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Polémique : le cyber putch de Verisign

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Verisign, la société américaine spécialiste de la gestion des noms de domaine, vient de lancer une solution de détournement de trafic. La contestation s'envenime, mais les lacunes du cadre réglementaire ne laissent entrevoir aucun dénouement immédiat.

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Tout a commencé le 15 septembre dernier, date de mise en ligne de Site Finder (dénicheur de sites), une solution qui re-route les noms de domaine (les .net et .com) erronés vers les pages du site de Verisign. A savoir, ni plus ni moins que l'éditeur de Site Finder. Conséquence : lorsqu'un internaute tape une adresse internet comportant une faute de frappe ou un nom de domaine inexistant, il est illico acheminé vers les pages de Site Finder. La raison ? La société américaine justifie son initiative sous le prétexte qu'elle rend service aux internautes. D'après une étude réalisée par ses propres soins, ils préféreraient, en cas de faute de frappe, tomber sur une page susceptible de les orienter vers le résultat de leur requête plutôt que d'atterrir sur l'habituelle “404 Not Found”. Même à vouloir cautionner ce plaidoyer philanthrope, le sens des réalités économiques appelle pourtant à plus de circonspection dans le décryptage de cette affaire, a fortiori lorsque l'on connaît les difficultés financières que Verisign rencontre actuellement.

Les raisons de la contestation


Moins anodine qu'il n'y paraît à première vue, la méthode Verisign pose plusieurs problèmes. Premièrement, celui de l'appropriation de l'ensemble des noms de domaine non encore utilisés sous les extensions .com et .net dont elle a la gestion. En les redirigeant vers ses propres pages, Verisign les considère de facto comme lui appartenant, du moins tant que ces noms de domaine n'ont pas été enregistrés à l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) par quelqu'un. Ce qui explique que, depuis le 15 septembre, tous les noms de domaine en .com et .net aboutissent systématiquement soit sur un site existant, soit sur les pages de Verisign. D'où la réaction de l'Icann, qui a officialisé une demande de suspension du service Site Finder. Une réactivité étonnante compte tenu de l'indulgence qu'elle avait jusqu'ici témoignée à l'égard de Verisign, dont le comportement “banditiste” n'est qu'un secret de Polichinelle. « Le véritable enjeu, pour l'Icann, consiste à récupérer les redevances qu'elle perçoit habituellement sur chaque enregistrement de nom de domaine. Or, en s'appropriant des extensions, Verisign détourne de facto les fonds destinés à l'Icann, d'où sa levée de boucliers », analyse Stéphane Vangelder, directeur d'Indom, bureau français d'enregistrement et de gestion des noms de domaines. Ce détournement d'extensions pourrait bien représenter une poule aux œufs d'or pour Verisign. En effet, une fois redirigé vers les pages de Site Finder, l'internaute se voit proposer une liste de liens sponsorisés dont la sémantique se rapproche le plus de celle de sa requête, mais qui peuvent correspondre à des noms de sociétés ayant monnayé leur apparition dans ces listes. Or, si l'on tient compte des 20 millions de requêtes erronées effectuées chaque jour sur Internet, on peut facilement mesurer l'ampleur des revenus publicitaires découlant de cette pratique. Abus ou pas - car « la question est loin d'être tranchée », signale Stéphane Vangelder -, cela revient à tirer profit des erreurs des internautes comme dans le cadre du cyber ou du typo-squatting. Autre effet pervers: les logiciels anti-spam, dont le principe de fonctionnement repose sur la reconnaissance des noms de domaine inexistants qu'ils identifient alors comme des “pourriels”, ne pourraient plus remplir leur mission. Ce qui remet sur le tapis la question de la protection des données personnelles et de la sécurité internet. Bref, autant d'éléments qui renvoient aux problématiques intrinsèques du “nommage Internet”, et à celui posé par le quasi-monopole planétaire de l'Icann, qui règne en maître sur l'enregistrement des noms de domaine. En France, le Cigref (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises) a dénoncé les problèmes de sécurité offrant ainsi une caisse de résonance aux protestations des internautes. Tandis que, de part et d'autre de l'Atlantique l'indignation enfle, on assiste à une déferlante de pétitions et de plaintes pour viol de la législation anti-monopole et pratiques anticoncurrentielles. Mais, en l'absence d'un cadre juridique clair sur les tenants et aboutissants de ce type de pratique, il est difficile, à ce stade, d'imaginer la suite des événements.

Acquisition Extrême Agency absorbe Heptaline


Le message n'a rien de subliminal. Par ce rachat, le groupe de communication et marketing services Extrême Agency entend clairement occuper le terrain sur le marché de la communication interactive. Ou mieux, réaffirmer ses ambitions dans un domaine qu'il couvrait déjà avec Planète Interactive, sa filiale dédiée aux activités en ligne. Peu disert sur le montant de l'opération, Jean Valentin, président du groupe, ne fait pas mystère de son enthousiasme pour le on line : « Les chiffres parlent clair : 25 % de la VAD passent par Internet ; on dénombre 20 millions d'internautes actifs dont la moitié sont des abonnés et, côté annonceurs, l'intérêt de ce média n'est plus à prouver. » Il ne faut pas voir non plus, à travers cette nouvelle incursion dans le secteur de la communication interactive, la simple marque d'un engouement tardif pour Internet. Cette opération traduit aussi la volonté du groupe de compléter son offre - une partie des effectifs d'Heptaline ont déjà rejoint Extrême Agency -, et d'élargir son périmètre de clientèle, en particulier vers des secteurs jusqu'ici peu préemptés. L'industrie pharmaceutique en est une bonne illustration : les laboratoires MSD et Servier généraient 40 % de la marge brute d'Heptaline, qui a atteint 1 million d'euros en 2002. Ils passent désormais dans le giron d'Extrême Agency, à côté de Novartis, déjà client du groupe Extrême.

Nathalie Carmeni

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