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Nomade urbain

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Homme de communication devenu entrepreneur, Pierre de Roüalle a deux visages. "Dilettante" à la ville, il se ressource en région, au coeur de la nature.

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«J'adore rire. » C'est sur ces mots que Pierre de Roüalle a conclu notre entretien. Auparavant, il avait précisé que tous ses changements de carrière avaient eu lieu un 1er avril. Aujourd'hui, communicant devenu épicier, il règne sur mistergooddeal.com, le spécialiste du déstockage sur Internet. Il n'y a pas si longtemps, il était le patron de Wunderman Cato Johnson France, qu'il a dirigé pendant une dizaine d'années, jusqu'à ce qu'un groupe de consultants s'empare des rênes et le pousse au départ. Sans amertume, il précise : « L'entrée en Bourse du groupe Young et Rubicam a fait de moi un homme riche, mais la nouvelle direction a réalisé un véritable massacre. Sur 55 managers mondiaux de WCJ, 46 sont partis. » Il est entré dans le monde de la communication au début des années 80. « La pub brillait de tous ses feux, les filles étaient jolies. On ne se prenait pas au sérieux. » Sa première agence, NCK, est rachetée deux ans plus tard par FCB. Très vite, il devient chef de pub chez Young et Rubicam. Y apprend le métier, sous la férule d'un maître : Jean-Marie Dru. Les années 80 marquent pour lui la rupture entre une publicité intuitive et créative et, sous l'influence des agences américaines, l'avènement d'un marketing rationnel, réfléchissant sur la marque. Jean-Marie Dru incarnait ce tournant. « Il était capable de mémoriser un nombre considérable de problèmes marketing, d'y apporter les réponses, et d'en restituer l'analyse avec brio. » Cinq années exaltantes, durant lesquelles il travaille pour des sociétés comme Procter et Gamble, BSN ou Kraft. Avec succès : « Au début des années 80, Young et Rubicam n'a perdu aucune compétition en 15 mois. » En 1987, il prend la direction de Cato Johnson et aborde une autre face de la communication avec la promotion des ventes. Il imprime une dimension rationnelle, stratégique à ce métier. Il y apprend également à diriger. Le dilettante devient de fait bourreau de travail. En moins d'un an, Cato Johnson passe leader. Fin 1992, Lester Wunderman, créateur du terme "Marketing Direct", orchestre la fusion entre Wunderman et Cato Johnson, avec l'idée que un plus un peut donner trois en taille économique. WCJ devient une entreprise de 150 personnes. Au même moment, la Loi Sapin a un effet dévastateur sur le métier. WCJ, d'agence spécialisée dans les techniques de communication, se transforme en spécialiste de la relation marque/client. C'est l'avènement des bases de données marketing et des nouvelles technologies. La société se transforme. De 80 clients fin 1992, elle n'en a plus que 15 en 2000. Mais quels clients ! Danone, Ford... Les entreprises se rendent compte que monter systématiquement des stratégies de conquête sans se soucier de la satisfaction client, c'est le tonneau des danaïdes. Soutenue par les cabinets de consultants, WCJ arrive à convaincre de grands annonceurs. En 1994, c'est le lancement du Bingo des marques, pour Danone, moment phare de l'agence. La deuxième partie des années 90 confirme la stratégie de WCJ plaçant le client au centre de la problématique. Le CRM n'est pas loin. La fin des années 90 voit une nouvelle direction lancer une OPA sur le management de WCJ. Une période qui coïncide avec le boom d'Internet. Il décide d'en profiter pour rebondir. Début 2000, il quitte l'agence et monte Mistergooddeal avec deux amis de toujours. Il lève 25 MF sur une idée, juste avant que la bulle internet n'éclate. « La fenêtre était étroite, elle s'est refermée en mai 2000. » Homme de lumière, il aime aussi l'ombre. Passionné par la nature, celui qui a failli être agriculteur à 20 ans aime à s'y promener. Il aime la forêt, la vie sauvage, la chasse à courre. C'est dans la nature, dans sa force et son mystère qu'il se ressource. Il se décrit comme un nomade qui se déplace en permanence de la nature vers la ville, sans opposition ni rupture, mais plutôt en complémentarité. Et de conclure : « L'art de vivre est un des éléments moteurs dans les décisions que je prends. »

Parcours


47 ans, 4 enfants. 1980 : chef de pub chez NCK. Puis 18 années passées dans le groupe Young et Rubicam. 1982 : responsable commercial dans l'agence. 1987 : patron de Cato Johnson. 1992 : patron de Wunderman Cato Johnson. 2000 : fonde mistergooddeal.com. Il pratique la chasse à cour et est également responsable de la communication de la Société française de Vénerie.

Olivier Brusset

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