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D interactive dans la tourmente

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Avec une baisse d'activité de 13 % et un résultat net part du groupe de - 37,9 millions d'euros, le Groupe D interactive vit des jours difficiles. La faute en incombe à un retournement de conjoncture et à une stratégie trop focalisée sur le développement.

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«Des résultats extraordinairement mauvais en termes financiers ». C'est ainsi que Jean-François Lanièce, co-président de D interactive a qualifié la situation 2001 de sa société. Les chiffres sont là pour le prouver : - 37,9 millions d'euros de résultat net part du groupe, - 4,6 millions d'euros de perte d'exploitation, résultat financier s'élevant à - 4,8 millions d'euros, et enfin perte exceptionnelle de 5 millions. Comment un groupe qui faisait figure de leader, qui a été un des premiers à se lancer dans une offre globale en termes de relation client a-t-il pu en arriver là ? Revue de détail. L'activité Web qui représentait 2 % du chiffre d'affaires a dû être arrêtée. Son chiffre d'affaires était de 1,5 million d'euros ; sa fermeture a coûté 1 million d'euros. L'impact total sur les comptes s'élève à - 2,7 millions d'euros. La division Contact Center, représentant 48 % du chiffre d'affaires, a connu une croissance de 0,3 %, enregistrant de bonnes performances à l'étranger (+ 12 %), dans un contexte de très forte concurrence. « Un marché difficile où nous affrontons de nouveaux concurrents, annonceurs comme agences », précise Sylvain Forestier, coprésident. Désormais, cette activité se concentre sur la réception d'appels, le centre d'appels de Paris, spécialisé dans l'émission, a été fermé.

Fidélisation plutôt que conquête


La Division Business Intelligence (- 11 %), qui contribue pour 26 % au chiffre d'affaires, a baissé de 6 % pour la partie datama-nagement et data mining. L'intégrateur Activox a été affecté par la décélération des investissements en technologie de la part des grands comptes. L'activité courtage souffre également et chute de 17 %. Pour Sylvain Forestier, cette chute est due à la diminution des investissements en communication. Il constate que « les annonceurs ont plutôt une démarche de fidélisation que de conquête ». Mais c'est la division Communication, pôle historique du groupe, qui enregistre les plus mauvais résultats. Représentant 24 % du chiffre d'affaires, elle chute de 32 %. Pour Jean-François Lanièce, des problèmes de management en sont la cause. Pour la France, la direction générale ainsi que le directeur de création ont été renouvelés et la priorité a été donnée à la prospection dès la fin de l'été 2001, avec pour résultat la signature de nouveaux clients : Kodak, Gillette, L'Oréal et Colgate. Pour faire face, le groupe a engagé des mesures drastiques. Mettant en place un plan de réduction des coûts sur les frais généraux, l'ajustement des effectifs et le redéploiement de l'offre qui aurait permis un abaissement important du point mort de l'ensemble du groupe. En outre, D interactive a passé un accord avec l'ensemble de ses partenaires bancaires. A partir d'un budget 2002 et 2003 très conservateur (+ 3 % en 2002, + 6 % en 2003), ceux-ci ont mis en place les lignes de crédit court terme nécessaires et aménagé les crédits à moyen terme existants. Sylvain Forestier a conclu cette présentation en battant sa coulpe : « Nous nous sommes trop focalisés sur le développement plutôt que sur l'organisation et avons été insuffisants en termes d'actions commerciales. » Pour surmonter cette crise, chaque entité du groupe sera dotée d'une cellule de télémarketing afin de prendre un maximum de rendez-vous. En outre, une base de données groupe a été mise en place depuis six mois, accessible à tous les commerciaux. Le groupe cherche également à renforcer sa capacité de financement. Pour ce faire, il envisage la cession d'entités non stratégiques, afin de rembourser sa dette à moyen terme. Reste à trouver lesquelles.

Olivier Brusset

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