E-commerce N°11 - 01/02/2008 - Martine Fuxa
Revenu des Etats-Unis pour faire vivre des projets dans l'Hexagone, cet ancien HEC carbure à l'enthousiasme. Et à la satisfaction de voir se développer harmonieusement les entreprises et les hommes.
C'est aux Etats-Unis que Stéphane Treppoz débute sa carrière. Après un parcours académique de haut vol, ce jeune diplômé d'HEC fait ses armes au sein du cabinet d'audit Arthur Andersen, alors l'un des fleurons du secteur. Nous sommes en 1989, bien avant le démantèlement retentissant de l'entreprise à la suite du scandale Enron, en 2002. Un court passage par l'audit, donc, avant d'intégrer l'entreprise Meccano. Au sein de la célèbre firme de jouets, la mission de Stéphane Treppoz est claire: monter et développer la filiale américaine. Une tâche à laquelle il s'attelle entre 1990 et 1995, en sillonnant «48 états sur les 52 que compte le pays», se souvient-il, amusé. Et les résultats sont au rendez-vous. La filiale qui avait débuté avec une poignée de personnes compte, à son départ, plus d'une vingtaine d'employés. Et se trouve dotée d'un réseau de représentants solide sur le sol américain. «J'avais 29 ans, un bel appartement à New York, j'étais bien payé. Soit je devenais un expatrié de luxe, soit je rentrais en France pour faire des choses pour mon pays», expose-t-il simplement. Fin de l'aventure américaine, mûrement réfléchie, donc. L'homme n'a pas peur de l'inconnu et préfère la perspective de nouveaux défis à un confort ronronnant. Audacieux, mêlant un esprit d'analyse fin à une farouche volonté d'aller de l'avant, Stéphane Treppoz intègre la Générale des Eaux, devenue par la suite Vivendi Universal. Il y travaille sur des projets de fusions acquisitions dans le domaine des médias. Et participe au lancement d'un des premiers services d'accès à l'Internet haut débit en Europe, sur le réseau câblé niçois, baptisé Télé Riviera multimédia. Puis, pendant neuf mois, Stéphane Treppoz mène la négociation qui aboutira à la prise de contrôle d'AOL France par Vivendi. A l'époque, en 1997, le fournisseur d'accès à Internet ne compte que cinq employés et réalise 5 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le mariage consommé, Stéphane Treppoz est propulsé p-dg d'AOL France. Il y entame la mutation du portail sur un marché particulièrement disputé. «Nous avons mis en place un service clients, créé des centres d appels, monté une équipe marketing. Une très belle aventure qui a duré six ans», se souvient-il. Quant à sa stratégie, elle s'avère à nouveau payante. AOL France engrange pas moins de 320 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2003 et devient rentable dès le premier semestre de l'année suivante.
A la tête du site de vente de chaussures en ligne Sarenza depuis mars 2007, Stéphane Treppoz se prête aux analogies: «Je pense que le marché de la chaussure a un potentiel de développement énorme. Cela me rappelle l'aventure AOL, à une différence près. Dans le secteur du e-commerce, nous n'avons pas besoin d'avoir des équipes pléthoriques.» Attablé dans un restaurant du IXe arrondissement à Paris, où est installé le siège du site, l'homme ne manque pas d'allant. Une paire de chaussures italiennes aux pieds, «elles sont en vente sur le site», il vous parle au rythme de sa pensée (c'est-à-dire vite), pour expliquer, convaincre, comparer, analyser. Aux Etats-Unis, le modèle du secteur, Zappos, enregistre des progressions stratosphériques. Quant à Sarenza, le site est en ordre de marche. Finances assainies, business plan retravaillé, logistique perfectionnée, structure en place. «Ce que j'aime, c'est la rigueur, monter des équipes et s'amuser ensemble», avoue le dirigeant. Fuyant la routine, Stéphane Treppoz court les salons pour défendre les positions de Sarenza. Milan, Barcelone, Paris, le tempo s'accélère. Pour cet amoureux de l'opéra, également homme de réseau introduit dans les clubs fermés, (Siècle et30.com), la partition pour les années à venir semble tout écrite. Et avec, il faut bien l'avouer, un sens communicatif de l'allégro fortissimo.

© Arnaud Olszak
- 41 ans, marie, 3 enfants, HEC 89
1989 - Arthur Andersen (New York): consultant.
1990-1995 Meccano, Inc (New York): directeur marketing, vice-président puis président.
1995-1998 - Vivendi (Paris): chargé de mission auprès de la direction générale de Vivendi puis de Cegetel.
1998-2004 - AOL France: p-dg et membre du comité exécutif d'AOL Europe.
2005 - Business Angel dans 4 start-up liées à Internet.
2006 - Wendel Investissement (Paris): activité de conseil.
Depuis 2007 - Président du directoire de Sarenza.
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