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La Camif dans la tourmente

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Malgré l'arrivée de nouveaux investisseurs fin 2007, la Camif continue de s'enfoncer dans la crise. Un nouveau plan social concernant la suppression de plus de 500 emplois au niveau du groupe a été annoncé début septembre.

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Quand la Camif sortira-t-elle du gouffre dans lequel elle se trouve depuis maintenant plus de huit ans? De plans sociaux en changements d'orientations stratégiques, la direction du groupe niortais semble à court de ressources pour enrayer cette crise devenue chronique. Début septembre, à peine le nouveau catalogue lancé, la direction annonçait la suppression de quelque 509 postes dans le cadre d'un vaste plan de redressement. La filiale spécialisée dans la vente à distance Camif Particuliers étant la plus lourdement touchée avec 365 postes supprimés. L'arrivée de nouveaux investisseurs (le fond d'investissement Osiris Partners détient 66% du capital) et leurs efforts pour injecter de l'argent frais (au total, près de 30 millions d'euros destinés à financer le plan de redressement) n'ont pas permis d'éviter cette annonce tant redoutée par les salariés et syndicats. «C'est le quatrième plan social en huit ans, déplore Geneviève Paillaud, représentante CGT. Quand il sera finalisé, les effectifs auront été réduits de moitié.»

Pierre Jullien (Camif Particuliers):

«Il nous faut retrouver une véritable identité mais sans nostalgie de ce qu'a été la Camif autrefois.»

De nouvelles orientations stratégiques. Pourtant, en 2007, Louis Mallet, le président du directoire de Camif SA (la maison mère), annonçait de nouvelles orientations stratégiques, censées remettre le groupe sur les rails de la croissance. Malmenée pour avoir cédé aux sirènes de la diversification à outrance, la Camif s'est aussi perdue en tentant de concurrencer les VADistes généralistes tels que La Redoute ou les 3 Suisses. Décision avait alors été prise, l'année dernière, de recentrer l'offre sur les fondamentaux ayant fait, par le passé, les beaux jours de la coopérative comme l'équipement de la maison et d'abandonner les secteurs déficitaires tels que l'audiovisuel et l'informatique. Un repositionnement ayant entraîné automatiquement une baisse d'activité et un retrait de 10% du chiffre d'affaires. Mais l'hémorragie continue et les pertes s'accumulent: 30 millions d'euros sur les huit premiers mois de l'année. Pour les syndicats, ces changements de stratégie se font trop rapidement et surtout dans un manque total de concertation. Dans un contexte économique morose, qu'est- ce qui pourrait aujourd'hui sauver la Camif? «Il nous faut retrouver une véritable identité mais sans nostalgie de ce qu'a été la Camif autrefois, explique Pierre Jullien, le président de Camif Particuliers. Nous devons prendre le chemin de la modernité et définir très précisément notre cible et les attentes de notre nouvelle clientèle. Ensuite, nous pourrons adapter notre offre en conséquence.» L'accent devrait également être mis sur les ventes en ligne. Aujourd'hui, Internet représente déjà 30% des ventes du VADiste qui devrait continuer à développer ce canal en complémentarité avec les magasins. «Toutes ces évolutions ne peuvent pas se faire sans heurts et le plan social annoncé était inévitable, précise Pierre Jullien. Mon travail aujourd'hui consiste à convaincre à la fois les investisseurs et les salariés que toutes ces transformations sont essentielles si l'on veut sortir la Camif de la spirale infernale dans laquelle elle se trouve.»

Le mal-être de la VAD

Si la Camif traverse une crise profonde, les autres grandes enseignes de la vente à distance françaises ne semblent pas non plus épargnées par les turbulences. Dernières rumeurs en date: une restructuration serait en cours de préparation à La Redoute qui afficherait un résultat négatif sur le premier semestre et qui a dû gérer quatre semaines de grève en avril dernier. Les syndicats spéculent même sur la suppression de 500 à 1 200 postes, alors même que l'entreprise a déjà vécu trois plans sociaux. Si, mi-septembre, rien de tel n'était confirmé par la direction et que, chez Redcats, on se refusait à tout commentaire, il est évident que le VADiste du Nord doit faire face à des difficultés croissantes, malgré les bons résultats enregistrés sur Internet qui connaît une croissance à deux chiffres. Si un plan social devait se confirmer dans les prochains mois, il s'ajouterait à la longue liste des déboires d'un secteur en mutation qui doit négocier avec habileté le virage d'Internet et faire face à une conjoncture économique morose.

Isabelle Sallard

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