataire passe régulièrement sur les zones ciblées, en
demandant quels sont ses clients et quand passe-t-il pour lui », conseille
Florian Grill. Pour la simple raison qu'il serait plus délicat de fidéliser des
porteurs fiables sur des régions rarement visitées. Pour fidéliser des équipes,
il faut disposer d'un chiffre d'affaires régulier. Un point à valider
impérativement avec les distributeurs qui n'ont pas de gratuit sur la zone
visée. Enfin, c'est aussi une façon d'éviter une distribution conjointe avec un
concurrent... Sur le terrain, il existe principalement deux méthodes de
contrôle "à chaud". La première (Caddi, Mailbox...) consiste à effectuer un
contrôle par visualisation dans les boîtes (coût : environ 3 % du budget
fabrication et distribution). Si le document n'est pas visible, l'inspecteur -
unique caution de la qualité des résultats - sonne pour vérifier la
distribution auprès du foyer. Plus de la méthode : s'il décèle un problème,
l'information est aussitôt remontée au prestataire qui peut rectifier le tir.
Sur une zone de 100 000 foyers, Caddi contrôle en moyenne 3 200 foyers. Plus
lourde, la seconde (Anaïs) s'effectue via un questionnaire en face à face
destiné à valider (ou non) la réception du document par la personne qui a
ouvert la boîte. Pour certains annonceurs, cette méthode a l'inconvénient de
faire appel à la mémorisation du document, un biais important (qualité,
notoriété de la marque, confusion avec une campagne de pub...). Sans oublier le
risque de "yes saying" quand on présente un document en notoriété assistée.
Taille de l'échantillon : 200 foyers sondés en moyenne sur une zone de 100 000.
Troisième mode de contrôle, a posteriori : ISA Contrôle de Médiamétrie. Le
principe consiste à collecter pendant une à deux semaines le contenu de boîtes
aux lettres de panélistes recrutés sur les zones distribuées. Puis à identifier
au sein des plis quotidiens le document de l'annonceur...
Mais seule une mesure de son audience ("puissance
présumée du message") comparable à celle dont disposent les autres médias (TV,
radio, presse..) donnera à l'ISA une vraie crédibilité. Les annonceurs
disposent depuis 1996 d'un outil de médiaplanning, Isamétrie, une enquête
collective financée par Médiapost et Delta Diffusion qui permet d'optimiser le
médiaplanning sur la base d'indicateurs communs à tous les supports (offre
moyenne ISA dans les boîtes, audience des ISA, taux de contact...). Sa deuxième
édition sera disponible en janvier 1999. Tarif annonceur : 50 000 francs HT,
plus un logiciel permettant des simulations de médiaplanning au prix de 7 500
francs HT. « La grande nouveauté proviendra de l'introduction d'indicateurs
comme la couverture, la répétition, le GRP - nombre total de contacts générés -
et l'affinité de la cible au message qui permettront de simuler les
performances d'une campagne d'ISA et de les comparer à celle des autres médias
», souligne Pierre Calmard, directeur services nouveaux médias chez
Médiamétrie. Les résultats de l'étude sont disponibles par type d'imprimé
(prospectus, catalogues, échantillons, coupons...) et par enseigne (à condition
qu'elle ait distribué au moins 40 millions d'exemplaires sur la période
considérée). « C'est un progrès mais cette mesure est améliorable », estime
Isabelle Le Roy, directrice générale de Médiapolis Ressources. Il faudrait,
selon elle, doubler voire tripler la taille de l'échantillon pour descendre
plus finement au niveau régional et prévoir une étude annuelle pour disposer
d'un outil toujours actualisé. En attendant ces améliorations, un nombre
croissant d'annonceurs se penche sur les performances de leurs campagnes. Dans
ce but, Médiamétrie propose des mesures d'impact "ad-hoc" dont l'objet est de
mesurer sur un échantillon de la cible la mémorisation, l'appréciation (cf.
taux de conservation), l'incitativité (envie d'acheter, de se déplacer) d'un
document. Il est aussi possible de faire des sondages en sortie de caisse afin
d'identifier la part des ventes suscitée par la campagne d'ISA ou de procéder à
des recoupements avec des panels type Secodip ou ACNielsen. Exemple pratique
d'application : la mesure d'impact d'un échantillonnage, de plus en plus
utilisée comme aide au référencement. « La mesure de la différence de taux de
pénétration d'un produit selon que la zone a été ou non échantillonnée est très
encourageante », assure Marc Fayet. Une étude réalisée en 1996 par ACNielsen
pour un nouveau shampooing donnait un taux de pénétration double sur les zones
qui avaient reçu un échantillon.
Les hypers tirent la croissance
Selon l'UFMD (Union française du marketing direct), plus de 18 milliards d'ISA ont été distribués en 96 (+ 7 % en volume comparé à 95). Au total, ces dépenses publicitaires représentent près de 16 MdF, soit une progression de 14 %, pour atteindre 39 % des dépenses en MD (seconde place derrière les mailings adressés). La raison de cette forte croissance ? Le déferlement d'une catégorie d'imprimés qualitative et coûteuse, celle des catalogues de la grande distribution : + 20 % en volume (soit 6,33 milliards d'exemplaires en 96). Particulièrement dynamiques, les "category killers" (grandes surfaces spécialisées dans un type de produit) ont lancé un nombre important d'opérations nationales. Champion de la catégorie : le textile (+ 56 % en nombre d'exemplaires de 95 à 96).
Skip Tablets : une campagne effervescente
La distribution d'ISA orchestrée pour le lancement de Skip Tablets en mai 1998 a obéi à un principe cher aux lessiviers : celle du rouleau compresseur. « L'objectif était de favoriser l'essai de façon massive grâce à une offre financière forte, sous forme d'une réduction de 10 francs », explique Daniel Descombes. Nombre de foyers visés : plus de 15 millions (sur un total de 22,5). Critères de ciblage : des gros consommateurs (donc des foyers avec enfants) utilisant de préférence de la poudre, situés de préférence à 10 minutes d'un hyper... Près de 70 000 distributeurs, 80 contrôleurs, ont travaillé sur l'opération. Les résultats sont-ils à la hauteur des moyens mis en œuvre ? Une certitude, la création originale de l'agence Who's Partners (incluant une carte à effet lenticulaire, un principe proche de l'hologramme) a séduit les ménagères, qui ont aussi apprécié le format inhabituel (dépliable en hauteur) et sa belle couleur bleue, très éloignée des codes couleurs traditionnels de la promotion. L'étude post mailing réalisée par Médiapost affiche un taux de record de mémorisation, soit 80 % ! Et seulement 1 % de jet immédiat à l'ouverture de la boîte. Boostées de surcroît par la pub TV, les remontées de coupons s'élevaient à 60 000 par semaine en octobre 1998. A terme, elles devraient être légèrement inférieures à 5 %.
Isatest passe au crible vos créations
Comment expliquer que certains documents ont une espérance de vie de 5 secondes alors que d'autres pénètrent dans le foyer, où ils sont soigneusement conservés ? Nouvel outil d'optimisation de la conception des ISA, Isatest de Médiamétrie devrait permettre d'éclaircir l'énigme. Son principe ? Suivre les mouvements de l'œil sur un visuel présenté parmi d'autres, grâce à un rayon infrarouge. L'analyse du parcours de la rétine sur le dépliant, le prospectus ou la couverture de catalogue permet de visualiser les zones les plus attirantes sous forme de petits carreaux plus colorés. Autant de "régions" auxquelles seront associés des scores d'audience cumulée (nombre d'individus qui ont vu cette zone), un temps de fixation et un nombre de fixation. Ce qui permettra de déterminer les zones "points d'ancrage" (zone sur laquelle on a passé le plus de temps par individu ou en cumulé) et celles "points d'accroche" (région repérée en premier). L'analyse se fait sur trois échelles de temps : à 3 secondes, un intervalle qui mesure l'impact à l'ouverture de la boîte aux lettres, à 5 secondes (consultation rapide), à 10 secondes (lecture). En plus des résultats issus du suiveur de regard, Médiamétrie fait remplir un questionnaire à chaque participant qui note la création selon sept critères : attractivité, envie de lire, conservation, esthétisme, incitativité, adéquation par rapport au besoin du format et format. « On va ensuite comparer l'inconscient et le conscient et travailler sur les décalages », explique Hélène Perez, chargée d'études chez Médiamétrie. Par exemple, certaines zones vitales (comme le prix) auront été vues sans être mémorisées ou encore des visuels sans contenu informatif auront détourné l'attention des parties "a priori" clés du message. Autant de pistes d'amélioration... Grâce à une base de données qui réunira les "Isascores", notes des campagnes testées, il sera également possible de comparer les performances d'un document à celles des ISA du secteur d'activité. Prix de l'Isatest : de 130 à 170 000 F.
Distripub : la qualité passe par le management
Pour Distripub, société de distribution du groupe alsacien Cime, la qualité de la distribution passe avant tout par des méthodes de management bien calibrées. L'entreprise (400 distributeurs, 450 000 boîtes couvertes) s'est fixé quelques principes qui garantissent un taux d'aboutissement supérieur à 90 % pour ses journaux (taux valable pour les documents encartés qui représentent 90 % des volumes). Toute la chaîne du recrutement à l'animation et au contrôle permet de limiter le turn-over à moins de 30 % par an. Parmi les critères à l'embauche : rigueur, organisation, énergie, et aimer marcher par tous les temps... Distripub préfère de surcroît recruter des personnes ayant par ailleurs une activité économique (comme les équipes tournantes du centre Peugeot de Mulhouse). Une exception : les retraités, réputés pour leur grande fiabilité ! « Nous avons déterminé un seuil critique de rémunération : en deçà de 1 000 F par mois, la motivation est plus fragile et la qualité peut en pâtir », souligne Marie-Paule Spinner, directrice du marketing et du développement du groupe Cime. Seconde force de Distripub, sa capacité à "manager" à distance. Ou comment donner un minimum de sentiment d'appartenance à des salariés (de 7 à 10 heures de travail par semaine sur un secteur) qui n'ont qu'un lien très ténu avec l'entreprise ? Chaque semaine, ils sont reçus individuellement par le manager du centre qui leur explique le travail et les évalue notamment sur la base des résultats des contrôles. Et c'est là le troisième atout du distributeur : un suivi en temps réel (par les inspecteurs sur le terrain, par le signalement de fin de distribution sur serveur vocal par les intéressés et via un système de code couleur) permet entre autres d'identifier les documents par distributeur). A cet égard, quelle meilleure garantie que le contrôle exercé de fait par les particuliers qui ont passé une annonce dans les gratuits ("PAM", "PAC" et "HebdoGAB") ?
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ConsulterQuelle couleur politique les Français attribuent-ils aux marques ?
Cette étude est très intéressante. C'est vraiment dingue de voir que dans notre inconscient on associe des choses qui à la base n'ont rien à voir ...
Maxime Le Roux - 23/05/2012
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Il faut dire que Canal domine la concurrence en terme d'innovation et de publicité. Respect pour le coup du cygne... J'adore !
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