Marketing Direct N°87 - 01/11/2004 - Geneviève Hermann
La réussite d'un catalogue ne se limite pas à sortir un document annuel qui reprenne l'ensemble des produits mis en vente. Il existe des incontournables à ne pas négliger.
Tous les
catalogues n'ont pas la même finalité. Ceux qui reprennent l'ensemble des
produits commercialisés par l'annonceur au sein d'une publication à dos carré
de plusieurs centaines de pages se doivent d'être exhaustifs avec une
classification qui facilite la recherche des articles. Ils ne sortent qu'une à
deux fois par an et s'inscrivent plutôt dans une problématique de marketing de
masse. Bien plus petits, les catalogues de relance et ceux de prospection ne
reprennent qu'une partie des références sélectionnées en fonction d'une
stratégie commerciale axée sur les prix, les best-sellers, un rendez-vous
annuel, une famille de produits ou un choix ciblé par segment de clientèle.
Tous répondent à un objectif différent. Et c'est sur cet objectif que doit
reposer le fil directeur de la conception. Il détermine non seulement le choix
des articles et leur classification mais également la place à accorder aux
images, aux textes descriptifs et aux argumentaires de vente.
Dans la vente à
distance, l'acheteur se retrouve seul à faire ses choix. Il n'a pas de vendeur
à ses côtés. Aussi le catalogue doit-il être accompagné d'un environnement
commercial qui pallie cette absence. D'où l'importance du courrier
d'accompagnement qui valorise le client par un message personnalisé et
déclenche chez lui un sentiment positif. Il s'agira, non seulement de lui
donner envie de feuilleter le catalogue, mais aussi de le faire passer à
l'action par une proposition promotionnelle qui prendra la forme d'un cadeau,
d'un délai de paiement, d'une livraison gratuite ou d'une offre sur des
promotions. Bien sûr, en pros- pection il faudra déployer davantage d'offres de
ce type que dans le cadre d'un envoi sur fichiers actifs. « Il est important de
surprendre à chaque fois. Utiliser un emballage particulier de type carton
imprimé en couleur ou film plastique avec aplats dorés fait aussi partie des
outils sur lesquels s'appuyer pour attirer l'attention », précise Jean-Philippe
Granger, dirigeant de l'agence JPGC.
Le catalogue se suffit rarement à lui seul surtout
lorsqu'il s'agit d'un catalogue principal. Sortir un catalogue de plusieurs
centaines de pages coûte très cher. Il faut donc veiller à ce qu'il ne se
retrouve pas oublié au fond d'un tiroir. D'où la nécessité de l'inscrire dans
un plan de campagne au risque que sa durée de vie se réduise à quelques
secondes. Ce plan repose sur des relances qui consistent à envoyer des
catalogues intermédiaires thématiques et des courriers le plus personnalisés
possible, voire à interpeller par des appels téléphoniques. Lorsqu'une
entreprise envisage de lancer un premier catalogue, elle doit donc veiller à
inclure toutes ces opérations annexes dans son budget et ne pas réfléchir à
court terme. C'est ainsi que pourra naître une relation privilégiée avec
l'acheteur.
Dans un catalogue en B to B, environ 70 % des produits
sont repris d'une édition à l'autre. Les nouvelles offres ne concernent qu'à
peine 30 % des articles. Les acheteurs ont tendance à commander les mêmes
produits tout ou long de l'année, car ils agissent dans un cadre professionnel.
Ils doivent pouvoir les retrou-ver facilement d'une édition à l'autre. Ils ont
en outre besoin d'informations plus techniques. En revanche, en B to C, ce
pourcentage est inversé. Les consommateurs réagissent là davantage dans un
contexte d'achats d'impulsion. D'où l'importance de les attirer par des
nouveautés. Les photos et le visuel prennent alors toute leur importance. La
création graphique, destinée à mettre en avant des produits, doit être
particulièrement bien soignée. C'est encore plus vrai pour les catalogues
promotionnels. Plus petits, ils nécessitent davantage de réactivité.
Attention
de stopper les modifications au bon moment. Sinon gare au non respect des
délais. Avec le déploiement des outils de PAO, et maintenant l'arrivée des
bases de données éditoriales, les annonceurs ont tendance à penser que tout se
change facilement jusqu'au dernier moment. Dès la première prémaquette, on
obtient un rendu proche du final et on ne cesse ensuite de le modifier. Cette
pratique n'est pas sans risque même si la technique permet de le faire. Car,
plus les changements ont lieu tardivement dans le processus de réalisation des
pages, plus les verrous de contrôle sautent au détriment de la qualité. Il
suffit d'une correction mineure pour faire bouger tout un texte dans la page.
Il est donc préférable de veiller aux détails le plus en amont possible pour
limiter les retouches par la suite. Reste que la réactivité qu'offrent
aujourd'hui les outils informatiques rend d'énormes services et participe à
réduire les délais de conception et de fabrication. Mais cette augmentation de
réactivité s'accompagne d'un accroissement des risques.
Chaque lancement de
catalogue s'enrichit des enseignements tirés des résultats des ventes obtenues
avec l'édition précédente. Il s'avère donc indispensable d'analyser les retours
de manière à savoir sur quels leviers réagir pour améliorer les messages et
les visuels. Il suffit parfois de simplement changer de photographie,
d'accroche, pour relancer les ventes. De même, la refonte d'un descriptif
technique peut avoir un impact important sur le déclenchement de l'acte
d'achat. C'est là qu'interviennent les logiciels de scoring et de data mining
utilisés par les équipes commerciales et marketing. C'est en croisant les
analyses obtenues avec ces outils et les données issues du fichier client que
les ventes pourront progresser d'une année sur l'autre. De même, les catalogues
de relance seront plus à même de porter leurs fruits sachant que l'on aura pu
identifier les produits porteurs.
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